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L’essentiel du jour, rien que pour vous.

Les brèves critiques de la rentrée littéraire d’hiver : Rune Christiansen, Dominique Fabre, Félicité Robert de Lamennais, Martin Suter…

Six romans, un recueil de poésie, un pamphlet, un essai d’histoire… Voici les brèves critiques de neuf ouvrages notables en cette deuxième semaine de l’année.

Poésie. « Pas si tant », de Salomé Botella

« Les gens trouvaient cet endroit repoussant/ Le fumier dégueu/ Les méthodes pas sexy/ Les manières grossières ». Qu’importe : c’est bien à ce lieu – au fin fond de la Creuse, où elle a grandi – et à la vie qui s’y déploie que Salomé Botella décide de consacrer son premier livre. Même si, elle aussi, a pu trouver la nature « chiante à crever » ; même si elle a « longtemps haï ce trou ». Par petites vignettes en forme de courts poèmes, elle rassemble des bouts d’enfance et d’adolescence. Nulle évocation bucolique, mais une manière simple, directe, de dire « cette petite vie dure qu’on mène » dans les villages. Où l’on galère un peu financièrement, où l’on creuse des fosses septiques plutôt que des piscines, où « la maison sert à tirer l’électricité douteuse ». Mais ce qui frappe surtout, c’est la tendresse que l’on sent battre dans le texte : tendresse pour tous les êtres qui entourent l’enfance (famille et amis), et pour la langue du pays. Laquelle circule ici en douce. Langue morte ? « Pas si tant » ! L. Hu.

« Pas si tant », de Salomé Botella, L’Ogre, « Ogresses », 134 p., 13,50 €.

Roman. « Androsace », d’Antoine Choplin

Jadis, ils ont gravi ensemble un mont que l’homme mûr connaît bien. Elle, venue d’Asie, l’a découverte, espiègle, joyeuse aussi. « Compagnons d’éphémère équilibre », ils ont bivouaqué et contemplé la pulsation des astres, « aux aguets du ciel vivant et de la calligraphie des crêtes ». Aujourd’hui, il reprend seul la voie du sommet et renoue en poète avec cette excursion au cours de laquelle l’apparition miraculeuse de la Lune, au hasard d’une brèche, avait amené la jeune femme à s’interroger sur l’existence d’« un mot aussi beau qu’éclipse pour en dire le contraire ». De retour chez elle, en Iran, elle a choisi de quitter son village de montagne pour descendre en ville et y combattre en dansant avec ses sœurs de lutte au péril de leur vie. Hymne à ces espaces où l’oiseau, l’arbre et l’insecte dialoguent mieux que l’homme avec les cimes, Androsace – telle la fleur qui pousse sur la roche nue – donne sa gravité à la contemplation. Avec une lucidité implacable. Ph.-J. C.

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