Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, avaient été interpellées, samedi 31 janvier, en Gironde.
Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, ont été mises en examen à Paris jeudi, suspectées d’espionnage au profit de Pékin en France, a indiqué le parquet de Paris, sollicité par l’AFP.
Deux d’entre elles ont été placées en détention provisoire, les deux autres ont été placées sous contrôle judiciaire. La nationalité n’a pas été précisée pour chaque cas.
Ces quatre suspects, interpellés la semaine dernière en Gironde, avaient été déférés notamment pour « livraison d’informations à une puissance étrangère », de nature « à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Les infractions présumées font encourir jusqu’à 15 ans de réclusion.
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« Captation de données satellitaires du réseau Starlink »
Le parquet avait précisé mercredi que la venue des deux ressortissants chinois en France était destinée à « effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starlink et des données provenant d’entités d’importance vitale, notamment militaires afin de les retransmettre à leur pays d’origine, la Chine ».
L’enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).
Le 30 janvier, la police a été avisée que deux personnes de nationalité chinoise étaient suspectées de procéder à des opérations de captation satellitaire depuis leur Airbnb loué en Gironde. A l’origine de l’affaire: des riverains avaient constaté le déploiement d’une parabole d’environ 2 mètres de diamètre, corrélée à une déconnexion internet.
Lors d’une perquisition menée le lendemain, les enquêteurs ont découvert « un système d’ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires », qui a été saisi pour exploitation.
Deux Chinois déclarés comme ingénieurs
L’agence nationale des fréquences radios, requise, avait constaté « l’utilisation illégale de fréquences, l’utilisation non conforme d’équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques ».
Le dispositif permettait « d’intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d’importance vitale », avait souligné le parquet.
Ces deux Chinois avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d’équipements et de systèmes de communication sans fil, selon le ministère public.
Cette entreprise coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire, selon la même source.
Deux autres personnes avaient été interpellées lorsqu’elles se sont présentées dans le logement, suspectées d’avoir procédé à l’importation illégale du matériel, a précisé le parquet.
Mi-décembre, un enseignant-chercheur à l’institut d’ingénierie et de mécanique de Bordeaux, avait été mis en examen, soupçonné d’ingérence au profit de la Chine, en ayant fait pénétrer une délégation chinoise dans des zones sensibles interdites.

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