Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie de Paris : « En matière de culture, impopulaire n’est pas le contraire de populaire »

Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie de Paris, en 2022. IRÈNE DE ROSEN

Presque un million et demi de spectateurs la saison dernière, une fréquentation en hausse – 95 % de taux de remplissage depuis septembre 2024 –, un public dont 10 % ont moins de 28 ans, une augmentation de 21 % des ressources propres : les voyants de la Philharmonie de Paris, inaugurée il y a dix ans, le 14 janvier 2015, sont dans le vert. Aboutissement d’une longue « guerre de trente ans », le dernier grand projet de François Mitterrand, dont la genèse, à coups de tergiversations, luttes de clans, sanctions économiques et débords budgétaires, témoigne des aléas de la puissance publique française en matière de politique musicale, est aujourd’hui considéré par tous comme un succès. Son directeur général, Olivier Mantei, fait le point au moment de présenter, début avril, sa nouvelle saison 2025-2026.

Lire la chronique : Article réservé à nos abonnés « L’histoire de la Philharmonie de Paris est typique d’une France qui râle, dézingue, avant d’oublier le fiel »

Quel bilan tirez-vous de cette première décennie de la Philharmonie ?

La Philharmonie, ce sont deux bâtiments qui jouent leur rôle : du belvédère qui domine Paris à la grotte qui jouxte le parc de La Villette, l’architecture porte en elle l’essence du projet, qui était d’en faire un « lieu de vie » – les premiers mots de Pierre Boulez, l’initiateur. Nous sommes aujourd’hui parvenus à une sorte d’accomplissement du projet initial, avec plus d’ancrage territorial, plus d’essaimage à l’extérieur, plus de transversalité entre les disciplines et les générations, plus de jeunes et d’accessibilité.

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Procès de Mehdi Nemmouche: le jihadiste condamné à la prison à perpétuité


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En direct, Proche-Orient : l’armée israélienne appelle à évacuer un quartier de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza

Un maire du nord d’Israël dénonce la « normalisation » des tirs à la frontière libanaise et appelle à « reprendre la guerre » avec le Hezbollah

Le maire de Metoula (), localité du nord d’Israël, a dénoncé samedi les tentatives du gouvernement israélien de « normaliser » la situation à la frontière entre Israël et le sud du Liban, d’où des roquettes ont été tirées sur la localité dans la matinée.

« L’armée, le commandement Nord et le gouvernement israélien tentent de normaliser. Nous ne les laisserons pas normaliser », a déclaré à l’Agence France-Presse David Azoulay, le président du conseil de cette localité de 2 400 habitants à la frontière nord d’Israël, qui avait été évacuée à cause de la menace du Hezbollah. « Nous devrions reprendre la guerre, même si une seule balle est tirée vers Israël » a-t-il jugé.

Une trêve a mis fin le 27 novembre 2024 à deux mois de guerre entre l’armée israélienne et le Hezbollah libanais, qui avait ouvert un front contre Israël le 8 octobre 2023, en soutien au Hamas. Depuis, seulement 8 % de la population est revenue à Metoula, a souligné l’élu, et certains habitants sont repartis samedi matin après les tirs de roquettes. Il a appelé les autorités israéliennes à « agir de manière offensive et à faire en sorte qu’aucune balle ne soit plus jamais tirée sur les communautés du nord » du pays.

L’armée israélienne a annoncé samedi avoir frappé « des dizaines de lanceurs de roquettes du Hezbollah » dans le sud du Liban, après avoir intercepté trois roquettes tirées de cette zone sur la région de Metoula. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le ministre de la défense, Israel Katz, avaient auparavant ordonné à l’armée de frapper « des dizaines de cibles terroristes » au Liban pour répondre à ces tirs, qui n’ont pas été revendiqués.

Selon un porte-parole militaire israélien, il s’agit des premiers tirs de roquettes en provenance du Liban sur Israël depuis l’entrée en vigueur de la trêve.

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Traversées de la Manche: 168 personnes secourues en une nuit dans le détroit du Pas-de-Calais

La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord annonce avoir secouru plus de 160 personnes au cours de la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 mars.

168 personnes, qui ont tenté une traversée de la Manche vers l’Angleterre, ont été secourues au cours de la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 mars, annonce la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

La première opération a eu lieu en début de soirée jeudi. Dans le secteur des dunes de la Slack (Pas-de-Calais), une embarcation a été victime d’une panne. Les 62 migrants présents à bord ont demandé à « être secourus » et ont été déposés sur le port de Boulogne-sur-Mer.

