Définition pénale du viol : les députés intègrent la notion de non-consentement de la victime dans la loi

Lors d’une manifestation à l’appel de plusieurs associations féministes, près de l’Assemblée nationale, à Paris, le 1ᵉʳ avril 2025. KIRAN RIDLEY / AFP

Les députés ont accepté, mardi 1er avril, de modifier la définition pénale du viol en adoptant en première lecture une proposition de loi intégrant le non-consentement de la victime. Le texte, transpartisan et soutenu par le gouvernement, a été adopté par 161 voix pour et 56 voix contre. Les députés du Rassemblement national (RN), du groupe ciottiste UDR, et certains députés socialistes s’y sont opposés.

« Je crois que ce soir, collectivement, nous avons acté que nous passions de la culture du viol à la culture du consentement, s’est félicitée la co-rapporteure écologiste, Marie-Charlotte Garin (Rhône). C’est une première pierre que nous lançons dans le mur de l’impunité. »

La mesure ne fait toutefois pas consensus. Certains opposants craignent qu’inclure le non-consentement à la définition pénale du viol conduise à centrer l’enquête sur l’attitude de la victime. Ses défenseurs pour leur part le contestent, arguant que cette modification permettrait d’inclure des situations mal couvertes aujourd’hui, comme l’état de sidération, les moments d’emprise et de coercition, ou l’exploitation d’une vulnérabilité des victimes. Tout en envoyant un signal fort, quelques mois après le procès des viols de Mazan.

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« Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’agresseur croit, c’est ce que la victime veut », a martelé la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé. « Le consentement est partout dans la procédure judiciaire, mais il est absent de la loi française », qui en l’état actuel, « ne permet pas suffisamment de sanctionner les agresseurs », a argumenté la députée macroniste du Rhône, Véronique Riotton, également co-rapporteure du texte.

Un « élément clé »

La proposition de loi, issue d’une mission d’information parlementaire de plusieurs mois, devra maintenant être étudiée au Sénat. Elle redéfinit l’article du code pénal portant sur l’ensemble des agressions sexuelles, dont le viol.

Ce dernier, selon le texte actuel, est défini par « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise ». La proposition entend redéfinir ces agressions comme « tout acte sexuel non consenti », et précise ce qu’est ou n’est pas le consentement, afin d’aiguiller les enquêteurs et les juges.

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« Le consentement est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il est apprécié au regard des circonstances environnantes », propose d’établir le texte. « Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime », ajoute-t-il. Enfin, il précise qu’« il n’y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise », quatre modalités déjà présentes dans le code pénal.

Toutes les formulations ont été validées par le Conseil d’Etat, dont les suggestions ont été entièrement reprises par les co-rapporteures. Dans son avis début mars, il a estimé que « le principal apport de la proposition de loi » serait de « consolider (…) les avancées de la jurisprudence », qui considère déjà le défaut de consentement « comme un élément clé ». Mais qui ne s’applique pas partout de manière égale, pointe Marie-Charlotte Garin.

Le consentement dans la loi en Espagne, en Suède ou au Danemark

L’extrême droite s’est opposée à l’initiative. « La définition actuelle du viol est déjà suffisamment précise », a déclaré Sophie Blanc (RN, Pyrénées-Orientales). Le droit pénal « n’a pas vocation à s’aligner sur l’opinion ou la douleur, aussi légitimes soient-elles », a renchéri Sophie Vaginay-Ricourt (UDR, Alpes-de-Haute-Provence).

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Le groupe socialiste, divisé, avait lui opté pour une liberté de vote. Si vingt et un députés socialistes ont voté pour, neuf s’y sont opposés, dont Céline Thiébault-Martinez (Seine-et-Marne), selon laquelle « personne ne peut dire que cette proposition de loi aura l’effet attendu, à savoir une meilleure reconnaissance des victimes ». Elle redoute que l’initiative ne « pénalise encore plus les victimes », qui se trouveront interrogées « d’abord et avant tout sur leur consentement ».

