« J’ai juste envie qu’ils comprennent »: la fille de François Bayrou revient sur le silence dans sa famille concernant son agression à Bétharram

À l’occasion de la sortie de son livre, « Le Déni », Hélène Perlant, fille de François Bayrou, évoque dans les colonnes de la Tribune Dimanche, l’impossibilité de parler dans sa famille de l’agression qu’elle dit avoir subie dans l’établissement catholique de Bétharram.

Un cri du cœur pour se défaire d’un traumatisme. Pour la sortie de son livre, « Le Déni », Hélène Perlant, la fille de François Bayrou, aborde dans les colonnes de la Tribune Dimanche, l’impossibilité de parler dans sa famille de l’agression qu’elle dit avoir subie dans l’établissement catholique de Bétharram.

Auprès de nos confrères, Hélène Perlant l’assure: les échanges autour de cette agression étaient « impossibles ». Un silence qui a laissé des traces indélébiles chez elle. « Puisque c’est impossible, comment on fait? », interroge-t-elle.

« Chaque famille est prisonnière »

Des années après son agression, durant laquelle elle indique avoir été rouée de coups par un prêtre de l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques, Hélène Perlant assure qu’il n’y a jamais eu d’échanges à ce sujet avec son père, l’ancien maire de Pau.

« Chaque famille est prisonnière de la même chose. La peur que ce qu’on dit renvoie à chacun sa culpabilité », explique la professeure à Khâgne à nos confrères.

Les années sont passées et Hélène Perlant a réussi à parler de cette agression dans les médias et dans le livre de « Le silence de Bétharram », d’Alain Esquerre, fondateur du collectif des victimes de Bétharram. Un ouvrage donnant la parole à d’anciens pensionnaires de cet établissement catholique, où des faits de violences ont été signalés pendant plusieurs décennies.

Des années de silence, que la mère de famille justifie par le fait de ne pas avoir voulu faire du mal à ses proches. Une peine bien enfouie dans son for intérieur qui lui a donné des envies suicidaires. « Il n’y a plus que ça pour se faire comprendre », assure-t-elle à la Tribune Dimanche.

« Je n’ai pas du tout envie d’en parler »

Aujourd’hui, l’affaire Bétharram a éclaté au grand jour et Hélène Perlant a trouvé le courage de parler de son agression avec le grand public.

Rapport Bétharram: entre culture du silence et défaillance de l’État, comment lutter contre les violences à l’école?

Malgré la libération de sa parole, elle ne souhaite pas pour autant parler de ce sujet avec son père, François Bayrou, et sa mère. « Je n’ai pas du tout envie d’en parler », assure-t-elle avant d’ajouter: « J’ai juste envie qu’ils comprennent la justesse de la délivrance ».

Éclaboussé par ce scandale et les 232 plaintes déposées par des anciens élèves de l’établissement, François Bayrou assure qu’il allait lire l’ouvrage de sa fille qu’il juge « d’intérêt général ».

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Le patriarche latin de Jérusalem, empêché d’accéder au Saint-Sépulcre pour la messe des Rameaux, est finalement autorisé à s’y rendre

Près de l’église du Saint-Sépulcre, fermée à la suite de l’annulation de la procession du dimanche des Rameaux depuis le mont des Oliviers, dans la vieille ville de Jérusalem, le 29 mars 2026. AMMAR AWAD/REUTERS

« Pour la première fois depuis des siècles », le patriarche de Jérusalem n’a pu célébrerla messe des Rameaux à l’église du Saint-Sépulcre, dimanche 29 mars. Ce n’est que tôt lundi que Benyamin Nétanyahou a rétabli l’accès dans le lieu saint du cardinal Pierbattista Pizzaballa ainsi que du Custode Francesco Ielpo, le chef des franciscains pour la Terre sainte, qui avaient tous deux été empêchés dimanche, par la police israélienne, de se rendre au Saint-Sépulcre.

