Ibtissem, 18 ans, a reçu la religion musulmane en héritage. Une affaire de culture plus que de spiritualité pour la jeune fille, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. A cette religion en particulier, et au sujet en général, elle ne s’était jamais beaucoup intéressée, explique l’étudiante. « J’avais reçu une éducation religieuse, mais je n’avais pas un intérêt particulier pour cette question », dit-elle. A 15 ans pourtant, tout change. « Mon lycée était en face de la grande mosquée de Strasbourg, une amie, nouvelle venue dans la ville et qui ne connaissait pas les lieux, m’a pressée d’y aller. Là-bas j’ai découvert un monde », raconte Ibtissem.
Elle est alors attirée par un programme destiné aux jeunes avec des réunions semaine après semaine durant lesquelles chacun peut poser une question, et la soumettre à l’imam. Elle y va une fois, deux fois, puis devient une membre active du groupe, pratique de façon toujours plus intensive, jusqu’à se voiler. « Il y a des différences entre mes parents et moi, admet-elle volontiers, moi je peux considérer ma pratique comme étant plus orthodoxe. »
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Cette annonce porte à 69 le nombre total de colonies ayant obtenu un feu vert ces trois dernières années. Hormis Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie dans des colonies que l’ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
Les autorités israéliennes ont annoncé ce dimanche 21 décembre avoir approuvé l’installation de 19 colonies en Cisjordanie, une mesure visant selon elles à « bloquer l’établissement d’un État palestinien terroriste », dans un contexte d’intensification de la colonisation depuis le 7-Octobre.
Cette annonce porte à 69 le nombre total de colonies ayant obtenu un feu vert ces trois dernières années, d’après un communiqué publié par les services du ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, lui-même colon et partisan d’une annexion de ce territoire occupé par Israël depuis 1967.
Elle intervient quelques jours après un rapport du secrétaire général des Nations unies faisant état d’une croissance record des colonies israéliennes depuis le début du suivi en 2017.
Des colonies illégales au regard du droit international
« La proposition du ministre des Finances Bezalel Smotrich et du ministre de la Défense Israël Katz de déclarer et formaliser 19 nouvelles colonies en Judée et Samarie (la Cisjordanie, NDLR) a été approuvée par le cabinet » de sécurité du gouvernement, ont annoncé les services de Bezalel Smotrich.
Selon lui, cette initiative doit permettre d’empêcher l’émergence d’un État palestinien. « Sur le terrain, nous bloquons l’établissement d’un État palestinien terroriste. Nous continuerons à développer, construire et à nous implanter sur la terre de notre patrimoine ancestral », est-il écrit dans le communiqué.
Hormis Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie dans des colonies que l’ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
Sur les colonies dévoilées ce dimanche, cinq sont des avant-postes qui existent déjà depuis plusieurs années, c’est-à-dire des colonies déjà implantées en territoire palestinien, sans avoir obtenu les autorisations nécessaires des autorités israéliennes.
Colonisation depuis 1967
Ces 19 colonies se trouvent dans des zones « hautement stratégiques », ont précisé les services du ministre. Deux d’entre elles, Ganim et Kadim, dans le nord de la Cisjordanie, seront réinstallées après avoir été démantelées il y a deux décennies.
La colonisation s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967, et s’est nettement intensifiée sous l’exécutif actuel, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël.
Dans le rapport de l’ONU, son secrétaire général Antonio Guterres avait « condamné l’expansion implacable de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem Est, qui continue à alimenter les tensions, empêcher l’accès des Palestiniens à leur terre et menace la viabilité d’un État palestinien totalement indépendant, démocratique, continu et souverain ».
« Ces développements enracinent encore l’occupation israélienne illégale et viole le droit international et le droit des Palestiniens à l’autodétermination », a-t-il ajouté.
L’avancée de la colonisation s’accompagne en outre d’une augmentation « alarmante » des violences des colons, dénonce-t-il dans le document, évoquant des attaques parfois « en présence ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes ».
Plus d’un millier de morts
Depuis le 7-Octobre, plus d’un millier de Palestiniens, parmi lesquels des combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données de l’Autorité palestinienne.
Dans le même temps, selon des données officielles israéliennes, au moins 44 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires israéliens.
