1.426,30 euros nets par mois et même moins: la moitié des dirigeants de TPE gagnent moins que le Smic

Un tiers de ces artisans, commerçants et dirigeants de TPE déclarent même toucher moins de 1.000 euros par mois, selon une étude du syndicat des indépendants et des TPE.

Près de la moitié des dirigeants des très petites entreprises (TPE) se versent des salaires inférieurs au Smic, soit moins de 1.426,30 euros nets par mois, pour 50 heures de travail par semaine en moyenne, selon une étude du syndicat des indépendants et des TPE (SDI) publiée jeudi.

Un tiers de ces artisans, commerçants et dirigeants de TPE déclarent même toucher moins de 1.000 euros par mois, d’après cette étude.

Ces chiffres issus d’un sondage trimestriel, qui consulte les chefs d’entreprises comptant moins de dix employés et réalisant un chiffre d’affaire annuel inférieur à 2 millions d’euros, décrivent une conjoncture difficile.

La majorité des dirigeants interrogés constatent une baisse de leur activité par rapport au trimestre précédent. Cette tendance est marquée par un ralentissement généralisé des commandes.

50 heures de travail par semaine

En proie à des problèmes de trésorerie (56%) et de recrutement (84%), ils sont plus de neuf sur dix à exprimer un sentiment négatif vis-à-vis de leur activité. Un niveau jamais atteint ces deux dernières années, soit depuis le lancement de ce baromètre trimestriel réalisé par le SDI.

Ces difficultés poussent 16% des dirigeants de TPE à envisager de cesser leur activité d’ici la fin de l’année, alors que les défaillances d’entreprises ont continué à progresser au deuxième trimestre.

En 2021, la France comptait plus de 4 millions de TPE, qui employaient 2,6 millions de salariés, d’après l’Insee. Elles représentent près d’un dixième du produit intérieur brut (PIB) français.

Peu exportatrices, ces petites structures sont particulièrement dépendantes de la conjoncture nationale.

Celle-ci est marquée par un contexte d’incertitude budgétaire, dont le dernier épisode est la démission surprise lundi du Premier ministre Sébastien Lecornu, à quelques jours de la présentation prévue du budget par son gouvernement.

Le Premier ministre démissionnaire avait notamment annoncé qu’il comptait baisser la CVAE, un impôt sur la production, « qui pèse principalement sur les PME ». La majorité des TPE affichent des chiffres d’affaire inférieurs à 500.000 euros et sont donc déjà exonérées de la CVAE.

Cette enquête du SDI a été réalisée du 25 au 30 septembre auprès de 1.608 dirigeants de TPE.

Source

A Mayotte, un recensement « exceptionnel » après les polémiques sur le nombre réel d’habitants

Le bidonville du quartier de Cavani Sud, après le passage du cyclone Chido, à Mamoudzou, le 2 janvier 2025. JULIEN DE ROSA/AFP

C’est un chantier jugé « primordial », parmi tous ceux qui ont été entamés pour la reconstruction de Mayotte, ravagée par le cyclone Chido le 14 décembre 2024 : recenser le nombre d’habitants du territoire afin de calibrer les lourds investissements à venir. Une mission classique pour l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui se présente toutefois comme un défi majeur, en raison de polémiques récurrentes et de mises en cause de ses compétences.

Depuis plusieurs années, l’établissement public indépendant est accusé, et plus seulement par le personnel politique local, de sous-estimer la « population réelle » du territoire en ne comptant pas toute une partie des habitants sans papiers qui vivent dans les bidonvilles, regardés comme hostiles. Avec pour conséquence de fausser le niveau des financements publics octroyés aux collectivités locales.

Réclamée par l’ancien premier ministre (décembre 2024-septembre 2025) François Bayrou, l’organisation d’un nouveau recensement va entrer, après plusieurs mois de préparation, dans sa phase finale. Près de 800 agents recenseurs vont sillonner, du 27 novembre au 10 janvier 2026, le 101ᵉ département de France. « Une sorte d’opération commando avec des moyens exceptionnels, décrit Bertrand Kauffmann, inspecteur général à l’Insee et chef du projet de recensement 2025 de Mayotte. Il sera exhaustif et total. Il va toucher toute la population et partout. Et dans un temps limité. »

Il vous reste 79.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

« Une bourde monumentale »: une erreur sur un document entraîne le renvoi du procès du triple meurtre à Angers

Le procès d’un Soudanais pour un triple meurtre à Angers, dans le Maine-et-Loire, a été renvoyé à cause d’une anomalie dans un document de la cour d’assises. L’affaire devra donc être jugée à nouveau à une date ultérieure.