Un argument balayé par Mme Garin, pour qui l’introduction du consentement dans la loi « n’a jamais » mis la victime « au cœur des audiences », dans les pays qui l’ont fait, citant l’Espagne, la Suède ou le Danemark.

Lire aussi le décryptage | Article réservé à nos abonnés Définition du viol : l’ajout de la notion de consentement dans la loi fait débat

« Demain, ce sera l’auteur qui devra démontrer par des actes positifs qu’il s’est assuré du consentement, et l’enquête devra porter sur ce qu’il a compris, ce qu’il a perçu, ce qu’il a fait pour s’assurer de l’accord de l’autre », a abondé le ministre de la justice, Gérald Darmanin. Sans toutefois que le texte n’impose « d’obligation de preuve positive, comme on signerait un contrat », a-t-il ajouté.

Près de l’Assemblée nationale, quelques dizaines de femmes se sont rassemblées dans l’après-midi à l’appel de mouvements féministes. Il est « important de montrer qu’une partie des féministes est avec les parlementaires », a estimé Sarah Durocher, présidente du Planning familial, pour qui le texte reflète « un changement de mentalité ».

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Le Monde avec AFP

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Droits de douanes américains: le détail des annonces de Donald Trump pays par pays

Donald Trump a annoncé liste des pays qui seront taxés, suite à la signature d’un décret instituant « des droits de douane réciproques » sur les importations des États-Unis. Par conséquent, les produits étrangers seront visés par au moins 10% de droits de douane, appliquable dès le 5 avril.

Le président américain Donald Trump a annoncé ce mercredi 2 avril au soir des droits de douane massifs sur les produits entrant aux États-Unis. Il y aura désormais un droit de douane plancher de 10% sur toutes les importations, auquel s’ajoutent des surtaxes pour certains pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.

Ces surtaxes sont calculées de manière à refléter aussi les barrières dites non tarifaires mises par ces pays à l’entrée de produits américains, par exemple des réglementations sanitaires et des normes environnementales.

Les nouvelles taxe sont prévues en deux temps, a précisé un responsable de la Maison Blanche à la presse: le 5 avril à 6h01 (heure française) pour les droits de douane d’au moins 10% sur tous les produits entrant aux États-Unis, et le 9 avril à 6h01 pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l’Union européenne.

À l’issue de cette annonce, la Maison Blanche a dévoilé sur la plateforme X la grille de tous le pays qui seront concernés par cette taxe exceptionnelle, là voici:

  • Chine: 34%
  • Union Européenne: 20%
  • Vietnam: 46%
  • Taiwan: 32%
  • Japon: 24%
  • Inde: 26%
  • Corée du Sud: 25%
  • Thaïlande: 36%
  • Suisse: 31%
  • Indonésie: 32%
  • Malaise: 24%
  • Cambodge: 49%
  • Royaume-Uni: 10%
  • Afrique du Sud: 30%
  • Brésil: 10%
  • Bangladesh: 37%
  • Singapour: 10%
  • Israël: 17%
  • Phillipines: 17%
  • Chili: 10%
  • Australie: 10%
  • Pakistan: 29%
  • Turquie: 10%
  • Sri Lanka: 44%
  • Colombie: 10%
  • Pérou: 10%
  • Nicaragua: 36%
  • Norvège: 30%
  • Cost Rica: 17%
  • Jordanie: 20%
  • République dominicaine: 10%
  • Les Émirats arabes unis: 10%
  • Nouvelle-Zélande: 10%
  • Argentine: 10%
  • Équateur: 10%
  • Guatemala: 10%
  • Honduras: 10%
  • Madagascar: 47%
  • Birmanie: 44%
  • Tunisie: 28%
  • Kazakhstan: 27%
  • Serbie: 37%
  • Égypte: 10%
  • Arabie Saoudite: 10%
  • Salavador: 10%
  • Côte d’ivoire: 21%
  • Laos
  • Botswana
  • Trinité-et-Tobago: 10%
  • Maroc: 10%
  • Algérie: 30%
  • Oman: 10%
  • Uruguay: 10%
  • Bahamas: 10%
  • Lesotho: 50%
  • Ukraine: 10%
  • Bahreïn: 10%
  • Qatar: 10%
  • Mauritanie: 40%
  • Fidgi: 32%
  • Islande: 10%
  • Kenya: 10%
  • Liechtenstein: 37%
  • Guyane: 38%
  • Haïti: 10%
  • Bosnie-Herzégovine: 35%
  • Niger: 14%
  • Namibie: 21%
  • Brunei: 24%
  • Bolivie: 10%
  • Panama: 10%
  • Venezuela: 15%
  • Macédoine du Nord: 33%
  • Éthiopie: 10%
  • Ghana: 17%
  • Moldavie: 31%
  • Angola: 32%
  • République démocratique du Congo: 11%
  • Jamaïque: 10%
  • Mozambique: 16%
  • Zambie: 17%
  • Liban: 10%
  • Tanzanie: 10%
  • Iraq: 39%
  • Géorgie: 10%
  • Sénégal: 10%
  • Azerbaïdjan: 10%
  • Cameroun: 11%
  • Ouganda: 10%
  • Albanie: 10%
  • Arménie: 10%
  • Népal: 10%
  • Sint Maarten: 10%
  • Îles Falkland: 41%
  • Gabon: 10%
  • Koweït: 10%
  • Togo: 10%
  • Suriname: 10%
  • Belize: 10%
  • Nouvelle-Guinée: 10%
  • Malawi: 17%
  • Libéria: 10%
  • Îles Vierges britanniques: 10%
  • Afghanistan: 10%
  • Zimbabwe: 18%
  • Bénin: 10%
  • L’île de la Barbade: 10%
  • Monaco: 10%
  • Syrie: 41%
  • Ouzbékistan: 10%
  • République du Congo: 10%
  • Djibouti: 10%
  • Polynésie française: 10%
  • Îles Caïmans: 10%
  • Kosovo: 10%
  • Curaçao: 10%
  • Vanuatu: 22%
  • Rwanda: 10%
  • Sierra Leone: 10%
  • Mongolie: 10%
  • San Marino: 10%
  • Antigua-et-Barbuda: 10%
  • Bermudes: 10%
  • Eswatini: 10%
  • Îles Marshall: 10%
  • Saint-Pierre-et-Miquelon: 50%
  • Saint-Christophe-et-Niévès: 10%
  • Turkmenistan: 10%
  • Grenade: 10%
  • Soudan: 10%
  • Îles Turks et Caïques: 10%
  • Aruba: 10%
  • Monténégro: 10%
  • Saint Helena: 10%
  • Kirghizistan: 10%
  • Yémen: 10%
  • Saint-Vincent et les Grenadines: 10%
  • Niger: 10%
  • Sainte-Lucie : 10%
  • Nauru: 59%
  • Guinée équatoriale: 13%
  • Iran: 10%
  • Libye: 31%
  • Samoa: 110%
  • Guinée: 10%
  • Timor-Leste: 10%
  • Montserrat: 10%
  • Tchad: 13%
  • Mali: 10%
  • Maldives: 10%
  • Tadjikistan: 10%
  • Cap-Vert: 10%
  • Burundi: 10%
  • Guadeloupe: 10%
  • Bhutan: 10%
  • Martinique: 10%
  • Tonga: 10%
  • Mauritanie: 10%
  • Dominique: 10%
  • Micronésie: 10%
  • Gambie: 10%
  • Guyane française: 10%
  • Île Christmas: 10%
  • Andorre: 10%
  • République centrafricaine: 10%
  • Îles Salomon: 10%
  • Mayotte: 10%
  • Anguilla: 10%
  • Îles Cocos: 10%
  • Érythrée: 10%
  • Îles Cook: 10%
  • Soudan du Sud: 10%
  • Comores: 10%
  • Kiribati: 10%
  • Sao Tomé-et-Principe: 10%
  • Île Norfolk: 58%
  • Gibraltar: 10%
  • Tuvalu: 10%
  • Territoire britannique de l’océan Indien: 10%
  • Tokelau: 10%
  • Guinée-Bissau: 10%
  • Svalbard et Jan Mayen: 10%
  • Îles Heard-et-MacDonald: 10%
  • La Réunion: 37%