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Les deux ecclésiastiques « ont été arrêtés en chemin et ont été contraints de rebrousser chemin », avait précisé dimanche un communiqué conjoint du patriarcat latin de Jérusalem et de la custodie de Terre sainte. Cet acte « constitue un grave précédent et témoigne d’un manque de considération envers la sensibilité de milliards de personnes à travers le monde qui, durant cette semaine, tournent leur regard vers Jérusalem ».

La police avait justifié sa décision en affirmant que la configuration de la vieille ville et des lieux saints constituait « une zone complexe » ne permettant pas l’accès rapide des secours en cas d’attaque, ce qui fait « peser un risque réel pour les vies humaines ».

Tôt lundi matin, Benyamin Nétanyahou a affirmé sur X avoir « donné l’instruction aux autorités compétentes d’accorder au cardinal Pierbattista Pizzaballa (…) un accès total et immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem »

Une « offense » pour les croyants

Précédemment, il avait assuré qu’il n’y avait « aucune intention malveillante » derrière cette interdiction, mais seulement « une inquiétude pour la sécurité » du patriarche et de ses fidèles, rappelant les attaques iraniennes contre des lieux saints. « Compte tenu du caractère sacré de la semaine précédant Pâques pour les chrétiens du monde entier, les forces de sécurité israéliennes mettent au point un plan visant à permettre aux responsables religieux de célébrer le culte sur ce lieu saint dans les jours à venir », avait-il par ailleurs affirmé sur X.

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La présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, a dénoncé « une offense non seulement pour les croyants, mais pour toute communauté qui reconnaît la liberté religieuse », et le ministre des affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé la convocation lundi de l’ambassadeur d’Israël en Italie.

Le président de la République française, Emmanuel Macron, a également condamné sur le réseau social X « la décision de la police israélienne », en assurant au patriarche latin de Jérusalem son « plein soutien ». « Depuis le gouvernement espagnol, nous condamnons cette attaque injustifiée contre la liberté religieuse et exigeons d’Israël qu’il respecte la diversité des croyances et le droit international. Car, sans tolérance, il est impossible de coexister », a réagi, de son côté, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. Sur X, le premier ministre canadien, Mark Carney, s’est dit « déçu par la décision de la police israélienne ».

Respect des restrictions imposées

Au début de l’offensive menée avec les Etats-Unis contre l’Iran le 28 février, les autorités israéliennes ont interdit les grands rassemblements, y compris dans les synagogues, les églises et les mosquées, notamment celle d’Al-Aqsa – troisième lieu saint de l’islam – durant le mois sacré du ramadan, et limité les rassemblements publics à environ 50 personnes.

Le dimanche des Rameaux, qui ouvre la semaine sainte, commémore la dernière montée du Christ à Jérusalem, où il avait été reçu par une foule en liesse à quelques jours de sa crucifixion et de sa résurrection le matin de Pâques, selon les Evangiles.

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Le patriarcat latin avait annulé la procession traditionnelle du dimanche des Rameaux, qui part habituellement du mont des Oliviers pour rejoindre Jérusalem et attire chaque année des milliers de fidèles. « Les chefs des Eglises ont agi en toute responsabilité et, depuis le début de la guerre, se sont conformés à toutes les restrictions imposées », a déclaré le patriarcat.

Alors que la plupart des boutiques et commerces de la vieille ville de Jérusalem demeuraient fermés, des chrétiens palestiniens se sont réunis au monastère Saint-Sauveur pour célébrer le dimanche des Rameaux. Le pape Léon XIV a, de son côté, rendu hommage dimanche à Rome, après la prière de l’Angélus, aux « chrétiens du Moyen-Orient, qui souffrent des conséquences d’un conflit atroce et qui, dans de nombreux cas, ne peuvent vivre pleinement les rites de ces jours saints ».

Le Monde avec AFP

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« Prêts à taux bonifiés, activité partielle, échelonnement du règlement des charges »: la CPME plaide pour un « élargissement » des mesures cibles annoncées par le gouvernement

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) juge que les mesures « cibles » de 70 millions d’euros annoncées par le gouvernement pour certains secteurs « vont dans le bon sens », mais restent « insuffisantes au regard de l’ampleur du choc ». L’organisation plaide pour un élargissement des aides, en activant d’autres leviers comme des prêts à taux bonifiés, ou l’allongement de l’échelonnement du règlement des charges sociales et fiscales.