À la veille du verdict, fait rarissime, le procès d’un Soudanais pour un triple meurtre à Angers en 2022 a été renvoyé jeudi en raison d’une mention erronée de la condamnation à perpétuité de l’accusé figurant sur un document de la cour d’assises, qui fait valoir une « erreur matérielle et informatique ».

L’annonce du renvoi par le président de la cour Xavier Lenoir a été ponctuée de pleurs et de cris, voire d’insultes, de la part des familles des victimes de ce triple meurtre à l’arme blanche qui avait bouleversé Angers. L’affaire devra donc être jugée à nouveau, depuis le début et par d’autres magistrats de la cour d’assises, à une date ultérieure.

« C’est un scandale »

« On va devoir tout revivre », « c’est un scandale », « une honte », a-t-on entendu fuser sur les bancs des parties civiles avant la levée de l’audience. Tout débute mercredi soir à l’issue de la quatrième journée d’audience. Le président transmet à l’ensemble des parties un document papier avec le projet des questions soumises à la cour et aux jurés.

Mais à la fin du document, et des quelque cinquante questions, figure « une déclaration de culpabilité et une peine rattachées à une précédente affaire ayant servi de document de travail mais faisant apparaître le nom de Monsieur Al Zine Sulaymane », ont indiqué dans un communiqué les chefs de cour d’Angers.

Dans le document que l’AFP a pu consulter, est indiqué que la cour et le jury « condamnent, à la majorité qualifiée, Al Khawad Al Zine Sulaymane, à la peine de réclusion criminelle à perpétuité », avec une peine de sûreté de 22 années.

Une « suspicion légitime » à l’encontre du président

Jeudi matin, l’avocat de l’accusé, Me Charles-Alexis Garo, a ainsi transmis une « conclusion d’incident » à la cour pour une « suspicion légitime » à l’encontre du président.

Selon le communiqué des chefs de cour, ces mentions « apparaissent de nature à générer un doute quant à l’impartialité objective du président de la cour d’assises au cours de ce procès et à remettre en cause le droit à un procès équitable ».

A l’audience, le président Xavier Lenoir a « assumé » ce « dysfonctionnement », certifiant n’avoir « aucun a priori » par rapport à l’accusé, évoquant une erreur humaine avec un mauvais « copié remplacé ». « Il est de ma responsabilité de communiquer des pièces conformes », a-t-il reconnu.

« Bourde monumentale »

Évoquant une « bourde monumentale du président », Me Yassine Bouzrou, qui représente 18 parties civiles et qui a été le premier à révéler la teneur du document, souhaite que « l’accusé soit condamné suite à un procès équitable, et que sa condamnation ne puisse pas faire l’objet de contestations procédurales ou autres ».

Pour Me Pascal Rouiller, qui défend la famille de deux jeunes hommes tués originaires de Wallis, ce renvoi « est insoutenable pour les parties civiles, d’autant que la difficulté provient d’un avocat de l’une des parties civiles. Il va falloir tout recommencer à zéro. Le procès est retardé, mais le procès se tiendra ». Selon un autre avocat de parties civiles Me Thierry Fillion, le nouveau procès pourrait avoir lieu au printemps 2026.

L’accusé, de nationalité soudanaise et âgé de 35 ans, en habits sportifs et masque chirurgical, qui se fait traduire les débats en arabe, n’a pas réagi de manière particulière à ce coup de théâtre. Il reste placé en détention provisoire. Le statut de réfugié, qu’il avait obtenu en avril 2018, lui avait été retiré sept mois après les faits.

Al Khawad Al Zine Sulaymane comparaissait depuis le 3 octobre devant la cour d’assises du Maine-et-Loire pour les meurtres, un soir de juillet 2022 à Angers, de trois jeunes hommes âgés de 16, 18 et 20 ans avec lesquels il avait eu une altercation plus tôt. Il est également accusé d’avoir blessé trois autres personnes et d’avoir agressé sexuellement deux jeunes filles ce même soir. Il encourt la réclusion à perpétuité.

Source

« Répondre aux besoins des diasporas »: l’aéroport de Nantes annonce une ligne directe vers le Maghreb

Ce jeudi 9 octobre, l’aéroport de Nantes (Loire-Atlantique) et la compagnie Royal Air Maroc ont annoncé l’ouverture d’une nouvelle ligne entre Nantes et Marrakech.