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Rachida Dati impliquée dans une altercation verbale qui a provoqué la suspension de l’examen de la réforme de l’audiovisuel public

La ministre de la culture, Rachida Dati, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 18 mars 2025. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

Un « grave » incident pour des députés de gauche, un simple « échange vif », selon l’entourage de Rachida Dati. L’examen, en commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, du projet de rapprochement des entreprises de l’audiovisuel public a dû être suspendu, mardi 1er avril au soir, après un accrochage impliquant la ministre de la culture et une fonctionnaire.

D’après Le Figaro, le ton est monté lorsque Mme Dati a souhaité déposer un amendement jugé irrecevable par l’administratrice de l’Assemblée nationale, qui lui en a exposé, hors caméra, les raisons. La présidente de la commission des affaires culturelles, la socialiste Fatiha Keloua Hachi, évoque alors la « prise à partie » de la fonctionnaire durant cette pause, ce que la ministre de la culture conteste.

« Je ne peux tolérer ce type de comportement » et « ai décidé de suspendre l’examen de ce texte » de réforme de la gouvernance de l’audiovisuel public, a annoncé Mme Keloua Hachi, alors que les débats avaient débuté dans l’après-midi et qu’un millier d’amendements restaient au menu.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Réforme de la gouvernance de l’audiovisuel public : Rachida Dati repart au combat

La décision de suspendre l’examen du texte est « politique » car la gauche n’obtenait pas les votes voulus, a prétendu à l’Agence France-Presse (AFP) l’entourage de la ministre, qui récuse toute insulte. Le gouvernement venait de déposer des amendements de dernière minute, pratique contre laquelle la gauche s’était élevée. Mais, selon la même source, ceux-ci étaient « une réponse à l’obstruction massive de la gauche ».

La reprise des débats initialement prévue mercredi après-midi est incertaine. « Si cette réforme n’intervient pas, l’affaiblissement sera inévitable » face à la concurrence des plateformes notamment, avait martelé la ministre en ouvrant les échanges.

Deuxième journée de grève

Déjà validée en première lecture au Sénat en 2023, la proposition de loi portant la réforme prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait France Télévisions, Radio France, l’Institut national de l’audiovisuel (INA), sous l’autorité d’un président ou d’une présidente. Contrairement aux plans initiaux, France Médias Monde, branche internationale de l’audiovisuel public français (RFI, France 24), pourrait être exclue de cette holding. C’est ce que préconise finalement le gouvernement, dans une évaluation de la réforme consultée par l’AFP, et c’est ce qui a été voté par amendement avant l’arrêt de la réunion.

Le projet d’origine prévoyait au départ une fusion des sociétés, dans une sorte de BBC à la française, mais il a été interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale à la mi-2024. Aujourd’hui, « cette réforme n’est pas un projet de fusion » et elle « ne se fera pas contre l’intérêt des salariés », a affirmé Rachida Dati, entre 15 000 et 16 000 postes étant concernés.

Lire aussi | Radio France et France Télévisions en grève pendant deux jours contre la réforme de l’audiovisuel public

Mardi en début d’après-midi, plusieurs centaines d’opposants au projet se sont rassemblés près du Palais-Bourbon. « La holding ressemble furieusement à une fusion. Ça nous promet des années et des années de souffrance », a lancé au micro Matthieu Darriet, du Syndicat national des journalistes (SNJ) de Radio France. « L’objectif est de faire des économies », a renchéri Pierre Mouchel, délégué central CGT à France Télévisions.

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Comme la première, lundi, une deuxième journée de grève dans les entreprises concernées a surtout eu des conséquences à Radio France. Selon le SNJ, 72 % des journalistes étaient en grève. A France Télévisions, dont la présidente, Delphine Ernotte-Cunci, soutient le projet, le taux de grévistes était de 9 % sur la journée, d’après la direction. Des préavis avaient également été déposés à France Médias Monde et à l’INA.

