Un chantier de construction près du marché Sandaga de Dakar, au Sénégal, le 13 janvier 2025. SEYLLOU/AFP
Difficile de glisser sa maison sur un compte offshore ou de la dissimuler au fisc. C’est précisément la raison pour laquelle, dans les pays en développement, les autorités s’intéressent de près à la taxe foncière. « Le bien immobilier ne peut pas être caché à l’administration fiscale, ce qui en fait un impôt idéal », résume Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministère sénégalais des finances et du budget.
Avec une dette représentant près de 119 % de son produit intérieur brut (PIB), selon les estimations de la banque Barclays, le pays le plus endetté d’Afrique doit impérativement accroître ses recettes fiscales. Celles de la taxe foncière ont un potentiel important. Au Sénégal, elles ne fournissent que 0,3 % des recettes de l’Etat, contre 2 % en Afrique subsaharienne et environ 6 % dans les Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Comme dans d’autres pays en développement, les autorités privilégiaient les impôts sur les grandes entreprises, les PME et enfin les contribuables employés dans le secteur formel, plus faciles à collecter.
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Yulian Pylepei à Lviv (Ukraine), le 26 juin 2025. GUILLAUME HERBAUT/VU’ POUR « LE MONDE »
Novozybkov, la « kommandantur » de Donetsk, l’internement en Mordovie… La liste des prisons russes où le fusilier marin Yulian Pylepei a été détenu entre le 14 avril 2022 et sa libération, le 13 septembre 2024, pourrait presque être dressée en suivant ses cicatrices. Sur le front, c’est «une morsure de chien, dans la prison de Koursk, explique l’Ukrainien de 30 ans. Le nez cassé, la jambe brisée, c’était là-bas aussi ». Les traumatismes crâniens sont invisibles, mais datent d’un peu plus tôt, comme les lignes blanches sillonnant ses avant-bras, la trace de chocs électriques. Que l’œil s’arrête sur sa bague tactique en silicone noir et Yulian se sent obligé de préciser : « A Olenivka, ils m’ont pris mon alliance. J’ai tenté de les arrêter en leur disant : “C’est sacré !” Réponse : “Tu la donnes ou on te coupe le doigt.” »
« Longtemps, j’ai répété : “Un marine ne pleure jamais.” Mais quand, le jour de ma libération, on m’a passé un téléphone et que j’ai entendu la voix de ma femme, j’ai pleuré comme un enfant », lâche l’ancien détenu. Nous le rencontrons à Lviv, au pied de son immeuble (sa femme n’aime pas l’entendre raconter ses tortures), après un rendez-vous chez le psychiatre. Muscles larges, trident en pendentif sur tee-shirt blanc, il explique qu’il a pris l’habitude d’aller accueillir d’autres prisonniers de guerre à leur retour. « Nous parlons ensemble des prisons où ils sont passés, des détenus qu’ils ont croisés, de bien d’autres choses encore. Je les comprends mieux que personne, et inversement. »
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Un mois après avoir suspendu sa collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomatique, l’Iran va recevoir ce lundi 11 août un directeur général adjoint de l’AIEA.
Cette visite sera la première d’un haut responsable de l’AIEA depuis que l’Iran a suspendu sa coopération avec l’agence le mois dernier, à la suite de la guerre de douze jours avec Israël.
« Nos discussions avec l’Agence porteront sur un nouveau cadre de coopération (…) Tant que nous ne serons pas parvenus à un accord sur ce nouveau cadre, la coopération ne pourra pas commencer », a déclaré M. Araghchi à la presse.
Aucune inspection des sites nucléaires prévue
Il a ajouté qu’aucune inspection ni visite des sites nucléaires n’était prévue.
Mi-juin, Israël a lancé une attaque sans précédent visant des sites nucléaires et militaires iraniens, mais qui a également touché des zones résidentielles.
Le mois dernier, l’Iran a officiellement suspendu sa coopération avec l’AIEA, invoquant l’incapacité de l’agence à condamner les frappes israéliennes et américaines ses sites nucléaires.
L’attaque israélienne a mis fin aux négociations nucléaires entre l’Iran et les Etats-Unis qui avaient débuté en avril.
Ces pourparlers ont constitué le contact le plus élevé entre Téhéran et Washington depuis que les Etats-Unis ont abandonné en 2018 l’accord international sur les activités nucléaires de l’Iran.
Négociations en cours avec Washington
Depuis la guerre de douze jours, l’Iran exige des garanties contre toute action militaire avant de reprendre les négociations avec Washington.