Une personne inconsciente héliportée

Un autre sauvetage a eu lieu dans la même zone. À leur arrivée, les secours ont découvert 35 personnes qui demandaient une assistance à bord, « dont deux blessés et une personne inconsciente ». Cette dernière a été héliportée vers l’hôpital de Boulogne-sur-Mer, tandis que les autres migrants secourus ont été ramenés sur la terre ferme.

« En parallèle, le reste des personnes à bord de l’embarcation de migrants ne demandant pas d’assistance, continue sa route, demeurant sous la surveillance des moyens français », ajoute la préfecture.

Une « embarcation précaire » a ensuite été signalée au « milieu de la nuit » dans le secteur de Cran-Poulet. 63 personnes ont été secourues et ramenées au port de Boulogne-sur-Mer.

« Enfin, en milieu de nuit également, au large de Dunkerque », huit personnes ont été prises en charge par les secours et ramenés sur la côte de Calais. Le reste des passagers ont fait le choix de poursuivre leur route « sans demander assistance ».

Au total, le bilan humain est de « 168 personnes secourues dont trois personnes blessées prises en charge par les services de secours terrestres et l’hôpital de Boulogne-sur-Mer », conclut la préfecture.

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Le Danemark conseille aux personnes transgenres de se renseigner avant de se rendre aux États-Unis

La diplomatie danoise conseille ce vendredi aux voyageurs transgenres à destination des États-Unis de se renseigner avant leur départ.

Le ministère des Affaires étrangères danois a annoncé ce vendredi 21 mars avoir actualisé ses conseils aux voyageurs transgenres à destination des États-Unis, leur conseillant de se renseigner avant le départ.

« Si vous avez la mention de genre X sur votre passeport ou si vous avez changé de sexe, il est recommandé de contacter l’ambassade américaine avant le voyage pour confirmer les règles applicables », a indiqué la diplomatie danoise dans un communiqué.

« Nous craignons que des personnes soient arrêtées »

Dans son discours d’investiture, Donald Trump avait affirmé que les États-Unis ne reconnaîtraient plus que « deux sexes, masculin et féminin » définis à la naissance, ce qui supprimerait le genre « X », pour les personnes se reconnaissant comme non binaires.

Inquiète des conséquences de cette politique sur les voyageurs, l’association LGBT+ Danemark a expliqué à la chaîne Radio IIII avoir contacté le ministère des affaires étrangères pour lui demander de modifier les conseils aux voyageurs.

« Nous craignons que des personnes soient arrêtées à l’aéroport et se voient refuser l’entrée, ou qu’elles soient exposées à quelque chose d’inapproprié et d’inconfortable à l’aéroport », a expliqué l’une des responsables de l’association, Susanne Branner Jespersen.

Depuis le début de son deuxième mandat, le président américain cible les personnes transgenres, notamment en voulant les expulser de l’armée, en empêchant les athlètes transgenres de participer à des épreuves sportives féminines ou en voulant restreindre les procédures de transition de genre pour les moins de 19 ans.

D’après la diplomatie danoise, aucun Danois n’a été refoulé à l’entrée des États-Unis depuis l’entrée en fonction de la nouvelle administration américaine en janvier.

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Elisabeth Borne évoque « une forme de #MeToo scolaire » avec l’affaire Bétharram

La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Elisabeth Borne, après une réunion avec le porte-parole des victimes de l’école de Bétharram, à Paris, le 20 mars 2025. JULIEN DE ROSA / AFP

La ministre de l’éducation, Elisabeth Borne, a estimé, samedi 22 mars, que l’on vivait « une forme de #MeToo scolaire » avec l’affaire Bétharram, qui a libéré la parole sur la violence dans les établissements catholiques. « La parole se libère mais il faut aller chercher cette parole », a affirmé la ministre dans un entretien au Parisien.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Affaire de Bétharram : l’éducation nationale veut renforcer le système de signalement dans l’enseignement privé

Elle a annoncé cette semaine un plan pour renforcer les contrôles dans les établissements privés sous contrat et y remonter désormais « systématiquement » les faits de violences. « J’ai été surprise d’entendre le secrétaire général de l’enseignement catholique dire que toutes les remontées d’informations sur les faits de violences étaient faites entre les établissements privés et les équipes académiques. Ce n’est pas le cas », a-t-elle ajouté.

