À quelques jours de la présentation d’une loi-cadre incitant les collectivités locales à augmenter le prix des transports en commun, une étude d’impact commandée par le ministère des Transports préconise de quasiment doubler la contribution des voyageurs.
Jusqu’à combien êtes-vous prêts à payer votre billet de métro ou de TER? La loi-cadre sur le financement des transports sera présentée mercredi 11 février en Conseil des ministres. Et la facture s’annonce salée. L’étude d’impact issue du ministère des Transports, que RMC s’est procurée, préconise de quasiment doubler la contribution des voyageurs.
Les tarifs des TER, des bus et des métros sont aujourd’hui décidés par les régions et les communes. Mais ils sont jugés trop bas par le ministère des Transports, puisqu’ils ne couvrent que 17% du financement des transports en moyenne, alors qu’il faudrait viser un ratio « a minima de l’ordre de 30% », peut-on lire dans l’étude d’impact qui accompagne la loi-cadre. Cet objectif, non daté, correspond à ce qui se pratique déjà en Italie.
« En Angleterre, le ratio est quasiment à 100%. En Suisse, on s’approche des 50%. Nous sommes très en dessous des autres », défend François Délétraz, président de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT), au micro de RMC.
« On est l’un des pays d’Europe, où l’usager paie le moins pour se faire transporter sur des courtes distances! », ajoute-t-il.
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Les tarifs bientôt indexés sur l’inflation?
Pour y parvenir, la loi-cadre prévoit d’indexer automatiquement les tarifs sur l’inflation, afin de financer l’entretien des voies ferrées et des routes. Une hausse mécanique qui ne concerne que les transports en commun conventionnés, c’est-à-dire hors TGV ou avion.
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L’objectif affiché dans l’étude d’impact commandée par le ministère des Transports est de doubler la contribution des voyageurs au financement des transports, même si cela risque de faire fuir une partie des usagers.
« Plus vous augmentez la part du voyageur dans la contribution des abonnements et des tickets, moins les gens quitteront leur voiture pour prendre les transports en commun », souffle Fabien Villedieu, secrétaire fédéral du syndicat cheminot Sud Rail au micro de RMC.
Le ministère des Transports rappelle que la contribution des voyageurs en France était quatre fois plus élevée dans les années 1970 et qu’elle a progressivement décroché depuis.
« Non », le ministre de l’Economie Roland Lescure assure qu’il ne sera pas demandé aux usagers de payer davantage. « Les transports publics sont subventionnés, et c’est très bien. Ils sont plus développés en France qu’ailleurs dans le monde. Ce modèle on va le poursuivre. C’est vrai qu’il va faloir financer de nouveaux investissements, mais non, il n’y a aucun plan ni caché ni ouvert de doubler le prix des transports pour les usagers. C’est non. »

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