« On ne va pas très, très bien », se désole ce dimanche sur RMC Liorah, auxiliaire de vie. Celle-ci avale les kilomètres pour rendre visite à ses patients et se retrouve, comme beaucoup, esseulée face à la flambée du prix du carburant. « On apporte un soutien vital aux personnes fragiles, mais ce travail, il est littéralement menacé aujourd’hui. »
Dans l’Aveyron, Liorah Martinez, 39 ans, auxiliaire de vie, ne cache plus son épuisement. Alors que les prix des carburants flambent sur fond de guerre au Moyen-Orient, son quotidien professionnel est devenu, selon ses mots, « insoutenable ».
« On ne va pas très, très bien. Comme diraient les personnages de Kaamelott, on en a gros », lâche-t-elle d’emblée. Comme de nombreux professionnels de l’aide à domicile, elle parcourt des dizaines de kilomètres chaque jour pour accompagner des personnes âgées, dépendantes ou isolées. Un travail essentiel, mais aujourd’hui fragilisé par la hausse du prix de l’essence.
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« Ca devient insoutenable »
« Le travail devient de plus en plus difficile avec l’inflation de l’essence. Ça devient insoutenable, tout simplement. On apporte un soutien vital aux personnes fragiles, mais ce travail, il est littéralement menacé aujourd’hui », insiste-t-elle.
Bonjour la France – 04/04
« Nous sommes parfois le seul soutien, la seule personne que ces personnes vont voir de la journée », rappelle Liorah. Une présence qui va bien au-delà de l’aide matérielle : toilette, repas, déplacements, mais aussi écoute et accompagnement moral.
« Aucune prime n’est prévue »
Mais cette vocation se heurte à une réalité économique de plus en plus dure. « Quand j’entends qu’on n’a pas de prime, aucune prime n’a été prévue pour compenser l’inflation, c’est dérisoire », dénonce-t-elle. Les indemnités kilométriques, elles, n’augmentent que marginalement. « Dans quelques sociétés, seulement 3 ou 4 centimes de plus… face au coût réel de l’essence, les salariés, ils s’en sortent plus. On s’en sort plus. »
« Les associations facturent les déplacements entre 60 et 70 centimes le kilomètre, mais les salariés reçoivent 0,35 ou 0,38 centimes… c’est ridicule ! On voit ça littéralement comme une insulte. »
« J’ai des collègues qui ne peuvent plus aller travailler »
Résultat : certains professionnels renoncent. « J’ai des collègues qui ne peuvent plus y aller travailler », confie-t-elle. Une situation d’autant plus alarmante que les salaires restent bas, souvent proches du SMIC, malgré des qualifications et une forte pénibilité. « On travaille toujours sous le barème du SMIC », rappelle Liorah, évoquant aussi le refus de revalorisations attendues dans le secteur.
Pour rappel, le gouvernement a annoncé un « prêt flash carburant » à destination des entreprsies vendredi. Des sommes de 5.000 à 50.000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles: transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent « au minimum 5% du chiffre d’affaires », a précisé le ministère de l’Economie.
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