Revenant, par ailleurs, sur les désaccords au sein du gouvernement sur le port du voile dans le sport, qui l’ont opposée à ses collègues de la justice, Gérald Darmanin, et de l’intérieur, Bruno Retailleau, la ministre estime n’avoir « aucune leçon à recevoir de personne sur les sujets liés à la laïcité ».

Refus « des réponses simplistes »

« Je dis qu’il faut interdire le port de signes religieux dans les compétitions sportives. Mais il faut que l’on prenne ce problème dans sa globalité, poursuit Mme Borne. Au-delà des interdictions, il est donc important que l’on agisse pour lutter contre la progression de l’entrisme dans la société. » « Il ne faut pas confondre le bruit médiatique et l’action que l’on mène pour faire avancer le pays », dit-elle encore, fustigeant « des réponses toutes faites et des slogans ». « Je m’attache aussi à incarner, à porter la voix de ce bloc central qui refuse des réponses simplistes. »

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Concernant la polémique autour de l’annulation d’une commande de 800 000 exemplaires d’une version revisitée du conte « La Belle et la Bête » pour les élèves de CM2, illustrée par l’auteur de bande dessinée Jul, la ministre estime que « ses propos sont diffamatoires » mais qu’elle « ne souhaite pas en arriver » à une plainte.

Le dessinateur Jul a crié à la « censure ». « Le “grand remplacement” des princesses blondes par des jeunes filles méditerranéennes serait-il la limite à ne pas franchir pour l’administration versaillaise du ministère ? », s’est-il notamment interrogé.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le dessinateur Jul dénonce une censure de « La Belle et la Bête » par l’éducation nationale, un conte promis en juin aux élèves de CM2

Le Monde avec AFP

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« C’est un combat qui commence »: les ex-otages de Mehdi Nemmouche réagissent à la condamnation du jihadiste

Nicolas Hénin et Didier François, journalistes français qui avaient Mehdi Nemmouche pour geôlier en Syrie, ont pris la parole ce vendredi 21 mars à l’issue du procès qui a vu le jihadiste être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Pour Nicolas Hénin, c’est « la conclusion d’une page qui s’est ouverte il y a une douzaine d’années », lorsqu’il était détenu comme ses confrères par le groupe État islamique en Syrie avec Mehdi Nemmouche comme geôlier. Peu après la condamnation du jihadiste à la réclusion criminelle à perpétuité, une peine assortie d’une période de sûreté de 22 ans, le journaliste français réagissait ce vendredi 21 mars au verdict de la cour d’assises spéciale de Paris.

« C’était un procès exceptionnel à tous les niveaux. Il a été très bien mené », a pour sa part déclaré Didier François. Lui aussi avait identifié Mehdi Nemmouche comme son ancien geôlier après l’attaque du musée juif de Bruxelles perpétrée par celui-ci en 2014. « La conclusion correspond complètement aux débats que nous avons eus ».

Après ce verdict, Mehdi Nemmouche n’a pas montré la moindre réaction. Une attitude qui « n’a pas étonné » Didier François. « C’est très cohérent avec la façon dont il mène sa défense depuis le départ », a-t-il estimé.

Interrogé sur l’éventualité de la formulation d’un appel par le jihadiste, Didier François a affirmé voir dans cette possibilité la « force » et « l’honneur » du système judiciaire français. « La justice français lui donne le droit de faire appel, ce qui n’était pas le cas du système carcéral et répressif de l’État islamique. »

« Un combat qui commence » pour Nicolas Hénin

Pour Nicolas Hénin, le verdict rendu marque la fin du procès, mais c’est également pour lui « un combat qui commence ».

« Des propos extrêmement toxiques ont été tenus à la barre et tout l’engagement que j’ai eu ces dernières années pour la prévention de la radicalisation, la prévention du terrorisme et des discours de haine prend son sens aujourd’hui », a poursuivi le journaliste. « Je quitte cette salle d’audience plus convaincu que jamais de la nécessité de cet engagement. »

Le journaliste faisait en particulier référence aux propos tenus dans la matinée par Mehdi Nemmouche dans le box. Pendant une dizaine de minutes, il s’est lancé dans une diatribe contre les pays occidentaux, « des propos qui sont de fait beaucoup plus biberonnés à la propagande russe qu’à celle de l’État islamique » aux yeux de Nicolas Hénin.