Les nouveaux projets de colonies dévoilés par Israël provoquent régulièrement un tollé international, Paris y voyant une « menace existentielle » pour un Etat palestinien. Fin septembre, le président américain Donald Trump, pourtant un soutien indéfectible d’Israël, avait averti qu’il « ne lui permettrait pas d’annexer la Cisjordanie ».
« Si on se met d’accord sur l’essentiel, je suis certaine qu’on peut y arriver », a déclaré la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin, invitée mardi du Journal de 20 heures, qui a assuré qu’il y a une majorité sur les cinq grandes familles de sujets à étudier proposées par le premier ministre, Sébastien Lecornu : l’agriculture, les collectivités locales, le logement, l’outre-mer et la recherche. « Est-ce qu’on fait le minimum ou est-ce qu’on a ce sursaut collectif ? », a-t-elle ajouté.
Interrogée sur un possible recours au 49.3 pour faire adopter le budget en janvier, Amélie de Montchalin a préféré parler de « compromis ». « On a su le faire sur le budget de la Sécurité sociale, c’est possible » sur le budget de l’Etat, a-t-elle assuré.
« Une pensée pour vos frères d’armes, morts cette année […] et aux blessés aux corps meurtris », déclare Emmanuel Macron lors de son discours aux armées{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>
« Ce que nous a annoncé le président de la République hier n’est pas de bonne augure », déplore le président de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire
Cette image, publiée par le ministère de la justice américain, le 19 décembre 2025, montre des tiroirs et des photos encadrées dans la maison de Jeffrey Epstein, à Manhattan. MINISTÈRE AMÉRICAIN DE LA JUSTICE VIA REUTERS
Des affirmations à l’encontre de Donald Trump contenues dans les nouveaux documents, publiés mardi 23 décembre, sur l’affaire Epstein sont « fausses et sensationnalistes », a affirmé le ministère de la justice américain, contraint par une loi de publier ces fichiers dans une affaire qui embarrasse le président américain depuis des mois.
« Le ministère de la justice a officiellement publié environ 30 000 nouvelles pages de documents liés à Jeffrey Epstein », a écrit le ministère sur le réseau social X. « Certains de ces documents contiennent des affirmations fausses et sensationnalistes contre le président Trump qui ont été soumises au FBI juste avant l’élection [présidentielle] de 2020. Soyons parfaitement clairs : ces affirmations sont fausses et sans fondement », a ajouté le ministère.
Au moins 8 000 nouveaux documents issus de l’enquête sur le criminel sexuel Jeffrey Epstein ont été publiés, mardi, par le ministère de la justice, accusé par l’opposition démocrate de rétention d’informations pour la diffusion de ce dossier, qu’elle juge trop lente.
Ces nouveaux fichiers contiennent notamment des centaines de vidéos ou d’audios, dont des images de surveillance de la cellule de Jeffrey Epstein datant d’août 2019, quand il a été retrouvé mort. Le ministère de la justice a mis en ligne environ 11 000 liens avec des nouveaux documents, mais certains ne mènent à rien.
Le ministère était contraint par une loi de publier l’ensemble du dossier vendredi 19 décembre, dernier délai, mais dit avoir besoin de davantage de temps pour publier avec précaution le reste afin de protéger au mieux les victimes dont l’identité pourrait être dévoilée.
L’opposition démocrate voit cependant dans ce retard une manœuvre politique destinée à éviter la publication d’informations supposées compromettantes pour le président américain, qui apparaît sur des images aux côtés de Jeffrey Epstein.
« C’est clairement une opération de dissimulation », a dénoncé, lundi, le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, en soumettant une proposition de loi pour accentuer la pression sur le ministère qui, selon le sénateur, a « enfreint la loi » en n’ayant pas tout publié vendredi.
« Le ministère de la justice doit arrêter de protéger les hommes riches et puissants qui n’ont pas été inculpés » dans cette affaire, a dénoncé de son côté, lundi, l’élu démocrate à l’origine de la loi, Ro Khanna, en demandant la publication de certaines pièces spécifiques du dossier.
La publication de ces documents, issus de l’enquête menée par les autorités américaines sur l’influent financier new-yorkais, mort avant son procès, doit aider à faire la lumière sur ses liens passés avec des personnalités de premier plan, dont le président républicain.
