Salon de l’élevage à Rennes: la Chine courtise le marché français sur fond de tensions commerciales

Au salon international de l’élevage (Space) de Rennes (Ille-et-Vilaine) qui se clôt ce jeudi 18 septembre, la présence chinoise se renforce pour séduire un marché européen en proie à de nombreux doutes.

Biotechnologies, machines agricoles: des entreprises chinoises ont renforcé leur présence au salon international de l’élevage (Space) à Rennes (Ille-et-Vilaine), afin de séduire le marché européen, mais aussi pour nouer des partenariats, sur fond de tensions commerciales entre Pékin et Bruxelles.

Pour Liuming Huang, responsable de la société de biotechnologie « Bioeasy », l’objectif est clair : « On cherche à s’étendre sur le marché français. » Dès l’ouverture du Space à Rennes, ce mardi 16 septembre au matin, le stand de l’entreprise ne désemplit pas.

Ses kits de dépistage rapide pour bovins, capables de détecter certaines maladies ou des résidus d’antibiotiques dans le lait, attirent éleveurs et grossistes, curieux de découvrir cette entreprise de Shenzhen, ville industrielle chinoise, présente pour la première fois au Space.

« On ne connaissait pas ces produits », confie Valérie Loisel, exploitante laitière en Seine-Maritime. « Ça a l’air innovant et facile à utiliser. Aujourd’hui, nos tests doivent partir au labo, ce qui coûte cher et prend du temps. Là, on pourrait le faire nous-mêmes », dit-elle à l’AFP, prête à tester les kits sur ses 80 vaches laitières.

Le Space « de plus en plus sollicité » par la Chine

Cette année, 23 compagnies chinoises figurent parmi les 1.230 exposants du salon, dont 371 étrangers, contre moins de dix lors des éditions précédentes, selon les organisateurs.

Comparé à d’autres salons agricoles européens, comme Euro Tier à Hanovre en Allemagne, avec plus de 260 exposants chinois sur 2.282 entreprises l’an dernier, cela demeure relativement peu.

Mais selon Anne-Marie Quéméner, commissaire générale du Space, le salon breton est chaque année « de plus en plus sollicité » par ces sociétés qui cherchent des débouchés en France, et pas uniquement pour y exporter leurs solutions.

« Ils cherchent à établir des relations de coopération à long terme avec les entreprises françaises, notamment par le biais de joint-ventures, de transferts de technologies ou de projets de recherche collaboratifs », détaille Anne-Marie Quéméner.

D’autant que ces sociétés, déjà présentes dans les secteurs de la santé et de la nutrition animales, élargissent leur offre « notamment en équipements pour l’élevage et en systèmes utilisant l’intelligence artificielle ou la gestion des données ».

« À une époque, la Chine c’était surtout le prix. Aujourd’hui, c’est la réactivité et l’innovation », confirme Philippe Lebreton, distributeur de matériel agricole, devant le stand de « Bioeasy ».

Acteur incontournable

L’intérêt croissant de ces entreprises pour le Space s’inscrit dans un climat commercial tendu. En représailles aux droits de douane supplémentaires imposés par l’UE sur les véhicules électriques chinois, Pékin a lancé plusieurs enquêtes antidumping sur des produits européens: le cognac, les produits laitiers et le porc.

Les oreilles et pieds de porc français, très prisés en Chine, premier débouché à l’export pour la filière, sont frappés depuis le 10 septembre de droits de douane supplémentaires provisoires, le temps que l’enquête s’achève, en décembre.

L’interprofession française Inaporc, a exprimé de « vives inquiétudes » à l’ouverture du Space, craignant que les prix du porc soient tirés à la baisse en Europe. La France exporte beaucoup plus de viande et produits laitiers vers la Chine qu’elle n’en importe de ce pays. Les entreprises chinoises sont aussi friandes du savoir-faire français concernant la génétique, la sélection des animaux, un des thèmes phare du Space.

Malgré les tensions commerciales, les entreprises chinoises cherchent à s’implanter sur le marché français. Dans les allées du Space, les éleveurs, eux, ne sont pas surpris.

« Ce qu’ils recherchent, c’est avant tout des contacts », souligne Valérie Loisel, éleveuse laitière.

