Rachida Dati à Paris le 5 février 2025. LUDOVIC MARIN / AFP
Paris et les Parisiens lui tendent les bras, pense-t-elle. Rafler la capitale est son rêve. Son dernier combat politique, peut-être. En 2020, Rachida Dati avait échoué à remporter les élections municipales à Paris, largement devancée par Anne Hidalgo. Sa rivale socialiste désormais hors jeu, la ministre de la culture et maire Les Républicains (LR) du 7e arrondissement croit en son destin, imaginant capitaliser sur l’usure et parfois la détestation de l’équipe sortante pour gagner en 2026. Rien n’est encore officiel. Mais l’ancienne protégée de Nicolas Sarkozy mène campagne en coulisse.
Ses talons aiguilles troqués pour des mocassins chics, celle qui met systématiquement en avant ses origines modestes dénonce les rats et les travaux, s’émeut du crack que la gauche aurait, selon elle, laissé prospérer, et des passes à 5 euros qui, dit-elle, ont cours dans le quartier Marx-Dormoy, dans le 18e arrondissement. L’ancienne garde des sceaux assume de surfer sur la vague « anti-Hidalgo » et promet à ceux qui l’entendent qu’elle refera de Paris un écrin. « Je vais dire aux gens : “Vous êtes content de ce qu’il y a en bas de chez vous ? Non ? Alors votez pour moi !” »,confie-t-elle fin avril à un élu parisien.
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La maire LR de la Seyne-sur-Mer, Nathalie Bicais, au tribunal de Toulon, le 24 avril 2025. CAMILLE DODET / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
Accusée d’avoir manqué à son devoir de « probité, qualité indispensable pour une élue », Nathalie Bicais, maire LR de La Seyne-sur-Mer, deuxième ville du Var, a été condamnée pour prise illégale d’intérêts vendredi 16 mai, avec une peine d’inéligibilité immédiate de cinq ans.
Une peine de dix-huit mois de prison avec sursis, assortie d’une inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, d’une interdiction d’exercer toute fonction publique de deux ans et d’une amende de 20 000 euros a été prononcée par la présidente du tribunal correctionnel de Toulon, qui a regretté l’absence de l’élue à la lecture du jugement. « Elle ne s’intéresse pas à la justice », « elle n’est pas là, c’est dommage », a commencé Marie-Laure Arnouil, avant de motiver sa décision.
Mme Bicais, élue en 2020 dans cette ville limitrophe de Toulon, devrait donc être démise de ses mandats très prochainement par le préfet du Var, la peine d’inéligibilité s’appliquant immédiatement, bien qu’elle fasse appel de sa condamnation, comme l’a annoncé son avocat, Mᵉ Gilles Gauer. Elle a manqué à « la probité, qualité indispensable attendue d’une élue », avec « aucune remise en question » de sa part à l’audience : pis, « elle banalise les infractions », ce qui pose un « risque de réitération », a détaillé la présidente.
« L’exécution provisoire devrait produire des conséquences provisoires dans un Etat de droit. Cette exécution provisoire produit des conséquences qui sont irréversibles », a regretté Me Gauer. « Elle porte atteinte au principe du scrutin et au fonctionnement de la démocratie », a ajouté l’avocat, cette condamnation compromettant grandement sa capacité à se présenter aux municipales de 2026. Elle pourrait se présenter si la justice arrive à la juger en appel très rapidement et si la cour d’appel prononçait une autre décision que celle de première instance.
Deuxième maire à être démise de ses fonctions
La justice lui reproche l’obtention d’un permis de construire en 2021 pour sa maison personnelle, avec la signature de son directeur général des services de l’époque, Laurent Régné, condamné, lui, à six mois de prison avec sursis. Elle était également poursuivie pour l’embauche d’un de ses proches, Christophe Riqueau, sans appel à candidature et alors qu’il lui avait prêté en parallèle 100 000 euros pour l’achat de sa maison en bord de mer. M. Riqueau, condamné notamment à douze mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité dans ce dossier, est aujourd’hui le directeur de cabinet de Mme Bicais.
