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Strasbourg, OL, Nice… La multipropriété en Ligue 1, une histoire décidément compliquée

Modèle de plus en plus répandu en Europe et en Ligue 1, la multipropriété a déjà affiché ses limites dans les rangs de Nice ou Lyon, alors qu’un départ de Liam Rosenior en pleine saison du côté du Raing risquerait de renforcer encore plus la défiance des ultras strasbourgeois vis-à-vis de ce système.

Quel sera l’accueil de la Meinau ? Après deux déplacements à Nice en championnat et Avranches en Coupe de France, Strasbourg retrouvera son public le 18 janvier avec la réception du voisin messin. Avec possiblement un nouveau visage sur son banc. Et un contexte brûlant. Car avec l’éviction d’Enzo Maresca à Chelsea, actée le jour du Nouvel An, Liam Rosenior se retrouve cité comme le favori numéro un pour s’installer sur le banc du « grand frère » londonien. Forcément, un départ du technicien anglais en plein cœur de la saison, alors même que son groupe lutte pour les places européennes tout en visant le meilleur parcours possible en Ligue Conférence, donnerait raison à ceux qui voient en Strasbourg une simple pépinière de la maison-mère de BlueCo dans son schéma de multipropriété.

« C’est comme ce que peut faire Red Bull en Formule 1, avec des changements de pilotes en pleine saison. C’est comme ça qu’ils réfléchissent. Pour eux, Strasbourg, c’est secondaire. C’est secondaire ! », synthétisait notre consultant Kévin Diaz, jeudi, dans l’After Foot. Un changement de coach risquerait aussi de tendre davantage les relations avec les ultras alsaciens, en froid avec leur direction depuis le rachat du Racing mi-2023 par l’ambitieux consortium américain. En septembre, ils avaient déjà très mal vécu de voir leur capitaine Emanuel Emegha s’afficher tout sourire avec le maillot… des Blues. « Le summum de l’indignité », avaient alors grincé plusieurs groupes de supporters, lassés de voir leur club être « utilisé comme une réserve spéculative » et « destiné à accumuler des joueurs surpayés pour en tirer une plus-value ou alimenter Chelsea ».

L’engagement d’Ineos à Nice remis en cause

Au sein d’une Meinau fracturée depuis de longs mois, il faudrait aussi surveiller en cas de départ de Rosenior l’attitude des pro-BlueCo, jusqu’à présent séduits par ces recrues achetées pour plusieurs millions d’euros, le style proposé par Rosenior et les bons résultats symbolisés par le retour des soirées européennes. Pourraient-ils à leur tour se retourner contre leurs dirigeants ? Cette défiance vis-à-vis de l’actionnaire se ressent également dans les rangs de l’OGC Nice, où ils sont nombreux à s’interroger sur l’engagement d’Ineos, arrivé aux commandes du club en 2019 et dont le manque de lisibilité dans sa stratégie multiclubs pose pour le moins question. La priorité et les investissements du groupe de pétrochimie sont-ils uniquement tournés vers Manchester United, avec pour seul objectif de redonner à ce monument en lambeaux les moyens de retrouver les sommets de la Premier League ?

Multipropriété : discussion autour de l’identité dans le foot et les illusions qui vont avec… – 21/09

Ce sentiment a pu être renforcé par les déclarations en début d’année de Jim Ratcliffe, qui a directement égratigné l’OGCN dans la presse : « Je n’aime pas particulièrement aller voir Nice. Il y a de bons joueurs mais le niveau de football n’est pas assez élevé pour que je m’enthousiasme. » C’était avant même que le club ne s’enfonce dans une vaste crise, avec neuf défaites de rang toutes compétitions confondues entre début novembre et mi-décembre 2025, des résultats terriblement honteux sur la scène européenne, des joueurs physiquement pris pour cible par des supporters, et des questions sans réponse autour de l’intérêt d’Ineos pour son club du Sud. Début décembre, dans un communiqué annonçant leur boycott de l’Allianz Riviera, les ultras de la Populaire Sud n’avaient pas épargné ces « actionnaires visibles seulement par leur nom sur les murs du centre de formation devenu maison INEOS où l’identité de notre club ne persiste plus » et ces « dirigeants qui cautionnent tout ça sans rien faire ».

L’OL a eu le temps de déchanter

Finalement parti fin décembre, et remplacé par le revenant Claude Puel, Franck Haise a eu le temps d’enrager ces dernières semaines en constatant le désintérêt d’Ineos pour le Gym, et le manque de moyens alloués pour redresser un projet devenu bancal. À Lyon, la multipropriété n’a pas non plus eu droit à une très bonne publicité l’été dernier avec la relégation en Ligue 2 prononcée par la DNCG. Plongé dans une situation inédite, l’OL a finalement été maintenu en L1 et John Textor – qui aura tant irrité le gendarme du foot français avec son système de multipropriétés peu lisible (Molenbeek, Botafogo…) – a été poussé par ses administrateurs à quitter la présidence de l’OL, tout en restant à la tête de la maison mère, Eagle Football Holding (EFH). Avec la prise de pouvoir de la milliardaire américaine Michele Kang, actionnaire d’Eagle aux méthodes bien différentes, les supporters lyonnais ont quelque peu retrouvé le sourire et des raisons d’espérer, séduits par un début de saison convaincant sportivement. Sans relâcher leur méfiance vis-à-vis de ce modèle opaque de la multipropriété.

« Quand les droits TV s’effondrent, que la billetterie ne suffit pas, et quand les dépenses pour un club européen sont trop élevées, je n’ai pas de solution : je l’ai eue avec la multipropriété », s’était défendu Textor en décembre dernier chez Rothen s’enflamme, en réponse au sujet des « transferts fantômes » entre Botafogo et l’OL, se disant toujours convaincu que ce système représente plus une chance qu’un poison dans le milieu du football. Ce n’est pas l’avis du député Eric Coquerel, qui a présenté en septembre une proposition de loi soutenue par des élus de tous bords visant à interdire la multipropriété des clubs de football professionnels en France. Si le code du sport interdit la multipropriété de clubs français, le député Insoumis veut aller plus loin en interdisant désormais à un propriétaire de posséder un club français et une équipe étrangère, une pratique qui concerne près d’un tiers des clubs de football en Europe. En France, dix des 18 clubs de Ligue 1 et sept des 18 engagés en Ligue 2 « sont intégrés dans des structures multipropriétaires ».

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