« On peut difficilement imaginer l’agriculture sans la Chine désormais », estime pour sa part Bertrand Schwebel, un importateur français de matériel agricole, qui commercialise des systèmes chinois de guidage des engins agricoles par GPS.

« En deux ans et demi, on en a vendu 2.500 en France. La qualité est là, à des prix compétitifs, et ça casse l’image du’Made in China+ bas de gamme », affirme le distributeur. La balance commerciale entre la France et la Chine sur le machinisme agricole est largement favorable à Pékin, qui a exporté pour 330 millions d’euros de machines en France en 2024 selon les douanes.

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Pas de bénéfices, pas de prime de participation: des salariés du géant Lactalis lancent une action pour récupérer leurs primes et accusent le groupe d’avoir minoré ses bénéfices

Ces salariés estiment avoir été lésés par les pratiques du groupe Lactalis qui avait minoré ses bénéfices avant d’être rattrapé par l’administration fiscale.

Une association regroupant des salariés de Lactalis a annoncé le lancement d’une « action » pour réclamer au géant laitier français des primes de participation dont ils estiment avoir été injustement privés en raison d’un système d’évasion fiscale qui minorait artificiellement les bénéfices.

« Notre but, c’est d’obtenir gain de cause pour ces gens et de récupérer les participations qui ont été spoliées du fait de la minoration des bénéfices, reconnue par Lactalis », a résumé pour l’AFP l’avocat de cette association, Me Renaud Portejoie, confirmant une information de RTL. L’avocat estimait mercredi représenter une centaine de salariés et ex-salariés.

L' »action Lactalis » est initiée par l’association Justice pour nos primes, qui a lancé mardi un site internet pour regrouper les salariés potentiellement concernés. Elle est animée notamment par Maxime Renahy, lanceur d’alertes dont les révélations avaient mis en évidence un système d’évasion fiscale de Lactalis via la Belgique et le Luxembourg.

A l’issue d’une transaction avec le fisc français, le groupe laitier (marques Président, Lactel, Bridel) a annoncé en décembre 2024 avoir versé 475 millions d’euros pour, selon lui, « clore un différend portant sur des opérations internationales de financement ».

« 15.000 à 35.000 euros » de manque à gagner sur dix ans

Parallèlement, sur le plan pénal, une enquête préliminaire a été diligentée par le parquet national financier pour des suspicions de minoration du bénéfice imposable. L’association Justice pour nos primes en conclut que les « primes de participation relatives aux profits dissimulés du groupe » n’ont pas été payées comme elles auraient dû l’être. Chacun des quelque 16.000 salariés de droit français de Lactalis est potentiellement concerné.

Selon « une estimation prudente » de Me Portejoie, qui souligne ne pas avoir eu accès à l’accord fiscal conclu entre Bercy et Lactalis, le manque à gagner « se situe dans une fourchette de 15.000 à 35.000 euros » pour des salariés présents sur les dix dernières années.

L’avocat a indiqué à l’AFP qu’il allait écrire cette semaine au groupe Lactalis pour l’informer de ses demandes. « S’ils acceptent le principe d’un règlement, nous entrerons en négociation », sinon il entamera au nom de ses clients une procédure sociale devant le conseil des prud’hommes doublée éventuellement d’une plainte au pénal avec constitution de partie civile, a-t-il ajouté. Interrogé par l’AFP, Lactalis a répondu qu’il « n’a pas connaissance d’une action de la part des salariés du groupe si ce n’est par voie de presse. »

« Les organisations représentatives des salariés du groupe n’ont pas pris part à cette démarche qui relève d’une initiative isolée », souligne l’entreprise, qui assure que les dispositions de la transaction fiscale de fin 2024 « n’ont pas affecté les réserves d’intéressement et de participation des collaborateurs ».

Le coordinateur du syndicat CFTC pour le groupe Lactalis, Thierry Peschard, a affirmé de son côté que cette action collective était « une surprise totale ». Aucun syndicat n’est, selon lui, à l’origine de cette initiative et il exclut à ce stade de s’y joindre. « Si on avait des choses à régler, on ne le ferait pas de cette façon-là. Je pense qu’il y a d’autres leviers », a-t-il dit à l’AFP.