Anciennement membre des Républicains aujourd’hui rallié à Emmanuel Macron, M. Falco a contesté cette peine d’inéligibilité de cinq ans devant la Cour de cassation, qui doit rendre sa décision le 28 mai.
« Nous adressons nos vœux les plus chaleureux à Jill et à sa famille, et nous souhaitons à Joe un rétablissement rapide et efficace », a réagi le président américain sur son réseau Truth Social.
L’ancienne vice-présidente Kamala Harris, qui a remplacé Joe Biden dans la course à la Maison Blanche cet été, s’est elle aussi dite « attristée ». « Joe est un battant – et je sais qu’il relèvera ce défi avec la même force, la même résilience et le même optimisme qui ont toujours défini sa vie et son leadership », a-t-elle réagi sur X.
Forme « agressive »
L’ancien président américain Joe Biden a été diagnostiqué d’une forme « agressive » d’un cancer de la prostate, ont annoncé dimanche ses services, précisant que le démocrate de 82 ans présentait des « métastases osseuses ».
« Bien que cela représente une forme plus agressive de la maladie, le cancer semble être hormonodépendant, ce qui permet une gestion effective » de la maladie, déclare le bureau de Joe Biden dans un communiqué.
L’ancien locataire de la Maison Blanche a été diagnostiqué vendredi. Selon le communiqué, son cancer est de niveau 9 sur le score de Gleason, qui évalue les niveaux d’agressivité de cancers de la prostate sur une échelle allant jusqu’à 10.
Joe Biden a quitté la Maison Blanche en janvier après avoir renoncé à l’été 2024 à se présenter à sa réélection sur fond d’inquiétudes quant à son état de santé. Un livre-enquête doit d’ailleurs paraître mardi, qui raconte par le menu son lent déclin physique et cognitif au fil de son mandat. Grand ennemi politique de Joe Biden, Donald Trump le surnommait régulièrement « Sleepy Joe », Joe l’Endormi.
« Le silence est la perpétuation du crime, il le relativise, il lui ferme la porte du jugement et de la vérité et lui ouvre toute grande celle de l’oubli, celle du recommencement », écrit Boualem Sansal dans Le Village de l’Allemand, ou le Journal des frères Schiller (Gallimard, 2008). Ce récit décrit la découverte par deux frères germano-algériens du passé de leur père, ancien nazi caché en Algérie, massacré avec le reste de son village durant la guerre civile algérienne.
Ce texte puissant établit des correspondances entre trois moments historiques éloignés les uns des autres, mais entre lesquels l’auteur fait des rapprochements : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune Arabe qui découvre la réalité des exterminations de masse ; la « décennie noire », celle des années 1990 et de la guerre civile en Algérie ; la situation des banlieues françaises à l’aube du XXIe siècle, gangrenées par les progrès de l’islamisme radical. Sur un triptyque aussi sensible, Boualem Sansal fait entendre la voix singulière d’un écrivain animé par une seule volonté, celle de « dire la vérité, partout dans le monde ».
Ecrire, pour combattre ce qu’il considère comme le mensonge, l’ignorance, la dissimulation, le silence et l’oubli, écrire pour dire la vérité apparaît comme le combat le plus fondamental de Boualem Sansal. « Je me dis ceci : si un seul crime demeure impuni sur terre et que le silence l’emporte sur la colère, alors les hommes ne méritent pas de vivre », affirme ainsi le personnage de Rachel dans Le Village de l’Allemand.