La CPME, deuxième organisation patronale représentative, a demandé samedi au gouvernement d’élargir les mesures ciblées, jugées insuffisantes, qui ont été annoncées pour aider les secteurs les plus touchés par la flambée des prix du carburant.

« Nous soutenons (…) l’activation et l’élargissement de mesures exceptionnelles, urgentes et ciblées, simples et accessibles, en complément des premières dispositions décidées par le gouvernement pour le seul mois d’avril », indique la Confédération des petites et moyennes entreprises dans un communiqué.

Pour elle, les annonces faites par le gouvernement vendredi « vont dans le bon sens, mais elles constituent un début insuffisant au regard de l’ampleur du choc ».

« L’enjeu est d’agir avec précision, pour soutenir celles et ceux qui sont frappés par la crise, sans davantage fragiliser nos finances publiques », ajoute la CPME. Elle cite notamment les transporteurs, mais aussi la logistique, les taxis, les voyagistes ou les services à la personne.

Le gouvernement soutient qu’il « adaptera » les mesures « en fonction de l’évolution de la crise »

En France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d’environ 70 millions d’euros, ciblée et limitée au mois d’avril, au profit des secteurs de la pêche, de l’agriculture ou des TPE/PME des transports (voyageurs et marchandises). Pour ces derniers, un guichet dédié doit ouvrir, les modalités seront précisées ultérieurement. Le coût total de la mesure est estimé à 50 millions d’euros pour les transports.

« Nous avons demandé aux plateformes de VTC d’adapter les prix des courses afin de préserver les revenus des chauffeurs », a également indiqué le minsitre des Transports, Philippe Tabarot vendredi soir. « Le risque que certaines petites entreprises de transport ne puisse plus fonctionner, même temporairement, existe », a-t-il insisté.

Dans un entretien à La Tribune Dimanche, publié ce 29 mars, le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a précisé que les mesures seraient examinées en fonction de la durée de la guerre.

« Nous les adapterons en fonction de l’évolution de la crise, qui demeure imprévisible dans la durée et l’intensité. Nous avons besoin d’agilité pour agir à bon escient », a-t-il indiqué.

Pour limiter les prix à la pompe, « je rappelle qu’un encadrement des marges reste toujours possible. Pour l’instant, les prix ont évidemment grimpé, mais pas davantage qu’ailleurs, avec des marges contenues », a-t-il souligné.

Taux bonifiés, dispositifs d’activité partielle, échelonnement du règlement des charges…

La CPME propose notamment d' »accorder des prêts à taux bonifié aux secteurs les plus affectés pour surmonter les tensions de trésorerie », mais aussi d' »élargir les dispositifs d’activité partielle et les aides à la pompe à des filières encore exclues », ou encore d' »allonger les durées d’échelonnement du règlement de charges sociales et fiscales, et sans pénalités ».

Elle défend également « un « Plan Marshall » de l’électrification des usages et des modes de production ». Comme vendredi le Medef, première organisation patronale, la CPME a également appelé les donneurs d’ordre publics et privés « à respecter les délais de paiement ».

Pour le président du Medef, première organisation patronale, Patrick Martin, l’enveloppe « modeste » d’environ 70 millions d’euros débloquées par le gouvernement signale qu' »aujourd’hui, la France est en situation de fragilité. Le gouvernement est prisonnier du mauvais état des finances » publiques.

Or, « il y a un risque de propagation à toute l’industrie, au travers de la hausse des taux d’intérêt, du coût de certains sous-composants et du fret maritime, mais aussi de l’énergie de manière durable », a-t-il avertit.