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Un minuscule échantillon prélevé sur l’astéroïde Ryugu remet en cause les hypothèses sur l’origine de l’eau sur la Terre

L’ombre de la sonde Hayabusa-2 à la surface de l’astéroïde Ryugu. JAXA

D’un échantillon d’astéroïde pas plus gros qu’un grain de sable peut-il jaillir une découverte sur l’histoire du Système solaire et sur l’origine de l’eau sur la Terre ? C’est ce à quoi se consacre une équipe internationale de chercheurs qui travaille sur les grains de matière que la sonde Hayabusa-2, de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale, a prélevés sur Ryugu en 2019. Les 5,4 grammes issus de cet astéroïde carboné, largués sur la Terre en décembre 2020 par la sonde après un voyage de plusieurs millions de kilomètres, ont déjà donné lieu à plusieurs publications scientifiques.

Cette fois, les chercheurs emmenés par Tsuyoshi Iizuka, du département des sciences planétaires de l’université de Tokyo, ont fait des recherches isotopiques à partir de quatre grains de quelque 20 milligrammes chacun, soit moins d’un dixième de gramme au total. Leurs conclusions remettent en cause ce que l’on pensait savoir depuis des décennies sur l’eau apportée sur la Terre par les astéroïdes, ces objets nés aux tout débuts du Système solaire, il y a 4,6 milliards d’années.

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Œufs de caille, diadème et cognac: les images du dîner d’Etat en l’honneur de Donald Trump

Rien n’était trop beau, mercredi à Windsor, pour accueillir Donald Trump. Après un déploiement militaire inédit, le président américain a eu droit à un dîner d’Etat fastueux.

La famille royale a tout mis en œuvre mercredi pour que Donald Trump se sente comme l’invité le plus important jamais reçu à Windsor. Après une procession en carrosse, des salves de coup de canon, les honneurs militaires, impliquant quelque 1.300 militaires, certains en redingote rouge et casque à plumes dorées, survol de la patrouille acrobatique, le président américain a eu droit à un spectaculaire dîner d’Etat au château de Windsor.

Au menu – rédigé en français et traduit en anglais- «  »panna cotta de cresson et œufs de caille sur sablé de parmesan, ballotine de poulet fermier en robe de courgettes avant une bombe glacée cardinal, crème glacée à la vanille avec un cœur de coulis de framboise ».

Cocktail inédit et fleurs de Buckingham

Le cognac était de 1912, année de naissance de la mère écossaise de Donald Trump, et un cocktail « Transatlantic Whisky Sour » a été créé pour l’occasion. Le porto servi lors du dîner était lui de 1945, car Trump est le 45e (et 47e) président des Etats-Unis. Une délicate attention, même si le président américain ne boit pas d’alcool.

Le roi est connu pour sa passion de l’horticulture, et certains arrangements floraux décorant la table, en plus de 139 bougies, avaient été composés avec des fleurs venant des jardins de Buckingham Palace et de Windsor.

Cent personnes assuraient le service d’un dîner dont la seule préparation de la table avait pris une semaine. Les 1.452 couverts avaient été dressés dès lundi.

Les couverts du dîner d’Etat en l’honneur de Donald Trump, le 17 septembre 2025. © Photo par AARON CHOWN / POOL / AFP

Très sensible à tous ces honneurs, Donald Trump a déclaré lors de son discours: « c’est véritablement l’un des plus grands honneurs de ma vie ».

Le président est, on le sait, fasciné par la famille royale. Plus tôt dans l’après-midi, il s’est recueilli sur la tombe de la reine Elizabeth II, qui l’a reçu en 2019, lors de sa première visite d’Etat dans le pays, mais aussi en 2018, à Windsor, lors d’une précédente visite.

Le président américain était placé au centre de la longue table de 47,3 mètres dressée sous les voûtes du hall St George, la salle de réception du château.

Le dîner d’Etat en l’honneur de Donald Trump, à Windsor, le 17 septembre 2025 © ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / POOL / AFP

Il occupait une place de choix, entre le roi Charles III et sa bru la princesse de Galles, en robe dorée, dont il a une fois encore salué la beauté. Kate Middleton, portait un diadème créé en 1913 pour la reine Mary, et déjà arboré par la princesse Diana. Un diadème que Kate avait déjà sorti à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron en juillet dernier.

Face à eux se trouvait Melania Trump, entre la reine Camilla et William, le prince de Galles.

