Des soeurs clarisses, installées dans le couvent de Santa Clara de Belorado, avaient annoncé en 2024 leur rupture avec l’Église après une querelle doctrinale sur fond de bras de fer immobilier.
La justice espagnole a rejeté l’appel d’un groupe de religieuses espagnoles excommuniées par le Vatican après s’être rapprochées d’une secte qui s’opposaient à leur expulsion de leur couvent, a annoncé vendredi 30 janvier l’archevêché de Burgos.
Des soeurs clarisses, installées dans le couvent de Santa Clara de Belorado, un village de 1.800 âmes situé à 50 kilomètres de Burgos (nord), avaient annoncé le 13 mai 2024 leur rupture avec l’Église après une querelle doctrinale sur fond de bras de fer immobilier.
Après une tentative d’intermédiation, elles avaient été excommuniées quelques semaines plus tard. L’archevêque de Burgos leur avait alors demandé de quitter leur couvent, affirmant qu’elles n’avaient plus le droit d’y rester – ce que ces dernières contestaient.
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Neuf religieuses concernées
Le tribunal de la ville voisine de Briviesca a donné raison à l’archevêque en août 2025, exigeant que les neuf religieuses encore présentes dans ce couvent du 15e siècle « évacuent » le bâtiment et le « remettent à disposition » de l’Église.
Le tribunal avait noté que l’Église avait fourni « un certificat » de propriété valide du couvent, contrairement aux religieuses.
L’archevêché de Burgos a écrit dans un communiqué jeudi avoir reçu le jugement rendu en appel, qui a donné tort aux religieuses.
Les soeurs doivent être « expulsées »
Les biens en cause sont une « entité juridique soumise au droit canon », tandis que « les biens du couvent sont la propriété de l’entité juridique et non des religieuses qui l’habitent », précise le communiqué, citant la décision.
Le tribunal a jugé que la décision des religieuses de quitter l’Église catholique « dépassait clairement ses compétences ».
Ayant établi l’absence de droit de propriété des défenderesses sur le couvent de Santa Clara de Belorado, elles doivent être expulsées », souligne le communiqué.
Les religieuses parlent d’une « persécution »
Dans un « manifeste » de 70 pages, ces soeurs clarisses avaient expliqué en 2024 leur rupture avec l’Église par une supposée « persécution » de leur hiérarchie, qui a fait échouer selon elles un projet d’acquisition par leur communauté d’un autre couvent, situé au Pays basque espagnol.
Elles avaient également mis en exergue un prétendu « chaos doctrinal » du Vatican, qu’elles accusaient de « double langage » et de « contradictions » et annoncé se placer désormais sous l’autorité d’un prêtre excommunié, Pablo de Rojas Sánchez-Franco.
Ce religieux, fondateur de la « Pieuse union de Saint-Paul apôtre », se revendique du « sédévacantisme », un courant considérant l’ensemble des papes ayant succédé à Pie XII (1939-1958) comme des hérétiques. Il a été exclu de l’Eglise catholique en 2019 par l’archevêque de Burgos.

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