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Un homme de 29 ans tué par balles à Vaulx-en-Velin, une enquête ouverte pour « meurtre en bande organisée »

Un homme est mort, tué par balles ce vendredi 27 mars à Vaulx-en-Velin (Rhône). Selon le parquet, la victime était connue des services de police. Il s’agit de la troisième attaque par arme à feu dans la région de Lyon depuis une semaine.

Un homme a été tué par balles en fin de soirée ce vendredi 27 mars à Vaulx-en-Velin, près de Lyon, a indiqué ce samedi 28 mars le parquet.

Selon Le Progrès, les forces de l’ordre ont été appelées vers 23 heures ce vendredi après des coups de feu dans le quartier du Mas-du-Taureau. C’est là qu’elles auraient découvert la victime, âgée de 29 ans.

Selon le procureur Thierry Dran, qui confirme une information de nos confrères, la victime était connue de la police et de la justice.

La troisième victime depuis une semaine à Lyon

L’enquête pour « meurtre en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée » a été confiée à la DCOS (division de la criminalité organisée et spécialisée, ex-PJ) du Rhône, précise le magistrat.

C’est la troisième victime d’arme à feu depuis une semaine dans la périphérie est de Lyon. Samedi dernier, un homme a été abattu à Vénissieux et un autre grièvement blessé à Villeurbanne dans la même soirée.

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Entre Apple et la Chine, presque 50 ans d’une relation complexe, marquée par la dépendance industrielle, les enjeux commerciaux et les tensions géopolitiques

Présente en Chine depuis plus de deux décennies, Apple, qui fête ses 50 ans le 1er avril 2026, a entretenu une relation complexe avec Pékin. Si cette relation a longtemps été bénéfique sur les plans économique et industriel, les récentes tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine, ainsi que les craintes technologiques, font désormais peser de nouveaux défis sur l’entreprise.

Une relation “symbiotique”. C’est en ces termes que Tim Cook a qualifié le lien qui unit Apple et la Chine. Fin mars 2023, le numéro 1 de la firme américaine se trouvait à Pékin pour participer au China Development Forum, un rendez-vous majeur organisé par l’État chinois qui rassemble hauts responsables et acteurs influents du monde entrepreneurial.

Entre discours officiels et réunions stratégiques, Cook s’est également rendu dans un Apple Store du centre-ville. Là, au milieu des clients et des écrans lumineux, il a posé pour un selfie avec la chanteuse Huang Ling: un cliché qui a rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux chinois, illustrant à la fois le poids culturel de la marque et son influence économique sur le marché local.

Mais les relations entre Pékin et le géant de la Silicon Valley n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille. Elles ont surtout été un long voyage sur les vagues de l’économie et de la géopolitique mondiale. Autant dire que le trajet n’a jamais ressemblé à une croisière paisible. Et Tim Cook, qui vantait en 2023 cette relation “spéciale”, le sait mieux que quiconque. En 1999, alors responsable des opérations chez Apple, il noue un partenariat décisif avec Foxconn et son fondateur Terry Gou, qui deviendra le principal assembleur d’iPhone en Chine.

Le PDG d’Apple, Tim Cook, assiste à la cérémonie d’ouverture du Forum chinois sur le développement à Pékin, en Chine, le 23 mars 2025 © AFP

Cela a jeté les bases de la gigantesque chaîne de production qui permettra à Apple de produire à grande échelle. A l’époque, le célèbre iMac n’avait qu’une petite bougie. Et il n’était pas un ordinateur comme les autres. Ni rectangulaire, ni beige, ni gris, ni blanc, sa forme arrondie évoquait une goutte d’eau et son boîtier translucide se déclinait en couleurs vives et acidulées. Comme beaucoup de produits Apple aujourd’hui, il combinait design avant-gardiste et une fabrication méticuleuse.

Difficulté financière et coup de fil avec Foxconn

Pendant ses débuts, Apple fabriquait ses produits aux États-Unis. Aux origines, en 1976, Patty, la sœur de Steve Jobs, assemblait à la main les cartes électroniques du premier ordinateur, l’Apple I. Pour l’Apple II en 1977, l’entreprise aurait recruté « un réseau hétéroclite d’immigrants, dont certains sans papiers, pour assembler des cartes électroniques et des alimentations dans des appartements et des maisons surpeuplés » de la baie de San Francisco, lit-on sous la plume de Michael Malone, dans son ouvrage Infinite Loop, paru à l’aube du 21e siècle.