Calendrier serré

L’arrivée de la réforme à l’Assemblée nationale est programmée le 10 avril, mais elle pourrait être décalée en raison de l’examen préalable d’un autre texte sur la simplification de la vie économique. Au début de mars, Rachida Dati a confié à Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France, une « mission d’accompagnement » sur le projet, dont les conclusions sont attendues dans les prochaines semaines.

La note d’évaluation de la réforme par le gouvernement évoque la création de nouvelles filiales par la société mère France Médias : Franceinfo pour des coopérations plus poussées entre radio et télé et Ici pour réunir les réseaux régionaux.

Rachida Dati espère une adoption définitive à l’été. Le calendrier est serré pour ce texte soutenu par les macronistes et la droite. Le Rassemblement national souhaite, lui, à terme, une privatisation pure et simple de l’audiovisuel public.

Le Monde avec AFP

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« Un angle mort »: l’Assemblée adopte un texte pour renforcer le contrôle d’un gouvernement démissionnaire

L’Assemblée nationale a adopté ce mercredi à l’unanimité une proposition de loi pour renforcer le contrôle d’un gouvernemen démissionnaire, un cas qui s’est présenté à deux reprises en 2024.

Les députés ont adopté ce mercredi 2 avril à l’unanimité une proposition de loi visant à renforcer le contrôle par le Parlement d’un gouvernement démissionnaire chargé d’expédier les affaires courantes, un cas de figure qui s’est répété par deux fois l’année dernière.

Ces périodes ont duré « 67 jours » dans le cas du gouvernement Attal après les législatives anticipées, puis « près de trois semaines » pour le gouvernement Barnier après le vote d’une motion de censure, a rappelé en ouverture des débats la députée écologiste Léa Balage El Mariky, porteuse de l’initiative.

« De nombreuses décisions prises au cours de cette période touchaient aux libertés publiques. Nous avons été tout au plus informés par voie de presse. Nous ne pouvions pas, en tant que parlementaires, laisser perdurer un tel angle mort », a-t-elle affirmé.

Fait rare, le texte a été adopté en première lecture avec les voix de députés de l’ensemble des groupes politiques.

« Gouverner, c’est prévoir »

Il permet aux présidents de l’Assemblée et du Sénat, ainsi qu’aux présidents des commissions permanentes et des groupes parlementaires, « de saisir le juge administratif contre des décisions qui outrepasseraient le cadre strict de l’expédition des affaires courantes et urgentes », a expliqué Léa Balage El Mariky.

Des débats ont eu lieu dans l’hémicycle pour savoir si ce droit devait être étendu à davantage de parlementaires.

« Le gouvernement considère bienvenu et légitime le souci que vous exprimez de renforcer les mécanismes de contrôle parlementaire dans de telles périodes spécifiques », a déclaré Sophie Primas, ministre déléguée auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement.

Mais elle a mis en garde, en cas d’extension trop large, contre un « risque de contestation systématique des actes du gouvernement devant un juge administratif pour des raisons purement politiques ».

Le Rassemblement national avait proposé que des groupes de « 60 députés et 60 sénateurs » puissent effectuer un recours, quand La France insoumise, notamment, plaidait pour un droit individuel de chaque élu. Des amendements rejetés.

Un autre amendement LFI, lui adopté, prévoit de garantir aux assemblées parlementaires « la possibilité pour les députés et sénateurs de poser des questions écrites et orales au Gouvernement » dans de telles périodes.

Le texte prévoit également que l’Assemblée et le Sénat soient « informés des mesures prises par le gouvernement » démissionnaire, via la transmission « sans délai » des ordonnances, décrets, textes réglementaires pris par les ministres et nominations sensibles. Et qu’ils peuvent « requérir toute information complémentaire ».