« Oui j’ai été un terroriste et je ne m’en excuserai jamais, je ne regrette pas un jour, pas une heure, pas un acte », a également déclaré Mehdi Nemmouche. « Il a poursuivi son jihad à la barre, il compte le poursuivre désormais en détention », a ainsi mis en garde Nicolas Hénin.

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A Istanbul, la mobilisation s’amplifie en soutien au maire, qui dénonce des accusations « sans fondement »

Manifestation contre l’arrestation d’Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul, le 22 mars 2025. MURAD SEZER / REUTERS

Les partisans d’Ekrem Imamoglu ne désarment pas. En Turquie, pour le quatrième soir consécutif, les soutiens du maire d’Istanbul, interpellé, mercredi, à son domicile pour « corruption » et « terrorisme », ont déferlé, samedi 22 mars, par dizaines de milliers devant l’hôtel de ville.

La foule est apparue encore plus nombreuse que les jours précédents, prenant d’assaut les rames de métro et les abords de l’hôtel de ville, congestionnés, en agitant des drapeaux et des pancartes exprimant sa colère : « Les dictateurs sont des lâches ! », « L’AKP [le parti au pouvoir] ne nous fera pas taire ».

Le maire a été amené en début de soirée avec quatre-vingt-neuf de ses coaccusés dans un palais de justice en état de siège, protégé par des dizaines de fourgons antiémeutes et un solide cordon de policiers, pour y être présenté à un procureur. Selon ses avocats, son audition dans le volet « terrorisme » de l’accusation, qui a duré « six heures », est terminée et l’autre a commencé. « M. Imamoglu a nié toutes les charges retenues dans un document de 121 pages », ont encore déclaré ses conseils, déplorant que les droits de la défense ainsi que « le droit à un procès équitable [aient] été violés ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, marque l’entrée de la Turquie dans une nouvelle ère autoritaire

Malgré les restrictions d’accès, plus d’un millier de personnes, selon l’Agence France-Presse (AFP), se pressaient dans la nuit aux abords du tribunal de Caglayan. « Les gens ne sont pas là uniquement pour Imamoglu, mais pour défendre leurs droits, justifie Elif Cakir, un étudiant de 18 ans. La Constitution nous accorde le droit de manifester et de nous réunir, mais on nous l’interdit. » « Nous ne sommes pas les ennemis de l’Etat mais ce qui se passe est illégal », estime également Aykut Cenk, 30 ans, en agitant un drapeau turc.

Les accusations de « soutien au terrorisme » portées contre l’édile de 53 ans, principal opposant au président Recep Tayyip Erdogan, pourraient lui valoir une incarcération et son remplacement par un administrateur nommé par l’Etat.

Des soutiens au maire d’Istanbul devant le palais de justice de Caglayan, à Istanbul, le 22 mars 2025. EMRAH GUREL / AP

Selon une déclaration transmise, samedi, par la municipalité de la métropole turque, le maire d’Istanbul a dénoncé devant la police des « accusations immorales et sans fondement (…), allant des rapports fabriqués au calendrier des enquêtes, [qui] visent à saper ma réputation et ma crédibilité ». « Ceux qui sont derrière cette stratégie devront répondre de leurs actes devant les tribunaux. Je porterai plainte contre les personnes et les institutions impliquées », a-t-il prévenu.

« Non seulement cette procédure nuit à la réputation internationale de la Turquie, mais elle brise aussi la confiance dans la justice et dans l’économie », a ajouté M. Imamoglu. L’indice vedette de la Bourse d’Istanbul a baissé de plus de 16,5 % cette semaine, une chute inédite depuis 2008 selon des analystes. Le maire a également dit « ressentir la force de millions de personnes » qui le soutiennent : « Quoi qu’il arrive, je lutterai pour la justice et la vérité par les moyens légaux jusqu’à la fin de ma vie. »

« Ce soir, l’histoire s’écrira ici, à Istanbul »

S’adressant à la foule massée devant l’hôtel de ville, le président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), la plus importante formation de l’opposition turque – dont est issu M. Imamoglu – a assuré qu’ils étaient « plus d’un demi-million » et encore autant au loin qui ne pouvaient s’approcher. Özgür Özel a juré de « défendre Saraçhane [la mairie], de défendre le président Ekrem et de marcher sur [le tribunal] si nécessaire ».