La plus jeune fille de Donald Trump, Tiffany était la seule de ses cinq enfants à avoir fait le déplacement. Elle était accompagnée de son mari, Michael Boulos. Le magnat des médias Rupert Murdoch, 94 ans, figurait parmi les invités, en dépit du procès que lui a récemment intenté Donald Trump, dont il était placé à bonne distance.

William et Kate, prince et princesse de Galles au dîner d’Etat en l’honneur du président Trump à Windsor, le 17 septembre 2025. © PHIL NOBLE / POOL / AFP

Murdoch à bonne distance

Le monde de la tech était largement représenté, avec notamment le directeur général d’Apple Tim Cook, celui d’OpenAI Sam Altman, Jensen Huang, dirigeant de Nvidia et Steve Schwarzman de Blackstone.Parmi les invités, figuraient aussi l’ancien golfeur professionnel anglais vainqueur de six tournois du grand Chelem Nick Faldo, et la golfeuse anglaise Charley Hull, en l’honneur d’un président américain grand amateur de ce sport. Peu d’invités venaient du monde de la culture et du cinéma.

Melania Trump, en robe jaune ceinturée de rose, était assise à côté de la reine Camilla vêtue de bleu. Un journal ukrainien, le Kyiv Post, a voulu voir dans les choix de ces couleurs un subtil soutien à l’Ukraine.

La princesse Kate et Donald Trump au dîner d’Etat à Windsor, le 17 septembre 2025. © YUI MOK / POOL / AFP

Dans un discours sobre et court, le roi Charles III a salué l' »engagement personnel » de Donald Trump pour tenter de mettre fin aux conflits dans le monde. Il a aussi évoqué son sujet favori, la préservation de l’environnement pour les générations à venir.

Donald Trump, pourtant défenseur des énergies fossiles, a salué l’engagement du roi pour « restaurer la vie des rivières (…) et planter des arbres ».

Charles et Camilla ont offert au président républicain le drapeau britannique qui flottait au-dessus du palais de Buckingham le jour de son investiture le 20 janvier.

Les Trump ont fait comme cadeau à Charles III une réplique d’une épée du président Eisenhower, rappelant « le partenariat historique qui a été déterminant pour gagner la Seconde Guerre mondiale », selon un communiqué du palais de Buckingham.

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Après l’assassinat de Charlie Kirk, l’administration Trump annonce une répression sans précédent contre la « gauche radicale »

Le vice-président américain, J. D. Vance, présente un épisode du « Charlie Kirk Show » dans l’Eisenhower Executive Office, à la Maison Blanche, à Washington, le 15 septembre 2025. DOUG MILLS / AFP

Le siège de Charlie Kirk n’est pas resté longtemps vide. Lundi 15 septembre, c’est le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, qui s’est symboliquement installé à son micro, à la Maison Blanche, pour animer une émission à la mémoire de son ami assassiné. Une façon d’illustrer à quel point ce dernier, à la tête de l’organisation Turning Point USA, était un pilier de l’administration, bien que sans titre officiel.

Animé d’une colère à peine rentrée, multipliant les citations de la Bible, l’animateur d’un jour a filé une anaphore glaçante sur l’impossibilité à réunir le pays avant d’« escalader la montagne de la vérité ». « Il n’y a pas d’unité », a-t-il répété, « avec ceux qui célèbrent l’assassinat de Charlie Kirk », avec « ceux qui financent ces articles, qui paient les salaires de ces sympathisants des terroristes ».

J. D. Vance a désigné nommément pour cibles l’Open Society Foundation, fondée par le milliardaire George Soros, et la Ford Foundation. Elles sont accusées d’avoir financé le magazine mensuel de gauche The Nation, où le vice-président a lu un article présentant, selon lui, une vision déformée de Charlie Kirk, en raciste. La revue n’a bénéficié d’aucuns fonds de cette origine, a déclaré Bhaskar Sunkara, son président. Cela n’a pas empêché J. D. Vance de reprocher aux deux fondations de « mettre le feu à la maison construite par la famille américaine depuis deux cent cinquante ans ».

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La sanction des 39% de Trump est immédiate pour la Suisse: les exportations du pays vers les Etats-Unis ont fondu de 22% en août (au plus bas depuis le Covid)

Les exportations suisses vers les Etats-Unis ont chuté de 22,1% sur un mois, après les droits de douane de 39% imposés par Donald Trump.