M.Araghchi a récemment déclaré que l’Iran avait « reçu des messages » de la part de l’administration américaine concernant la reprise des négociations mais que « rien n’a été finalisé » à ce sujet.
Le 25 juillet, des diplomates iraniens ont rencontré leurs homologues allemands, britanniques et français, qui ont menacé de déclencher des sanctions contre Téhéran s’il n’y a pas de solution diplomatique d’ici fin août. Ils accusent l’Iran de ne pas avoir respecté ses engagements sur le nucléaire.
« Nos contacts avec les Européens se poursuivent », a indiqué M. Araghchi dimanche, ajoutant qu’aucune date n’avait été fixée pour de prochaines discussions.
Plus d’un mois après son démarrage, le 4 juillet, un incendie ravage toujours le parc national du Grand Canyon, dans l’Arizona. Avec 54 239 hectares déjà brûlés, soit 542 kilomètres carrés, « Dragon Bravo Fire » est classé depuis le 1er août dans la catégorie des mégafeux, un terme non scientifique qui désigne les incendies couvrant plus de 400 kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie de la ville de New York.
Dragon Bravo Fire est le plus important de la quarantaine de foyers importants actuellement en activité aux Etats-Unis. Il a détruit 70 structures, selon le Service des parcs nationaux, y compris le Grand Canyon Lodge, un hôtel datant de 1928, ainsi que le Centre des visiteurs de la rive nord. Celle-ci, dite North Rim, a été déclarée fermée aux visiteurs pour le reste de la saison. Le 6 août, l’incendie n’était contenu qu’à 13 % mais les quelque 1340 pompiers sur le terrain ont fait des progrès, malgré le vent et une chaleur atteignant 40 °C. Le 8 août, les responsables des secours ont indiqué que le sinistre était désormais contenu à 36 %.
La fumée du « Dragon Bravo Fire », vue depuis le point de vue de Desert View, le 14 juillet 2025 dans la parc national du Grand Canyon (Arizona). ROSS D. FRANKLIN/AP
La rive sud du canyon (South Rim), distante de 16 kilomètres en moyenne à vol d’oiseau mais à 340 kilomètres par la route, reste en revanche accessible aux visiteurs. Le vent emportant la fumée vers le côté opposé, les touristes ont pu contempler les pyrocumulonimbus qui se sont formés depuis le début du mois d’août dans le ciel de cette région aride bordée par l’Utah, et les territoires des tribus Navajos et Havasupai. Mais la descente vers le fleuve Colorado, à 1 800 mètres en contrebas, est interdite aux visiteurs en raison de la fumée qui s’y est accumulée.
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Le premier ministre, François Bayrou, lors de la présentation des orientations retenues pour enrayer le déficit public pour le budget de 2026, à Paris, le 15 juillet 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
S’ils acceptent d’ouvrir une négociation sur l’assurance-chômage, patronat et syndicats sont invités à s’accorder d’ici au 15 novembre et à dégager entre « 2 milliards et 2,5 milliards d’euros » d’économies par an en moyenne au cours des quatre prochaines années, « avec une montée en charge progressive » pour atteindre « a minima 4 milliards d’euros d’économies en régime de croisière à partir de 2030 », selon ce document.
Plaidant qu’« il faut travailler plus », François Bayrou avait souhaité, le 15 juillet, que les partenaires sociaux ouvrent de telles négociations sur l’assurance-chômage pour participer à l’effort budgétaire. « La situation financière du régime de l’assurance-chômage et la nécessité de travailler plus nombreux rendent nécessaire une évolution des règles de l’assurance-chômage », écrit le premier ministre dans sa lettre aux partenaires sociaux accompagnant le document de travail.
« Saccage inadmissible »
Afin de « favoriser le retour rapide à l’emploi », il est ajouté dans le document de cadrage qu’il faudra « modifier la durée minimale d’emploi et la période de référence nécessaire à l’ouverture d’un droit au chômage qui détermine la durée maximale d’indemnisation ». La France est « l’un des pays de l’Union européenne où les conditions d’indemnisation sont parmi les plus favorables et présente une durée maximale d’indemnisation plus élevée que la moyenne européenne », affirme le premier ministre.
Dans le même objectif d’accélérer le retour sur le marché du travail, il est précisé dans le document qu’il sera nécessaire de « renforcer les incitations » envers les personnes ayant conclu une rupture conventionnelle et d’« examiner l’opportunité d’adapter » les incitations de retour à l’emploi selon le niveau de rémunération et le montant de l’allocation. Le chef du gouvernement ajoute qu’il faudra en outre « intensifier l’effort réalisé pour le retour à l’emploi des seniors ».