Une situation difficilement imaginable aujourd’hui, mais qui témoigne d’une réalité qui échappait à tout contrôle à la fois à cause de l’explosion de la demande et également de la jeunesse de la structure qu’était Apple. Michael Malone écrivait ainsi: « Personne n’a jamais évoqué le salaire minimum, la sécurité sociale ou les lois sur la sécurité au travail. Ainsi, pendant plus d’un an, l’Apple II, présenté comme la machine capable de libérer les individus de l’esclavage bureaucratique et du travail de bureau, était en réalité partiellement assemblé dans des ateliers clandestins. »

Rapidement toutefois, avec la croissance des besoins en production, Apple a industrialisé son processus de fabrication et à développer ses propres usines. Ainsi, l’Apple II ou même le Lisa à ses débuts ont été assemblés à Carrollton, au Texas. Dans les années 80, la plus importante usine d’Apple était celle de Fremont, en Californie. C’était notamment là qu’étaient fabriqués les Macintosh. Fremont sera d’ailleurs ensuite remplacé au début des années 90 par le site d’Elk Grove, en Californie toujours.

Cependant, confrontée à ses difficultés financières du milieu des années 1990, Apple commença à externaliser progressivement sa production pour réduire ses coûts, gagner en efficacité et soutenir le cours de son action, à l’instar de ses concurrents déjà bien installés sur le marché.

Vue générale d’un Apple Store à Lujiazui, Shanghai, Chine, au printemps, le 22 mars 2026 © Ying Tang / NurPhoto via AFP

C’est dans ce contexte qu’Apple noua son « célèbre » partenariat avec Foxconn. Bien que basée à Taïwan, l’entreprise a longtemps (et toujours aujourd’hui) fondé son succès sur ses usines en Chine continentale, vers lesquelles elle a progressivement transféré sa production dans les années 1980 face à la hausse des coûts de main-d’œuvre taïwanaise. Terry Gou et d’autres entrepreneurs taïwanais, connus sous le nom de “Taishang”, ont alors contribué à développer le « modèle du Guangdong ». Une politique qui consiste à déplacer des industries qui requièrent une forte quantité de main d’oeuvre dans les régions défavorisées du Guangdong,sur la côte du sud-est de la Chine. Shenzhen est un cas emblématique de cette volonté de Pékin de mettre en place des zones économiques spéciales axées sur l’exportation et favorisant l’essor du capitalisme industriel, notamment dans cette région maritime.

Le journaliste du Financial Times, Patrick McGee, spécialiste de l’économie de la tech et de la Chine, explique dans son ouvrage “Apple en Chine: la conquête de la plus grande entreprise du monde” (2025) que ce partenariat marqua le début d’une relation commerciale beaucoup plus étroite, capable de transformer non seulement les deux entreprises, mais aussi le destin économique de la Chine et, potentiellement, l’équilibre géopolitique mondial.

“L’idylle chinois” s’ensuit pour la firme à la pomme. Entre 2000 et 2007, Apple a commencé à déléguer une grande partie de sa production à des usines chinoises comme celles de Foxconn et Pegatron, profitant de la main-d’œuvre bon marché et de l’efficacité logistique offertes par la Chine. Avec le lancement de l’iPhone en 2007, le pays est progressivement devenu le principal hub de fabrication de l’entreprise, la quasi-totalité des assemblages étant réalisés en Chine continentale et à Taïwan.

Foxconn (et la Chine) se sont révélés être un partenaire exceptionnel pour Apple. « Dès que Foxconn a commencé à produire l’iMac à grande échelle, les ingénieurs d’Apple ont été stupéfaits par ce qu’on a appelé la ‘vitesse chinoise’ – une capacité à accomplir les choses à un rythme effréné, dépassant l’entendement des visiteurs occidentaux », détaille Patrick McGee.