Les exportations de la Suisse vers les Etats-Unis ont dégringolé en août, selon les relevés de l’office fédéral de la douane, publiés jeudi 18 septembre, le pays alpin s’étant vu imposer de lourds droits de douane de 39% par la Maison Blanche.

Selon les douanes suisses, les exportations vers les Etats-Unis ont chuté de 22,1% par rapport au mois précédent, à 3,08 milliards de francs suisses (3,3 milliards d’euros), plombées par l’horlogerie, un des secteurs les plus touchés par les droits de douane américains.

Les exportations de la Suisse vers les Etats-Unis sont ainsi tombées à « leur plus bas niveau depuis fin 2020 », indiquent les douanes suisses dans le communiqué détaillant les chiffres du commerce extérieur pour le mois d’août.

Le recul des exportations vers les Etats-Unis est également en partie attribuable au secteur de la chimie et de la pharmacie, selon les douanes suisses, même si les médicaments font partie des produits exemptés de droits de douane.

39% de droits de douane

En août, la Suisse a été abasourdie par la décision de l’administration de Donald Trump qui lui a imposé des droits de douane de 39%, encore plus élevés qu’initialement annoncés. En avril, la Maison Blanche avait placé la barre à 31% pour les produits helvétiques.

Début septembre, le ministre de l’économie Guy Parmelin est retourné à Washington pour soumettre une nouvelle offre et a parlé de discussions « constructives », sans donner davantage de détails. En août, il s’était déjà rendu dans l’urgence aux Etats-Unis avec la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter, également ministre des finances, sans parvenir à infléchir la position de la Maison Blanche.

Lors d’un entretien sur CNBC, la semaine dernière, le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a néanmoins évoqué plusieurs pays avec lesquels des accords semblent se profiler, dont « probablement » la Suisse, a-t-il déclaré, affirmant que les choses « se règleront avec le temps ».

Tous marchés confondus, les exportations de la Suisse se sont contractées de 1% en août, à 22 milliards de francs. Elles ont reculé de 0,6% vers l’Asie par rapport au mois précédent et augmenté de 2,1% vers l’Union européenne, selon les relevés des douanes. Les importations se sont de leur côté accrues de 0,4% à 18,1 milliards de francs, le solde de la balance commerciale diminuant à près de 3,9 milliards de francs en août, contre près de 4,2 milliards en juillet.

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« La fraude sociale corrompt tout, y compris le pacte social »

Droit social. « Dans la vie, y a pas de grands, y a pas de petits. La bonne longueur pour les jambes, c’est quand les pieds touchent terre. » A l’instar de Coluche, il n’y a pas de bon niveau de protection sociale, mais celui que chaque nation est capable de financer.

L’Assurance-maladie a connu un déficit de 13,8 milliards d’euros en 2024. Avec des raisons aussi structurelles : vieillissement, montée des arrêts longs liés à la santé mentale, etc. Mais, dans nos conditions de température (financière) et de double pression démographique (moins d’enfants, plus de seniors), il nous faut systématiquement veiller à ne pas l’aggraver.

Or, la fraude corrompt tout, y compris notre pacte social.

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Côté recettes générales, les contrôles ciblés de l’Urssaf ont conduit à 1,57 milliard d’euros de redressements en 2024 : quatre fois plus qu’il y a dix ans. Plus dissuasif.

Légalité et légitimité

Côté arrêts maladie : le renversant « je me mets en arrêt ! » incarne la croissance des certificats de complaisance, et sans doute aussi un problème de management.

Lire aussi | Quatre salariés sur dix se sont vu prescrire un arrêt maladie en 2024 ; les 18-34 ans et les manageurs sont les plus concernés

Légalité et légitimité ne font ici plus bon ménage. L’opinion publique s’étonne de voir indemnisé un salarié dont les pratiques quotidiennes contredisent son arrêt. La caricature étant le cas d’un mécanicien en arrêt pour une affection touchant ses deux mains, mais pilote de rallye amateur (Cass. soc., 16 oct. 2013). Tandis que les collègues héritent souvent des tâches de l’absent, avec in fine une spirale infernale d’absentéisme local, et de suspicion générale à l’égard de tous les malades.

Explication juridique. La Cour de cassation sépare l’assuré, devant rendre des comptes à la seule caisse primaire d’assurance-maladie, et le salarié en « arrêt de travail » qui, n’étant plus subordonné, n’en a en principe pas de comptes à rendre à son employeur.

