Invité de Good Morning Business ce mercredi 11 février, la directrice générale de France mutualiste, Isabelle Lebot, a plaidé pour ne pas mépriser et stigmatiser l’épargne, en particulier l’assurance-vie qui, dans un contexte de chute drastique du rendement du livret A, est devenu le placement préféré des Français.
Gare à la stigmatisation. Tel est le message passé ce mercredi 11 janvier par la directrice générale de France mutualiste, Isabelle Lebot, dans l’émission Good Morning Business. Alors que l’assurance-vie a battu des records en 2025 et devrait continuer sur sa lancée en 2026, celle qui est également membre du Comex de Malakoff Humanis a regretté la teneur des débats parlementaires cet automne, durant l’examen du projet de loi de finances (PLF).
« Le débat qui a eu lieu pendant la loi de finances a été un peu stigmatisant. On a présenté l’assurance-vie comme une espèce de coffre-fort, et je trouve que c’est même traiter l’épargne longue des Français avec mépris », a-t-elle pointé.
Les socialistes avaient en effet tenté, contre l’avis du gouvernement, de créer une nouvelle forme d’impôt sur la fortune en ciblant l’assurance-vie.
« Si on est factuel, l’assurance-vie finance l’économie réelle. Deux tiers de l’argent qui est placé va financer des obligations. Je rappelle que les obligations sont de la dette pour les entreprises. Des actions, de l’immobilier, et ça, c’est de l’économie réelle et de l’économie française et européenne », a-t-elle ajouté.
Le placement à suivre : Assurance-vie, les atouts du Luxembourg – 13/01
« Et le tiers, ça va être de la dette souveraine [qui] finance juste nos services publics », a-t-elle renchéri. « Donc arrêtons de dire que l’épargne est un luxe », a plaidé Isabelle Lebot.
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L’assurance vie bat des records
« Derrière l’épargne, il y a des histoires de gens, c’est la retraite d’un ingénieur, c’est des renoncements, des efforts. Arrêtons de mépriser et de faire de l’épargne un élément caricatural », a-t-elle renchéri.
Dans un contexte économique et politique incertain, l’assurance-vie a logiquement fait le plein en 2025. « C’est le placement préféré des Français, ça fait 20% de l’épargne, à peu près 2,2 milliards », a rappelé Isabelle Lebot, s’appuyant sur une récente étude du Trésor.
Une évolution qui est même à contre-courant du livret A, dont le taux de rendement a chuté drastiquement ces derniers mois pour atteindre seulement 1,5% au 1er février. Résultat, ce placement défiscalisé et réglementé par l’État ne représente plus que « 15% » de l’épargne des Français, a-t-elle précisé.
Ainsi, « 90% des Français considèrent qu’il faut épargner, même ceux qui ont des petits revenus. Et 67% des Français disent qu’il faut épargner pour la retraite », a-t-elle souligné.
« Quand on est dans l’incertitude, on épargne », a-t-elle considéré. « Les gens sont dans l’angoisse et on a eu aussi une recrudescence sur le fonds euros parce que le livret A a diminué à 1,5% et l’année dernière, le livret A a versé en moyenne 2,16% ». « Donc c’est en dessous de la moyenne des fonds euros qui est aujourd’hui à 2,55%. »

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