En 2014, Apple signe un accord stratégique avec China Mobile, le plus grand opérateur du pays, permettant une diffusion massive de l’iPhone sur le territoire chinois. Deux ans plus tard, en 2016, Tim Cook, qui est devenu directeur général de l’entreprise depuis 2011, obtient auprès du gouvernement chinois un accord de 275 milliards de dollars sur cinq ans, combinant investissements et partenariats, en échange de facilitations réglementaires qui propulsent Apple au rang de leader des smartphones haut de gamme en Chine.

Scandales dans les usines

Mais lorsque l’on vit en symbiose avec un partenaire, on hérite aussi de ses problèmes. Apple s’est ainsi retrouvée mêlée à deux scandales majeurs liés à la Chine: l’emploi d’enfants dans sa chaîne d’assemblage et les soupçons de travail forcé des Ouïgours dans certaines usines fournisseurs. Entre 2009 et 2010, des audits internes révélèrent la présence de mineurs de moins de 16 ans dans plusieurs usines chinoises de ses sous‑traitants, malgré une politique officielle « zéro enfant dans la chaîne ».

En 2011, Apple publia son rapport « Supplier Responsibility », reconnaissant que 91 enfants avaient travaillé dans 10 usines, dont 42 sur une seule ligne. L’entreprise affirma que la plupart avaient été renvoyés chez eux avec prise en charge de leurs frais scolaires et qu’un sous‑traitant avait été exclu. Dans les années suivantes, Apple renforça ses audits et ses règles de contrôle de l’âge, un travail complexe et de longue haleine tant les chaînes de fournisseurs s’étendent et impliquent parfois des sous-traitants en cascade. Un travail rendu encore plus difficile aussi par la nécessité de remplir les villes-usines, qui comptent jusqu’à 200.000 ouvriers, afin de produire les iPhone, notamment, avant les lancements annuels. Malgré ces efforts, certaines ONG et médias, comme The Atlantic, continuèrent de dénoncer des lacunes dans la supervision des sous-traitants et des agences de travail.

Des ouvriers fabriquent des bobines pour équipements audio dans une usine de composants électroniques dans la province du Guizhou dans le sud-ouest de la Chine, le 20 janvier 2026 (photo d’illustration) © Photo par Imaginechina via AFP

Les années qui suivirent ne furent guère plus glorieuses pour la firme. Entre 2017 et 2019, des rapports de think tanks, dont l’ASPI et le Congrès américain, ont révélé un programme de « transfert de main-d’œuvre » depuis le Xinjiang, où des dizaines de milliers de Ouïgours auraient été envoyés dans des usines chinoises dans des conditions proches du travail forcé. Ces sites, qui approvisionnent des secteurs comme l’électronique, l’automobile et l’habillement, mentionnent Apple comme bénéficiaire indirecte de ces chaînes.

En 2020, une enquête de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) confirma que certains fournisseurs d’Apple employaient des travailleurs ouïgours déplacés de force, parfois issus de camps de détention. Face à ces révélations, des ONG et plusieurs parlementaires américains ont appelé l’entreprise à rompre tout lien avec les fournisseurs impliqués et à garantir l’absence de main-d’œuvre ouïgoure dans ses chaînes. En septembre dernier, l’association américaine China Labor Watch, qui a par le passé collaboré avec Apple, dénonçait encore les conditions de travail des ouvriers mis à disposition du géant américain.

Tensions géopolitiques

Un autre aspect des rapports entre les deux acteurs se joue sur la scène de la politique internationale. La relation entre Apple et l’Empire du Milieu reste, en effet, aujourd’hui profondément marquée par les crispations entre les États-Unis, pays d’origine de la marque, et le gouvernement chinois. Dans ce contexte de tensions technologiques avec Washington, Pékin a multiplié les leviers de pression. D’abord, les autorités ont instauré une restriction progressive de l’usage des iPhone pour certains fonctionnaires, envoyant un signal politique clair. Ensuite, l’encadrement de l’App Store s’est renforcé, entre enquêtes antitrust et baisse imposée, en ce mois de mars 2026, des commissions prélevées par Apple, avec en toile de fond la menace d’un contrôle accru des revenus.