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Un exemple topique : le malade « doit s’abstenir de toute activité non autorisée ».Quid de celui qui travaille pour une autre entreprise ? En principe, travailler pour une sociéténon concurrentene constitue pas, en soi, un manquement à l’obligation de loyauté. Pour fonder un licenciement, le salarié doit avoir causé un préjudice à son employeur. Ce qui, selon nos juges, n’est pas le cas des indemnités complémentaires versées.

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Grève du 18 septembre: quelques heurts en marge des mobilisations à Lyon, plus de 10.000 manifestants présents

La journée de mobilisation nationale, ce jeudi 18 septembre, bénéficie d’un certain écho à Lyon, où plusieurs actions ont lieu depuis le début de la matinée, notamment sur le périphérique, qui a été évacué après une tentative de blocage.

Une semaine après une première journée de mobilisation, de nouvelles actions sont menées en France ce jeudi 18 septembre. À Lyon, de nombreux groupes mobiles sont recensés, mais les actions réalisées sont limitées.

Des premiers heurts ont éclaté vers 12h30, avec des tirs de mortiers et des jets de projectiles en direction des forces de l’ordre au niveau de Saxe Gambetta. Deux personnes ont été blessées: un journaliste et un policier.

La CGT évoque la présence de 20.000 manifestants. La prefecture de police estime de son côté que 14.000 personnes participent à la mobilisation, dont 400 individus violents. Trois personnes ont été interpellées.

Une tentative de blocage du périphérique

Aux alentours de 7h30, un groupe d’une vingtaine de personnes ont brièvement occupé le périphérique, comme cela avait déjà été le cas le 10 septembre, dans le secteur Cusset. Ce blocage a duré une dizaine de minutes.

« La tentative de blocage a été très rapidement déjouée grâce à l’intervention rapide des effectifs de la police nationale et la circulation a été rétablie immédiatement », indique la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes sur X.

Sciences Po et l’ENS fermés

En ce qui concerne les établissements scolaires et universitaires, des mobilisations sont à signaler dans les lycées Saint-Exupéry et La Martinière. Contrairement à la semaine dernière, aucune tentative de blocage n’a eu lieu à l’université Lyon 2, où les cours doivent avoir lieu si la grève des professeurs reste limitée.

L’ENS Lyon et Sciences Po Lyon ont en revanche été fermés préventivement, sur décision des directions des établissements. Les cours sont annulés.

Quelques groupes ont été recensés brièvement dans le secteur Perrache tôt dans la matinée. Une opération de tractage a également eu lieu du côté de Villeurbanne.

Clémence Dubois-Texereau avec Mathias Fleury

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Une étape de sécurité supplémentaire pourrait compliquer vos virements à partir du 9 octobre

Avant de valider un virement, les banques devront bientôt vérifier la correspondance entre l’IBAN et le nom du titulaire du compte renseignés. Une étape de sécurité supplémentaire, pour éviter que votre argent soit envoyé à n’importe qui.

Peut-être que vous aussi au moment de faire un virement à un compte en rentrant son RIB, vous êtes pris d’une sueur froide. Une simple erreur de saisie de l’IBAN, et votre argent risque d’être envoyé à la mauvaise personne… Heureusement, cette angoisse sera bientôt du passé.

Comme le rapporte MoneyVox, à partir du 9 octobre, les banques seront obligées de mettre en place un système de vérification des bénéficiaires de virement. Concrètement donc, lorsqu’un de ses clients (qu’il soit particulier ou professionnel) effectuera un virement, une banque devra vérifier la correspondance entre l’IBAN et le nom du titulaire du compte renseignés.

Si ces deux données ne correspondent pas, votre banque vous enverra une alerte avant de valider le virement. Cela peut être le cas si vous avez fait une faute de frappe dans l’un des 27 caractères de l’IBAN. Ou alors, si vous n’avez rentré que le prénom ou le surnom du bénéciaire au moment de l’ajouter plutôt que son nom complet. Ou alors avez fait une faute dans l’orthographe de ce nom.

Un moyen de lutter contre les arnaques

Votre virement risque donc d’être bloqué. Mais c’est une bonne chose. Ce nouveau système empêche que votre virement ne soit envoyé au mauvais destinataire. Il a notamment été mis en place pour sécuriser les virements instantanés.