Une seule attitude est possible
L’écrivain franco-algérien paie aujourd’hui de sa liberté son engagement pour la vérité. Réduite au silence à l’ombre des prisons d’Alger, la voix de Boualem Sansal ne résonne plus à ce jour que dans ses écrits. Agé de 80 ans et atteint d’un cancer, il est incarcéré en Algérie depuis le 16 novembre 2024. Le tribunal de Dar El-Beïda, près d’Alger, l’a condamné, le 27 mars, à cinq ans d’emprisonnement, pour avoir « nui à l’unité nationale, à la sécurité et la stabilité du pays », voulant ainsi le punir notamment pour ses prises de position sur le Sahara occidental.
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La vice-présidente de la CFTC, Pascale Coton, et le président de la CFTC, Cyril Chabanier, à Matignon, à Paris le 26 septembre 2024. JULIEN DE ROSA/AFP
Souvent traités comme de simples figurants depuis l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron, les syndicats et le patronat vont, peut-être, regagner du pouvoir. Cette perspective a été esquissée, jeudi 15 mai, lors de la 11e séance de négociations sur les retraites, consacrée au pilotage de notre système par répartition. La question posée est de savoir de quelle manière les partenaires sociaux seraient susceptibles de prendre les rênes de l’ensemble des régimes des salariés. Une piste ardue à mettre en œuvre, en particulier parce qu’elle implique de redéfinir le rôle du gouvernement et du Parlement.
A l’heure actuelle, il existe une quarantaine de caisses de retraite distinctes en France. Dans cet archipel, les organisations de travailleurs et d’employeurs sont aux commandes de l’Agirc-Arrco, le dispositif complémentaire des salariés, dont le poids est très significatif (environ un quart des prestations servies à tous les pensionnés).
L’hypothèse examinée jeudi consisterait à donner des prérogatives accrues aux syndicats et au patronat sur le fonctionnement des régimes de base du privé, c’est-à-dire principalement la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV). Ils y siègent déjà, en étant membres du conseil d’administration, mais c’est l’Etat qui est le chef d’orchestre, par le biais – entre autres – des lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS) votées chaque année par l’Assemblée nationale et par le Sénat.
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L’athlète norvégien Jakob Ingebrigtsen, ici lors des JO de Paris en 2024, a porté plainte contre son père, Gjert Ingebrigtsen, pour des violences commises pendant plus de 10 ans. PHIL NOBLE / REUTERS
Vingt-quatre jours d’audience, étalés sur sept semaines, avec des dizaines de témoins et autant journalistes relatant les moindres rebondissements en direct : le procès qui s’est conclu, jeudi 15 mai, devant le tribunal de Sandnes, dans le sud-ouest de la Norvège, n’avait rien d’ordinaire. Révélant au grand jour les sombres secrets d’une des familles les plus médiatisées du pays, il a passionné les Norvégiens. Sur le banc des accusés, Gjert Ingebrigtsen, 59 ans, père et ancien entraîneur de la star mondiale du demi-fond, Jakob Ingebrigtsen (24 ans), était jugé pour des violences commises contre son fils pendant dix ans, et sa fille de 18 ans (restée anonyme), sur une période de quatre ans.
Les plaintes déposées par plusieurs de ses autres enfants ont été classées sans suite, pour cause de prescription. Sur les sept frères et sœur, dont trois sont des athlètes de haut niveau, cinq ne parlent plus à leurs parents. Cette fratrie, les Norvégiens l’ont vue grandir, dans le docu-réalité « Team Ingebrigtsen », diffusé entre 2016 et 2021, sur la chaîne publique NRK.
L’émission a d’ailleurs été au cœur des débats. La défense a estimé que l’absence de violence à l’image constituait la preuve que Gjert Ingebrigtsen était innocent. Ses enfants, au contraire, ont assuré que l’émission ne reflétait pas leur vie sous l’emprise d’un père tyrannique, qui a instillé la peur en eux. « Après de nombreuses années de bon entraînement, je suis devenu rien du tout. Une machine qui fonctionne quand on me le demande, mais qui ne fait rien d’autre », a témoigné Jakob Ingebrigtsen, au début du procès.
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