Par ailleurs, des exigences de censure ont contraint Apple à retirer des applications sensibles et à se conformer strictement aux normes locales. Pour certains observateurs, « ces coups de semonce n’était pas vraiment adressé à Apple […] c’était au gouvernement américain », la Chine cherchant avant tout à « faire étalage de sa puissance  » et de sa volonté de contrôle.

Dans ce climat, Pékin soutient également ses champions nationaux, porté par un élan patriotique, tout en maintenant une pression implicite sur Apple, pourtant profondément implantée dans l’économie chinoise. C’est en effet tout le paradoxe. D’un côté, la Chine reste indispensable à Apple: elle concentre une grande partie de sa chaîne de production et une part majeure de ses revenus, ce qui rend toute rupture très coûteuse. De l’autre, Pékin n’hésite pas à favoriser ses champions nationaux comme Huawei et à envoyer des signaux politiques pour rappeler sa souveraineté économique.

Pris dans le tumulte de la géopolitique, Apple tente un délicat « équilibrage »: diversification partielle de sa production (Inde, Vietnam), concessions réglementaires en Chine, et rapprochement avec Washington pour sécuriser ses approvisionnements stratégiques. L’entreprise est ainsi devenu un acteur-clé d’un monde fragmenté, où les firmes technologiques ne sont plus seulement des acteurs économiques… mais des instruments et des enjeux de puissance entre grandes nations.

Inquiétudes à Washington

Autre point marquant de cette proximité entre Apple et la Chine: le rôle central joué par l’entreprise dans le développement industriel du pays. Dans son ouvrage, Patrick McGee avance des faits et des chiffres saisissants sur l’ampleur de cette contribution. À la lecture de Apple en Chine, une question s’impose alors: dans sa quête de profit, Apple n’a-t-elle pas, malgré elle, contribué à l’émergence d’un nouvel ordre mondial… porté par l’un des principaux rivaux des États-Unis?

Apple a, en effet, massivement investi en Chine sans afficher ouvertement sa présence. « Aucun site de production ne portait le nom d’Apple […] et pourtant, en 2012, la valeur des machines […] avait grimpé jusqu’à 7,3 milliards de dollars ». Selon des documents internes, cités par la NPR, ces investissements ont atteint « 55 milliards de dollars par an en 2015 », un montant colossal qui ne prend même pas en compte les composants.

Un vendeur présente des journaux dont les premières pages affichent la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping en Corée du Sud, sur un kiosque à journaux à Pékin, le 31 octobre 2025 © Photo par ADEK BERRY / AFP

Mais au-delà des sommes engagées, l’investissement le plus stratégique fut surtout humain: « Apple estime avoir formé au moins 28 millions de personnes depuis 2008 ». Pour garantir ses standards, l’entreprise envoyait des équipes entières en Chine, au point de mobiliser des vols dédiés: elle a déployé « tellement d’ingénieurs […] qu’elle a convaincu United Airlines d’ouvrir une liaison directe entre San Francisco et Chengdu ».

Et du côté des responsables politiques américains, la formation continue d’ingénieurs et d’ouvriers chinois aux technologies de pointe… passe de plus en plus mal. Au début des années 2000, la stratégie d’Apple en Chine s’inscrivait pourtant dans un consensus favorable à l’ouverture du pays, avec l’espoir de bâtir « un monde meilleur, une économie plus prospère et une Chine plus démocratique ».

Mais à partir de 2013, la situation bascule: sous Xi Jinping, la Chine se durcit, tandis qu’aux États-Unis, les effets négatifs du libre-échange deviennent plus visibles, jusqu’à l’élection de Donald Trump en 2016. Apple se retrouve dès lors dans une position délicate, décrite par la presse comme une entreprise profondément dépendante de la production chinoise, dont il est difficile de s’extraire malgré les pressions politiques.