Ces derniers sont gratuits depuis janvier dernier (ils coûtaient généralement autour d’un euro auparavant). Mais ils sont de fait immédiats, et irréversibles: si vous vous apercevez que vous vous êtes trompé, il n’y a aucun moyen de récupérer votre argent. Alors qu’avec un virement classique, il y a un délai et l’argent peut être rattrapé en cas d’erreur.

Ce nouveau système de vérification va donc protéger le consommateur d’éventuelles erreurs de saisie. Mais va également permettre de contrer certaines fraudes. En effet, les arnaques dans lesquelles des escrocs se font passer pour un bénéficiaire légitime, et vous fournissent un IBAN pour que vous viriez de l’argent, sont extrêmement courantes.

Ces escroqueries aux faux ordres de virement se retrouvent dans des arnaques comme celle « au faux président », où une personne mal intentionnée usurpe l’identité d’un dirigeant d’entreprise. Ou alors dans celles aux sentiments, où les escrocs charment leurs victimes sur Internet et finissent par leur soutirer de l’argent.

Trois types de réponses possibles

Comment fonctionne ce système de vérification au juste? Concrètement au moment de valider le virement à ce nouveau bénéficiaire, votre banque interrogera en temps réel la banque du bénéficiaire. Cette dernière disposera de cinq secondes pour lui répondre.

Trois réponses seront possibles. Première: le nom et l’IBAN correspondent bien, vous pouvez poursuivre votre virement en toute sécurité. Deuxième: le nom ne correspond pas tout à fait. Par exemple, vous avez indiqué « Lilian Dupont » au lieu de « Lilian Dupond ». Dans ce cas, le nom exact de la personne vous est indiqué et vous pouvez choisir de confirmer ou annuler le virement.

Troisième possibilité: le nom ne correspond pas. Cela peut arriver aussi bien en cas d’usurpation que quand vous renseignez un surnom, ou un diminutif (« Lilian D » au lieu de « Lilian Dupond » par exemple). Vous serez averti du fait que les données ne correspondent pas, mais là on ne vous fournira pas le nom complet du bénéficiaire. Pour éviter cela, vous devrez donc être bien rigoureux au moment de procéder à un virement.

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Pourquoi le dispositif « Portable en pause », pour que les élèves déposent leur téléphone dans des casiers, a été ignoré par la plupart des collèges

Des élèves du collège Anjou-Bretagne de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) mettent leur téléphone portable dans une housse verrouillée jusqu’à la fin des cours, le 11 novembre 2024. JOSSELIN CLAIR/« LE COURRIER DE L’OUEST »/MAXPPP

Seuls 9 % des collèges ont mis en place, en cette rentrée, le dispositif « Portable en pause », qui consiste pour l’élève à se séparer physiquement de son téléphone en le déposant dans un casier ou dans une pochette scellée. La ministre de l’éducation nationale démissionnaire, Elisabeth Borne, avait pourtant insisté à la rentrée sur sa généralisation.

Derrière ce constat, dressé par le syndicat majoritaire des chefs d’établissement SNPDEN-UNSA dans son enquête de rentrée, on trouve à la fois du refus net et de l’attentisme : « 67 % disent qu’ils ne le feront pas, 25 % ne savent pas parce qu’ils attendent d’en savoir plus auprès de leur département », indiquait Bruno Bobkiewicz, le secrétaire général du syndicat, le 12 septembre.

Pour une majorité de principaux, cette mesure est plus ou moins sans objet, puisque l’usage du téléphone portable est déjà interdit dans les collèges depuis 2018. En pratique, les enfants peuvent l’avoir sur eux, mais ils n’ont pas le droit de s’en servir.

« On ne peut pas être contre le fait que les élèves utilisent moins leur téléphone, reconnaît Michaël Vidaud, principal dans un collège de Nice et secrétaire national au SNPDEN. Mais la loi de 2018, selon moi, est suffisante, car elle permet de confisquer des téléphones et de prendre des sanctions. » Depuis la rentrée, ce chef d’établissement a confisqué un seul appareil, à la fin de la deuxième semaine de cours. « Vous voyez, ce n’est pas insurmontable », conclut-il, en soulignant plutôt un problème au niveau des lycées – où le téléphone est autorisé dans les couloirs et où les élèves s’en servent en permanence.

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