« Espérons que nous ne reconnaîtrons pas prochainement une période aussi longue » que 67 jours d’affaires courantes, a déclaré le député Les Républicains Philippe Gosselin. « Mais gouverner, c’est prévoir. »

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Droits de douane américain: Giorgia Meloni dénonce « une mauvaise mesure »


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En Espagne, l’école fait l’impasse sur la guerre civile ou la dictature de Franco

LETTRE DE MADRID

Au mausolée de la vallée de Cuelgamuros, lequel servit de tombe à Franco jusqu’en 2019 et où plus de 30 000 combattants des deux camps de la guerre civile sont enterrés, à San Lorenzo de El Escorial (Espagne), le 27 mars 2025. SUSANA VERA / REUTERS

Cet hiver, Léo, 13 ans, collégien de la banlieue ouest de Madrid, est revenu d’un voyage scolaire avec une foule de questions sur le général Franco et la dictature qu’il imposa à son pays de 1936 à 1975. « Mon copain Alvaro m’a raconté qu’en réalité, ce sont les républicains qui ont commencé la guerre et que Franco [dont la tentative de coup d’Etat militaire en juillet 1936 déclencha la guerre civile] est juste intervenu pour rétablir l’ordre. Et puis, il a reconstruit l’Espagne, bâti des routes et donné du travail aux gens », a-t-il énuméré devant son père, Juan Diego Fernandez, abasourdi. Pis, l’adolescent a révélé que, dans sa classe, plusieurs élèves chantaient à tout vent l’hymne phalangiste des nostalgiques du Caudillo, Cara al sol, appris sur l’application TikTok.

Son cas est loin d’être isolé. Saluts et chants fascistes dans des discothèques, discours révisionnistes dans les cours de récréation, apologie du franquisme lors de sorties scolaires… Ces derniers mois, la presse espagnole se fait l’écho de l’augmentation des manifestations franquistes chez les jeunes.

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Taïwan : la Chine déclare avoir « atteint tous ses objectifs » lors de deux jours d’« exercices » militaires autour de l’île

Un avion de chasse taïwanais décolle pendant que l’armée chinoise fait des manœuvres militaires au large de l’île, le 2 avril 2025. I-HWA CHENG / AFP

Au terme de deux jours d’opérations, la Chine a annoncé mercredi 2 avril avoir « atteint tous ses objectifs » dans le cadre de grandes manoeuvres militaires dans le détroit de Taïwan.

Au lendemain d’importantes manœuvres simulant un blocus de Taïwan qu’elle revendique, Pékin avait lancé mercredi une nouvelle opération sous le nom de code « Tonnerre dans le détroit-2025A ». Cette dernière avait pour objectif de tester les capacités des troupes en matière de « contrôle des zones » et de « blocus », a déclaré Shi Yi, porte-parole du commandement du théâtre oriental de l’armée chinoise, dans un communiqué. Elle a consisté en des « exercices de tir réel à longue portée » et des simulations de « frappes sur des ports et des infrastructures énergétiques-clés » a-t-il ensuite précisé.

La Chine a déployé son porte-avions Shandong, qui a mené des exercices impliquant « la coordination navire-avion, la prise de contrôle de la supériorité aérienne de la zone et des frappes sur des cibles terrestres et maritimes ».

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Mardi, la Chine avait mobilisé des forces terrestres, navales et aériennes autour de l’île, entraînant l’envoi d’avions et de navires par Taipei et le déploiement de ses systèmes de missiles. Le ministère de la défense taïwanais, a détecté, entre mardi (6 h 08) – 00 h 08, heure de Paris – et mercredi (5 h 30) – 7 h 30, heure de Paris –, 27 avions chinois, 21 navires de guerre, dont le porte-avions Shandong et 10 bateaux de gardes-côtes, a déclaré un responsable de la défense à la presse.

Il s’agit du nombre le plus élevé de navires de guerre détectés en une seule journée depuis près d’un an, et le plus grand nombre d’avions depuis octobre 2024.

Ces exercices, qui n’avaient pas été annoncés, surviennent quelques jours après une tournée en Asie du secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, qui a affirmé que Washington assurerait la « dissuasion » dans le détroit de Taïwan.