« Budget 2026 : les travailleurs et les travailleuses ne se laisseront pas faire ! », a réagi dans un communiqué l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC) qui dénonce « une attaque en règle des droits des travailleurs et travailleuses » en plein milieu de l’été.
« C’est un saccage totalement inadmissible », a, par ailleurs, réagi le représentant de la CGT Denis Gravouil, auprès de l’AFP. Le syndicaliste a dénoncé « un plan d’économies violent » qui touchera « les plus précaires, en allongeant la durée de travail nécessaire pour prétendre à l’ouverture des droits au chômage », mais aussi « les personnes en CDI qui ont perdu leur emploi en raison de la réduction de la durée d’indemnisation annoncée ». « Nous allons tout faire pour faire capoter ce projet, si ce gouvernement se maintient », a prévenu le cadre syndical.
« Carnage total »
Les confédérations syndicales avaient déjà accueilli avec colère les pistes budgétaires du gouvernement et l’annonce de ces négociations, notamment le nouveau tour de vis sur l’assurance-chômage, qualifié de « carnage total pour les demandeurs d’emploi » par la numéro un de la CFDT, Marylise Léon.
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Avant une réunion intersyndicale le 1er septembre pour étudier les suites à donner aux annonces du premier ministre, FO a déjà appelé à la « mobilisation et à la grève » et déposé un préavis du 1er septembre au 30 novembre. Les organisations syndicales ont aussi lancé collectivement une pétition pour dire « non au budget Bayrou », signée par plus de 300 000 personnes, et une plateforme de « décodage » des mesures annoncées, qui sur l’assurance-chômage dénonce une « nouvelle baisse drastique » des droits.
Reste donc à savoir si ces négociations aboutiront ou même si elles auront lieu. Faute de quoi le gouvernement reprendra la main et imposera ses règles.
Cette nouvelle réforme intervient alors que les partenaires sociaux ont conclu un accord en novembre 2024, avec de nouvelles règles pour quatre ans, entrées en vigueur pour la plupart au 1er avril. En juin 2024, une réforme portée par l’ancien premier ministre Gabriel Attal, rejetée par les syndicats, prévoyait elle aussi de durcir les conditions d’accès et les règles d’indemnisation. Elle avait toutefois été suspendue en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale.
Un homme d’une cinquantaine d’années a disparu samedi 9 août dans le secteur de La Palud-sur-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) alors qu’il pratiquait le canyoning.
Un quinquagénaire est porté disparu depuis ce samedi 9 août. Il pratiquait le canyoning dans le secteur de La Palud-sur-Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Selon nos informations, l’homme se trouvait avec un groupe lorsqu’il l’a quitté au niveau du belvédère de Mayreste.
Malgré des survols en hélicoptère et des recherches au sol et dans les falaises, il n’a toujours pas été localisé. L’homme était en vacances dans le parc naturel du Verdon.
A Séoul, le 31 décembre 2024, devant l’autel dédié aux victimes de l’accident d’avion survenu deux jours plus tôt à Muan.
Parfois, la polémique se niche au cœur des sujets d’examen. En Corée du Sud, les 19 et 20 juillet, la faculté de design et d’art de l’université de Suwon (province de Gyeonggi) organisait un concours et proposait ce sujet : « Décrivez l’expression d’un pilote commandant de bord (homme d’une quarantaine d’années) juste avant le crash de son avion. » Réservé aux lycéens, ce concours n’avait rien d’anodin, car l’obtention éventuelle d’un prix pouvait leur donner des points pour les précieuses admissions aux universités. Trente-neuf candidats ont choisi le sujet sur le pilote de ligne, proposé à l’épreuve de sculpture, qui demandait de réaliser un buste.
La révélation du sujet a très vite suscité une forte colère dans le pays. Il a ravivé le souvenir de l’accident survenu à l’aéroport international de Muan, dans le sud-ouest, quand un avion de ligne s’est écrasé le 29 décembre 2024, faisant 179 morts, la pire catastrophe aérienne de l’histoire du pays. Le 27 juillet, l’association des familles des victimes du crash a diffusé un communiqué : « Au nom de l’imagination et de la création, utiliser la mort comme sujet et présenter la souffrance comme de l’art n’est pas de l’éducation, mais de la violence. » Les mots sont forts, à la mesure de l’émotion des proches de victimes.
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