Cet espace de seulement 39 places au sein des TGV de Paris à Lyon a été pensé pour les professionnels ou des clients qui cherchent la tranquilité, notamment pour travailler. Mais pour une association, « une ligne rouge a été franchie ». De quoi créer une belle polémique.
La polémique s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Ce mercredi, l’association Les Adultes de demain s’est émue des conditions de vente de la nouvelle classe Optimum Plus lancée par SNCF Voyageurs en début d’année sur ses TGV Paris-Lyon.
Outre des services de flexibilité d’échange de billet et d’accueil en gare, Optimum Plus est un espace réservé de 39 places dans ces TGV du lundi au vendredi, un espace de tranquililté permettant aux voyageurs de travailler et de se restaurer. La cible? Les salariés nomades dont les entreprises sont prêtes à débourser entre 108 et 180 euros le billet.
Dans ce cadre, les conditions de vente de SNCF Voyageurs précisent que « pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés ».
Il n’en fallait pas moins pour provoquer le scandale. « Une ligne rouge a été franchie et personne n’en parle. La première entreprise publique de transport française cède à son tour au ‘no kid’. Au lieu de créer des wagons pour enfants, le Groupe SNCF les exclut », s’emporte l’association Les Adultes de demain. De quoi générer des centaines de commentaires sur le désamour de la SNCF envers les familles, qu’elle cède à la tendance du « no-kid » que l’on voit se développer dans les hôtels, les restaurants, qu’il s’agit d’un scandale « honteux », qu’il « faut attaquer en justice la SNCF »… Pire, certains parlent de de « discrimination ».
Des critiques reprises par la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry interrogée sur BFMTV. « Lorsqu’on donne le sentiment que le confort des adultes passe par l’absence d’enfant, c’est choquant ». Si « l’on a besoin de services spécifiques » lorsque l’on voyage pour le travail, « certaines offres avancent plus vite que d’autres », ajoute-t-elle. « Si on pense une offre Optimum, alors on pense quoi pour les familles? » car selon elle, voyager avec des enfants « est une réalité à accompagner » et non « une option dans le service public ».
Une vision quelque peu excessive car l’impression qui est donnée est que des TGV entiers ou des voitures entières sont interdits aux enfants. On rappellera donc simplement qu’Optimum Plus, ce sont 39 places sur 510 à 634 selon les configurations et seulement du lundi au vendredi, sur une seule ligne… Par ailleurs, les enfants peuvent très bien voyager en Première classe classique.
« Nous n’avons jamais accepté les nombreuses demandes réclamant des voitures entières sans enfant »
C’est d’ailleurs ce que s’attache à démontrer Gaëlle Babault, directrice Offres TGV Inoui dans une vidéo postée en urgence sur les réseaux sociaux pour tenter d’éteindre cette polémique. « Ces places Optimum ne représentent que 8% des espaces qui sont proposés dans nos trains du lundi au vendredi, ce qui veut dire que 92% des places sont proposées à tous et 100% les week-ends. Cette classe est ouverte à tous à partir de 12 ans (un âge qui n’était pas précisé initialement dans les CGV, NDLR), ce qui était déjà le cas de notre précédente offre Business Premiere », souligne-t-elle.
« Rien d’une nouveauté »
Interrogé par BFM Business, l’opérateur ajoute que « la classe Optimum est un espace dédié pensé pour les attentes spécifiques de nos clients professionnels ou ceux qui souhaitent une expérience de voyage particulière avec un accompagnement personnalisé et de la flexibilité. C’est pourquoi le forfait bambin et billet enfant ne sont en effet pas vendus dans cet espace. Cela n’a rien d’une nouveauté, c’était déjà le cas depuis des années dans notre offre précédente Business Première ».
Surtout, la SNCF souligne être régulièrement sollicitée pour justement interdire les enfants dans certains espaces des TGV. « Nous n’avons jamais accepté les nombreuses demandes de clients qui depuis longtemps réclament des voitures entières, par exemple la 1ère classe, sans enfant dans les TGV Inoui. Le train est un lieu de vie en commun ouvert à tous, nous y sommes très attachés ».
« Nos offres sont pensées pour tous et bien évidemment pour les familles. Nous retrouvons dans chacun de nos TGV un espace nurserie, et chaque année, ce sont plus de 300.000 enfants qui voyagent grâce à notre service Junior et Cie. Nos TGV sont ouverts à tous et nous y sommes vraiment très attachés », souligne Gaëlle Babault. Sans oublier les voitures réservées aux familles.
Comme le résume un cheminot: « la SNCF doit être une entreprise qui fait des bénéfices pour s’autofinancer et le TGV n’est pas un service public. Mais on lui reproche de faire des choix pour attirer une clientèle qui dépense beaucoup pour un transport serein et qualitatif…Dire que la SNCF ne fait rien pour le transport des enfants est un véritable mensonge ». Par contre, la compagnie ferroviaire aurait certainement échappé au bad buzz avec une autre formulation que « les enfants ne sont pas acceptés », qui sortie de son contexte peut en effet choquer.
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