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Alors qu’il s’était dit, lors de sa campagne en 2024, d’accord pour rendre ces fichiers publics, Donald Trump a ensuite fait volte-face, dénonçant un « canular » instrumentalisé par les démocrates. Sa base MAGA, obsédée par ce scandale, s’était insurgée quand le ministère de la justice avait annoncé à l’été n’avoir découvert aucun élément nouveau justifiant la publication de documents supplémentaires ou de nouvelles poursuites.
Après des mois de révolte, le président a dû céder à la pression du Congrès, y compris d’élus républicains, et a promulgué, en novembre, une loi imposant à son gouvernement de publier l’intégralité des documents non classifiés en sa possession.
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Budget pour la France: « La loi spéciale qui a été votée aujourd’hui, n’a qu’un seul but: c’est une loi transitoire », explique Philippe Juvin, député (LR) et rapporteur général du Budget
La militante suédoise Greta Thunberg, avant son arrestation par la police devant les bureaux d’Aspen Insurance, à Londres, le 23 décembre 2025. PRISONERS FOR PALESTINE/AFP
La militante suédoise Greta Thunberg a été arrêtée, mardi 23 décembre à Londres, lors d’une manifestation en soutien à des militants emprisonnés du groupe proscrit Palestine Action, ont annoncé dans des communiqués les associations Defend Our Juries et Prisoners for Palestine.
« Greta Thunberg tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : “Je soutiens les prisonniers de Palestine Action. Je m’oppose au génocide” », a souligné un porte-parole de Defend Our Juries, précisant que la militante avait « été arrêtée en vertu de la loi antiterroriste » britannique.
La police de Londres a, de son côté, précisé avoir arrêté une « femme de 22 ans pour avoir brandi un objet [en l’occurrence une pancarte] en soutien à une organisation interdite [en l’occurrence Palestine Action] », sans préciser son nom. Elle a ensuite été libérée sous caution, a-t-elle annoncé quelques heures plus tard.
Cette manifestation était menée en solidarité avec huit militants de Palestine Action, âgés de 20 à 31 ans, incarcérés dans l’attente de leur procès pour des actions menées au nom du groupe. Certains d’entre eux sont en grève de la faim depuis le début de novembre.
Dans une vidéo publiée lundi sur son compte Instagram, la militante a qualifié ces militants de « prisonniers politiques », appelant le gouvernement du premier ministre travailliste, Keir Starmer, à répondre à leurs revendications, à savoir leur remise en liberté et l’abandon des poursuites. Interrogé au Parlement la semaine dernière, M. Starmer a déclaré que les « règles et les procédures » ayant mené à leur détention avaient été respectées.
Sanction jusqu’à six mois de prison
Créé en 2020, Palestine Action se présentait sur son site Internet comme un « mouvement d’action directe visant à mettre fin au soutien mondial au régime génocidaire et d’apartheid d’Israël ». S’attaquant essentiellement à des sites d’entreprises d’armement, notamment du groupe israélien Elbit Systems, il a été interdit au début de juillet après une intrusion et des actes de vandalisme sur une base de l’armée de l’air britannique, dont les dégâts ont été évalués à 7 millions de livres (7,9 millions d’euros).
Huda Ammori, cofondatrice de ce groupe, a introduit un recours en justice pour contester son interdiction, qui a été critiquée aussi bien par des ONG de défense des droits humains que par le Conseil de l’Europe et le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU.
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Tout soutien à l’organisation est passible d’une sanction allant jusqu’à six mois de prison. Selon Defend Our Juries, plus de 2 000 personnes ont été arrêtées au cours des dizaines de manifestations organisées en soutien à l’organisation.
Greta Thunberg est la première personnalité de premier plan à être interpellée dans ce cadre. La police de Londres a également annoncé avoir arrêté deux autres personnes, pour des soupçons de « dommages criminels » sur un immeuble du quartier d’affaires de la City.
Selon Defend Our Juries, deux militants ont recouvert la façade du bâtiment abritant la compagnie d’assurances Aspen d’une peinture rouge sang, avant de s’enchaîner à l’entrée du bâtiment. Leur objectif était d’« attirer l’attention sur la complicité d’Aspen dans le génocide, de perturber ses activités et de fermer le bâtiment », a précisé le groupe. Cette société a été ciblée car elle fournit des services au groupe israélien Elbit Systems, selon Defend Our Juries.