En somme, l’histoire d’Apple en Chine est une véritable boucle où tout se répond. Interdépendance stratégique et poids économique s’entremêlent dans un contexte géopolitique de plus en plus instable entre les deux puissances. À force, donc, de tisser des liens trop serrés, on finit par transformer un réseau en nœud coulant.

Depuis quelques années, Apple tente de le desserrer doucement, encourageant ses partenaires, comme Foxconn, à ouvrir des usines dans d’autres pays, que ce soit en Asie (Vietnam, Inde) ou à l’autre bout du monde, au Brésil. Le géant de Cupertino a également lancé un programme de réindustrialisation aux Etats-Unis de 600 milliards de dollars, qui prendra longtemps à porter réellement ses fruits, si tant est qu’il puisse contrebalancer le poids des usines asiatiques. Car les noeuds coulants à la différence des noeuds gordiens ne se tranchent pas facilement…

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« Une situation vraiment terrible »: les parents d’Elio, un enfant de 4 ans atteint d’une leucémie rare, lancent un appel aux dons de moelle osseuse

Les parents d’Elio, un petit garçon de 4 ans atteint d’une leucémie rare, ont lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux pour trouver un donneur de moelle osseuse compatible et sauver la vie de leur enfant.

Un appel à l’aide. Chaque année, environ 2.000 patients attendent une greffe de moelle osseuse en France, selon l’Établissement français du sang. Parmi eux, Elio, un petit garçon de 4 ans, diagnostiqué début 2026 d’une leucémie rare de type T. À ce stade, aucun donneur compatible n’a été trouvé.

L’enfant hospitalisé depuis plus de deux mois suit un traitement de chimiothérapie en unité protégée dans l’attente d’une greffe. Ses parents ont lancé un appel sur les réseaux sociaux pour tenter d’élargir les recherches.

« Une chance sur un million »

Au micro de BFMTV, Thomas, le père d’Elio, décrit une « situation vraiment terrible », alors que son fils est malade et qu’il est confronté à la difficulté de trouver un donneur compatible.

« Il y a une chance sur un million de trouver un donneur 100% compatible. C’est pour ça qu’on a lancé cet appel afin d’élargir le nombre de donneurs potentiels et donc d’avoir une chance supplémentaire pour Elio », confie-t-il.

Le quotidien de la famille a rapidement basculé à l’annonce du diagnostic. « Ça faisait deux mois et demi que le ciel nous était tombé sur la tête. Du jour au lendemain, Elio était à l’école le vendredi, et le samedi, on était en soins intensifs. Forcément, le choc est rude », raconte Thomas. Depuis son hospitalisation, le petit garçon est coupé de sa vie d’avant.

« Pour lui, c’est terrible parce qu’il n’a plus ses copains, il n’a plus d’école, il est malade, il a perdu ses cheveux… On est dans une situation vraiment terrible », poursuit son père.

« On ne perd rien quand on donne sa moelle osseuse »

Les dons de moelle osseuse, qui se font dans 80% des cas par prélèvement sanguin, selon l’Établissement français du sang, sont sans risque.

« C’est un don qui est tout à fait sans danger pour la personne qui donne. Non seulement il n’y a pas de risque, mais cela permet potentiellement de sauver une vie”, rappelle Catherine Faucher, directrice du prélèvement et de la greffe de cellules souches hématopoïétiques à BFMTV.

Elle précise que les cellules prélevées se régénèrent rapidement. « Ce sont des cellules qui sont remplacées à l’identique dans les huit jours qui suivent le don. On ne perd rien quand on donne sa moelle osseuse, mais on donne une chance à un patient de pouvoir être sauvé de sa maladie », encourage-t-elle.

Pour s’inscrire comme donneur, trois conditions principales doivent être remplies: avoir entre 18 et 35 ans, être en bonne santé et répondre à un questionnaire médical. Toutes les informations sont disponibles sur dondemoelleosseuse.fr

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