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Syrie : après des affrontements meurtriers à Alep, les combattants kurdes encerclés par l’armée refusent d’évacuer

Des bus attendent pour entrer dans le quartier de Cheikh-Maqsoud afin d’évacuer les combattants des Forces démocratiques syriennes, dirigées par les Kurdes, de deux quartiers de la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, le 9 janvier 2026. BAKR ALKASEM/AFP

Les combattants kurdes retranchés dans deux quartiers d’Alep ont refusé, vendredi 9 janvier, de quitter cette grande ville du nord de la Syrie, défiant les autorités, qui ont lancé un appel à évacuer après avoir décrété un cessez-le-feu.

Les violences, qui ont fait au moins 21 morts depuis mardi, sont les plus graves à Alep entre le gouvernement central et les Kurdes, importante minorité ethnique, qui contrôle une partie du nord-est du pays. Les combats ont contraint des dizaines de milliers de civils à fuir, l’ONU estimant à au moins 30 000 le nombre de familles déplacées.

Un cessez-le-feu annoncé tôt vendredi matin tient en milieu de matinée, selon les correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) postés à l’entrée du quartier kurde d’Achrafieh, encerclé par l’armée syrienne. Ils ont vu des membres des forces de sécurité commencer à entrer dans ce quartier, avec des véhicules destinés à l’évacuation des combattants. Un petit nombre de civils sortait également du quartier, selon eux.

Les autorités ont annoncé que les combattants kurdes seraient évacués avec leurs armes légères vers la zone autonome kurde du nord-est du pays, leur « garantissant un passage sûr ». Mais ceux-ci ont refusé de quitter les quartiers d’Achrafieh et de Cheikh-Maqsoud, où ils sont retranchés. « Nous avons décidé de demeurer dans nos quartiers et de les défendre », ont déclaré les comités locaux, disant refuser toute « reddition ».

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Dans le même temps, le président syrien, Ahmed Al-Charaa, a reçu vendredi à Damas la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, plus haute responsable de l’UE à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar Al-Assad, fin 2024, a annoncé l’agence officielle SANA. La dirigeante effectue une tournée régionale en compagnie du président du Conseil européen, Antonio Costa.

Les Etats-Unis ont exprimé leur « profonde gratitude à toutes les parties (…) pour la retenue et la bonne volonté qui ont rendu possible cette trêve vitale ». « Nous travaillons activement pour prolonger ce cessez-le-feu », a déclaré sur son compte X l’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack. Les forces kurdes n’ont pas immédiatement commenté ces annonces.

Jeudi, l’armée syrienne a encore pilonné les quartiers kurdes d’Alep, et des combats ont fait rage jusque dans la soirée, sur fond de tirs d’artillerie. Les autorités avaient accordé trois heures aux civils pour fuir, à travers deux « couloirs humanitaires », empruntés, selon elles, par quelque 16 000 personnes pour cette seule journée.

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Table des matières

Tensions régionales

Les deux parties se sont rejeté la responsabilité du début des violences, qui ont commencé mardi. Elles surviennent alors que les Kurdes et le gouvernement peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et son bras armé, les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat syrien. Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a jugé que « les tentatives de prise d’assaut des quartiers kurdes, en pleine phase de négociation, sapaient les chances de parvenir à une entente ».

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Face au coût humanitaire et au risque d’embrasement régional, Washington a lancé jeudi « un appel urgent » à cesser les hostilités, par la voix de Tom Barrack.

Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d’influence depuis la chute de Bachar Al-Assad, en décembre 2024. Ankara, allié des autorités syriennes, s’est dit prêt à « soutenir » l’armée dans son « opération antiterroriste » contre les combattants kurdes. La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d’envergure contre les forces kurdes.

Israël, qui mène des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les « attaques » du pouvoir syrien contre la minorité kurde. A la veille d’une visite vendredi à Damas de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’UE a appelé les belligérants à faire preuve de « retenue » et à « protéger les civils ».

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Le Monde avec AFP

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