Un ancien charcutier de Saint-Denis-de-Cabanne a saisi le tribunal de Roanne après la perte de son colis dans lequel se trouvait un foie gras conçu par ses soins et destiné à sa fille. Le retraité déplore le silence du transporteur.
Il n’a pas lâché l’affaire. Un habitant de Saint-Denis-de-Cabanne (Auvergne-Rhône-Alpes) a saisi la justice contre Chronopost. L’homme entend obtenir réparation après avoir vu l’un de ses colis disparaître au cours du mois de décembre 2024, révèle Le Progrès.
Un colis disparu
Georges Chevallard avait envoyé le 11 décembre de l’année dernière un foie gras réalisé par ses soins à sa fille, qui réside à Amiens. Parmi ses options d’envoi, il avait sélectionné Chronopost et s’est vu facturer 36 euros pour que cette dernière le reçoive rapidement, à savoir le lendemain avant 13 heures.
Sauf que le colis n’est jamais arrivé à bon port. La fille de cet ancien charcutier a découvert sur le suivi que le paquet se trouvait à Amiens, puis l’objet a disparu des radars.
Le retraité décide alors de riposter et passe un appel au transporteur. « On me dit qu’il prend en compte l’appel. Sans excuse, rien », affirme-t-il à nos confrères. Il envoie ensuite une lettre recommandée qui n’obtient aucune réponse.
« Une simple lettre d’excuse aurait suffi. Mais je n’ai aucune réponse. Et je ne supporte pas ce mépris. Ceux qui me connaissent savent que je ne lâche rien », assure-t-il.
Un dossier porté devant la justice
Preuve en est, le retraité est allé jusqu’à prendre rendez-vous avec un conciliateur de justice. La démarche n’a pas fait sortir Chronopost de son silence. Georges Chevallard s’est ensuite tourné vers une avocate et a saisi le tribunal de Roanne. Le transporteur ne sera pas présent à l’audience. La justice ne pourra que confirmer l’absence du colis sans qu’une preuve de son contenu ne puisse être avancée.
Un coup bas pour l’ancien charcutier. « Je me sens vexé et humilié par cette situation, où un citoyen ne peut finalement rien contre ces grosses entreprises qui sont toutes puissantes, y compris devant la loi », ajoute-t-il.
L’homme demande le remboursement de ses frais d’envoi et d’une somme choisie par Chronopost pour compenser le préjudice. Il prévoit de la reverser à une association. Cette péripétie lui aura permis de prendre une résolution pour la nouvelle année: « je vais passer par Colissimo », a-t-il déclaré.
« À l’heure des prédateurs, nous devons être forts pour être craints »: Emmanuel Macron annonce la construction d’un nouveau porte-avions{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>
Art Spiegelman, à Paris, le 20 mars 2012, avant le vernissage de son exposition « Art Spiegelman, co-mix », au Centre Pompidou. BERTRAND LANGLOIS / AFP
Alors qu’une exposition intitulée « Never again !.. And again… And again… » réunissant des dessins de Joe Sacco et Art Spiegelman autour du conflit entre Israël et le Hamas se poursuit jusqu’au 10 janvier 2026 à la galerie Martel à Paris (au profit de l’Unicef), il est frappant de voir à quel point Le Monde a accompagné chaque étape de la carrière du dessinateur américain comme aucun romancier graphique auparavant. Art Spiegelman effectue son entrée, en toute majesté, dans Le Monde du 27 novembre 1987, à l’occasion de la publication en France de Maus, son magnum opus.
C’est la patronne du « Monde des livres », Josyane Savigneau, qui prend alors la plume pour longuement expliquer l’événement littéraire que constitue ce roman graphique et autobiographique où les juifs sont dessinés comme des souris, les nazis comme des chats et les Polonais sous les traits de porcs. Dans Maus se trouve relatée l’odyssée des parents d’Art Spiegelman, tous deux rescapés d’Auschwitz, le suicide de la mère de l’auteur, ses relations difficiles avec son père, une histoire familiale complexe qui, au-delà de la Shoah, raconte les survivants et les fils de survivants. « C’était, écrit Josyane Savigneau, une entreprise périlleuse – dessiner l’holocauste ! – qu’Art Spiegelman a su mener avec une infinie délicatesse. »
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