La Chine « met en danger » la sécurité régionale, selon Washington

Le détroit de Taïwan, zone de passage-clé pour le transport maritime mondial, est un point de tension majeur entre grandes puissances, en particulier la Chine et les Etats-Unis. La Chine a mené plusieurs exercices à grande échelle autour de Taïwan ces dernières années, déployant avions de chasse et navires de guerre pour appuyer sa revendication de souveraineté, rejetée par Taipei. Ces manœuvres sont souvent décrites par les experts comme des répétitions pour un encerclement de l’archipel. Les analystes estiment que la Chine est plus susceptible de tenter un blocus de Taïwan que de lancer une invasion totale, qui serait plus risquée et nécessiterait un déploiement militaire massif.

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A Washington, le département d’Etat a accusé la Chine de « mettre en danger » la sécurité régionale, tandis que la Maison Blanche a réitéré « l’opposition des Etats-Unis à toute tentative unilatérale de modifier le statu quo par la force ou la coercition ».

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« Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions », a déclaré une porte-parole de la diplomatie de l’Union européenne, Anitta Hipper.

Le président taïwanais qualifié d’insecte « parasite »

Le Parti communiste chinois n’a jamais gouverné Taïwan, mais il n’exclut pas l’usage de la force pour en prendre le contrôle. Pékin est particulièrement hostile à l’égard du président, Lai Ching-te, élu démocratiquement en 2024, qui affirme que Taïwan est « déjà un pays indépendant » et a récemment qualifié la Chine de « force hostile étrangère ». Mardi, l’armée chinoise a ainsi publié une vidéo représentant le dirigeant taïwanais en insecte « parasite » brûlant sur un brasier. « Tant que les provocations liées à l’indépendance de Taïwan continuent, les punitions anti-indépendance ne s’arrêteront pas », a déclaré, mercredi, le porte-parle du ministère des affaires étrangères chinois, Guo Jiakun, lors d’une conférence de presse.

Les revendications du Parti communiste chinois à propos de Taïwan remontent à 1949, lorsque les Républicains chinois s’y sont réfugiés après leur défaite face à l’armée communiste. L’île principale de Taïwan, peuplée par des peuples autochtones depuis des milliers d’années, a été partiellement contrôlée par les Espagnols, les Hollandais, la dynastie chinoise des Qing, puis intégralement par le Japon jusqu’en 1945.

La Chine s’oppose au soutien de Washington. Si les Etats-Unis sont le principal fournisseur d’armes de Taipei depuis des décennies, ils entretiennent une « ambiguïté stratégique » quant à leur intervention en cas d’attaque chinoise.

Le Monde avec AFP

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Gaza: l’ONU dénonce une « guerre sans limite » après la découverte d’une « fosse commune » de secouristes

Le secrétaire général de l’ONU se dit « choqué » par les attaques de l’armée israélienne sur un convoi médical et qui ont fait au moins 15 morts parmi les secouristes.

La « fosse commune » où 15 secouristes ont été retrouvés à Rafah après des tirs israéliens sur des ambulances, met en lumière la « guerre sans limite » menée par Israël à Gaza, a dénoncé mercredi l’ONU, tandis que son patron se disait « choqué ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est « choqué par les attaques de l’armée israélienne » contre ce convoi médical et de secours, a déclaré mercredi son porte-parole Stéphane Dujarric.

Il « réclame une enquête complète, minutieuse et indépendante » sur toutes les attaques contre les humanitaires, alors que ces 15 nouveaux morts retrouvés enterrés il y a quelques jours à Rafah portent à « au moins 408 » le nombre d’humanitaires tués dans le territoire palestinien depuis le 7 octobre 2023, a-t-il ajouté. Tout en se disant « profondément alarmé » par le nouveau bilan de plus de 1.000 personnes tuées depuis la reprise des opérations militaires israéliennes.

Lors d’une conférence de presse par vidéo depuis Gaza, le responsable du Bureau des opérations humanitaires de l’ONU (Ocha) dans les territoires palestiniens, Jonathan Whittall, a raconté « l’expérience choquante » d’avoir participé à la mission ayant découvert ce qu’il a qualifié de « fosse commune ».

« Tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies »

Les 15 secouristes et humanitaires, dont huit du Croissant-Rouge palestinien et un de l’ONU, étaient « toujours dans leurs uniformes, avec leurs gants, tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies », a-t-il lancé.

« Les ambulances ont été touchées une par une », a-t-il détaillé, décrivant les véhicules détruits à côté de cette « fosse commune ».

Ocha avait dit mardi que la première équipe avait été tuée par les forces israéliennes le 23 mars, et que d’autres équipes d’urgence et d’aide avaient été frappées l’une après l’autre pendant plusieurs heures alors qu’elles cherchaient leurs collègues disparus.

« Je commence par ce cas parce que je pense qu’il est très emblématique du point que nous avons atteint à Gaza: ce qui se passe ici défie la décence, défie l’humanité, défie la loi. C’est vraiment une guerre sans limite », a dénoncé Jonathan Whittall.

« Quand le cessez-le-feu tenait, nous pouvions livrer de l’aide (…). Maintenant, nous collectons les corps de secouristes ».

Reprise des bombardements israéliens depuis deux semaines

Après plusieurs semaines de cessez-le-feu, Israël a repris le 18 mars ses bombardements sur le petit territoire palestinien et a annoncé mercredi l’extension de ses opérations militaires pour s’emparer de « larges zones » de la bande de Gaza.

En raison notamment des ordres d’évacuation, désormais « 64% de Gaza n’est pas accessibles à la population », a noté le responsable onusien, précisant que quelque 200.000 personnes ont été « redéplacées » depuis la fin du cessez-le-feu, dont environ 100.000 ces derniers jours à Rafah.

Et alors qu’Israël a mis un coup d’arrêt à l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza le 2 mars, « la situation humanitaire devient hors de contrôle », a-t-il insisté, notant que les 25 boulangeries gérées par le Programme alimentaire mondial de l’ONU étaient toutes fermées depuis mardi.

« C’est une boucle sans fin de sang, de souffrance et de mort. Gaza est devenu un piège mortel », a-t-il lancé. « Mes collègues me disent qu’ils veulent juste mourir avec leur famille. Leur peur la plus grande est de survivre seul ».

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Les films à l’affiche : « Jeunesse (les Tourments) », « Ce n’est qu’un au revoir », « Deux sœurs » …

LA LISTE DE LA MATINALE

Une semaine faste avec le regard de Wang Bing sur les ouvriers migrants du textile, en Chine, mais aussi le diptyque de Guillaume Brac sur les amitiés lycéennes, ou encore un portrait déchirant dans Deux Sœurs, de Mike Leigh…

Chef-d’œuvre

« Jeunesse (Les Tourments) » : en Chine, le blues de la machine à coudre

Nature morte au garçon torse nu, à sa machine, tenant sous chaque bras des piles de jeans à surpiquer. Bientôt six mois que les jeunes des ateliers de Zhili, à 150 kilomètres de Shanghaï, en Chine, s’échinent à coudre des vêtements pour enfants.

A l’étage au-dessus, les lits de camp superposés. Le 31 décembre approche, c’est l’heure des comptes avant le retour dans les familles, à la campagne. Ici un patron s’est volatilisé après avoir tabassé un fournisseur. Ailleurs un employeur refuse de payer un jeune qui a perdu son carnet, où sont consignées les heures effectuées.

Tournée de 2015 à 2019, la trilogie Jeunesse, du cinéaste et plasticien Wang Bing, capte le vertige du travail payé à la pièce, dans une série de portraits fugaces, se succédant sans transition. Dehors, les monochromes gris des hangars, que viennent colorer le rouge et le bleu des baluchons. Après Jeunesse (Le Printemps), le deuxième volet, Les Tourments, sonde la mélancolie de ces filles et garçons à peine sortis de l’adolescence, ne sachant pas à l’avance combien ils seront payés. Ils en sont réduits à faire des pronostics. « Pas de fric, pas de fille, pas de vie », résume l’un d’eux. Cl. F.

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