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« Ce soir, l’histoire s’écrira ici, à Istanbul. Ne vous y opposez pas », a-t-il lancé aux policiers déployés en nombre. Les forces de l’ordre ont néanmoins donné la charge peu après minuit (22 heures à Paris), usant de gaz lacrymogènes en grandes quantités, obligeant ceux qui le pouvaient à se réfugier dans l’hôtel de ville. Selon des journalistes de l’AFP, de nombreuses personnes ont été arrêtées, mais aucune donnée officielle n’a été immédiatement disponible.

Confrontation entre la police et des manifestants, à Istanbul, le 22 mars 2025. KEMAL ASLAN / AFP Des manifestants se heurtent à la police antiémeute turque, qui utilise des gaz lacrymogènes et des canons à eau lors d’une manifestation contre l’arrestation du maire d’Istanbul, à Ankara, le 21 mars 2025. ADEM ALTAN / AFP

A Ankara, la capitale, les manifestants ont également été repoussés par des spray de gaz poivré et les canons à eau et à Izmir, troisième ville du pays, la police a bloqué des étudiants qui tentaient de marcher sur les locaux du parti AKP au pouvoir.

Le président Erdogan, prenant la parole devant des membres de son parti, a accusé l’opposition de faire « depuis quatre jours tout son possible pour perturber la paix de la nation et diviser notre peuple ». Le gouvernorat d’Istanbul a prolongé jusqu’au 26 mars l’interdiction de rassemblement en vigueur depuis mercredi et imposé de nouvelles restrictions d’entrée en ville aux personnes « susceptibles » de participer à des rassemblements, sans préciser comment il les mettrait en œuvre.

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Au total, des rassemblements se sont tenus depuis mercredi dans au moins cinquante-cinq des quatre-vingt-une provinces turques, selon un décompte de l’AFP. Après la mobilisation imposante de vendredi, la police a procédé à 343 arrestations, a annoncé, samedi, le ministre de l’intérieur, Ali Yerlikaya.

Ces arrestations ont eu lieu dans neuf villes du pays, dont Istanbul, Izmir (Ouest), Ankara, la capitale, Edirne et Çanakkale (Nord-Ouest), Adana et Antalya (Sud), témoignant de l’ampleur de la contestation. « Ceux qui cherchent le chaos et la provocation ne seront pas tolérés », a mis en garde le ministre, sur X.

M. Imamoglu devait être désigné, dimanche, comme le candidat de son parti à la présidentielle, prévue en 2028. Le CHP a décidé de maintenir l’organisation de cette primaire et appelé tous les Turcs, même non inscrits au parti, à y prendre part.

Dans un message posté sur X par ses avocats, Ekrem Imamoglu a remercié ses concitoyens, descendus par dizaines de milliers dans les rues, pour leur mobilisation. « Vous défendez notre république, la démocratie, l’avenir d’une Turquie juste et la volonté de notre nation », a-t-il écrit.

Le Monde avec AFP

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Les « stars » de l’industrie pharmaceutique pendant la crise due au Covid-19 recherchent un nouveau souffle

Des flacons du vaccin Moderna contre le Covid-19 sont contrôlés sur une chaîne de production de l’usine Recipharm, à Monts (Indre-et-Loire), le 22 avril 2021. GUILLAUME SOUVANT/AFP

Printemps 2020. Alors que le monde se barricade sous la menace du SARS-CoV-2, l’industrie pharmaceutique commence une course effrénée à la recherche d’un remède au virus. Le moment est inédit. Jamais, dans un temps aussi court, autant de laboratoires, petits ou grands, sur tous les continents, ne s’étaient lancés dans une même quête. Les chances de réussite sont minces : plus de neuf candidats-médicaments sur dix échouent, en moyenne, lors de leur développement. Mais l’urgence sanitaire prévaut. Surtout, les laboratoires savent qu’en cas de succès, ils rafleront gloire et fortune.

De fait, avec près de huit milliards de clients potentiels et aucune solution thérapeutique à l’horizon, difficile alors d’imaginer un marché plus attrayant. Et, sans surprise, la pandémie s’est révélée extrêmement lucrative pour les industriels les plus vernis. Une brève plongée dans les comptes de Pfizer, de BioNTech et de Moderna, les trois principales vedettes de cette épopée anti-Covid-19, suffit pour en mesurer l’ampleur. Depuis 2020, les ventes de vaccins et de traitements contre le virus ont rapporté aux trois laboratoires plus de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

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