Plusieurs vols par semaine. À compter du samedi 11 octobre, la compagnie Royal Air Maroc et l’aéroport Nantes Atlantique (Loire-Atlantique) vont inaugurer nouvelle ligne directe vers Marrakech, au Maroc.

Cette nouvelle ligne est la seconde desserte aérienne directe pour la compagnie marocaine depuis un aéroport du réseau Vinci, le premier étant Lyon (Rhône).

À partir de samedi 11 octobre, les lignes directes reliant Marrakech à Nantes seront opérées tous les mercredis et samedis. Le premier départ de Marrakech est programmé à 8h15 (heure locale) pour un atterrissage à l’aéroport de Nantes à 12h05 (heure locale). Quant au départ de Nantes, l’avion aux couleurs de Royal Air Maroc sera effectué à 13h05 pour une arrivée à Marrakech à 15h00 (heure locale).

Des billets déjà en vente

« Ces horaires sont conçus pour offrir une flexibilité optimale aux voyageurs », précise l’aéroport de Nantes. Toujours selon le communiqué de l’aéroport nantais, ces liaisons s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de développement du service « point-à-point » visant à mieux connecter les grandes destinations nationales aux principaux bassins européens.

« Elles nous permettent de répondre toujours mieux au besoin des diasporas marocaines et africaines, ainsi qu’à celui des touristes internationaux, tout en contribuant à l’essor de Marrakech en tant que destination touristique stratégique », a déclaré Hamid Addou, Président Directeur Général de Royal Air Maroc.

Les billets pour cette nouvelle ligne sont déjà disponibles à la vente, que ce soit sur le site de la compagnie aérienne ou sur celui de l’aéroport de Nantes.

Source

Gard : une femme retrouvée morte dans le coffre d’une voiture, son compagnon interpellé

Un homme a été interpellé dans le Gard, jeudi 9 octobre, après la découverte du corps de sa compagne, morte poignardée, dans le coffre d’une voiture, a annoncé le parquet de Nîmes.

Le corps de la femme de 37 ans, présentant « des traces récentes de violences par arme blanche », a été découvert au cours de la nuit de mercredi à jeudi dans le coffre d’un véhicule à Cornillon, a précisé dans un communiqué la procureure de la République Cécile Gensac.

Le compagnon de la victime, âgé de 26 ans, a rapidement été interpellé par les gendarmes, son « état psychiatrique » nécessitant « un placement immédiat en unité spécialisée », a précisé la procureure.

Une enquête de flagrance a été ouverte pour « homicide volontaire aggravé ».

Selon les derniers chiffres officiels, publiés à la fin de novembre 2024, 96 féminicides conjugaux ont été recensés par les forces de sécurité en France en 2023, sur 119 morts violentes survenues au sein du couple. Dans 82 % des cas, les auteurs sont des hommes.

Le Monde avec AFP

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.

Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.

S’abonner

Contribuer

Réutiliser ce contenu

Source

Gemini, 2 To de stockage… Google propose une offre gratuite pour les étudiants, voici comment en bénéficier

Depuis ce mercredi, Google propose un accès gratuit pendant un an à Google AI Pro pour les étudiants. Contenu de l’offre, conditions d’éligibilité, démarche… RMC Conso vous fait le point.

Vous êtes étudiant et vous avez l’habitude d’utiliser de nombreux outils et applications en ligne pour travailler?

Bonne nouvelle, depuis ce mercredi 8 octobre, Google propose aux étudiants de s’abonner gratuitement pendant un an à Google AI Pro, qui est habituellement facturé à 21,99 euros par mois.

Mais alors, que contient cet abonnement? Et comment en bénéficier? RMC Conso vous fait le point.

Gemini, NotebookLM, Google Home Premium…

L’abonnement, qui peut être être comparé à ChatGPT Plus vendu 23 euros par mois, comporte plus de choses incluses.

D’abord, vous avez un accès étendu à l’application Gemini, l’assistant IA de Google, et au site Gemini avec un accès aux meilleurs versions (Gemini 2.5 Pro, Gemini Deep Research) et moins de limites. Et vous pouvez par ailleurs l’intégrer aux autres outils comme Gmail, Docs, Sheets.

Vous avez aussi la possibilité de générer des photos et des vidéos avec Nano Banana, Imagen et Veo, les modèles de Google. Il y a aussi des crédits pour générer des vidéos avec les outils Flow et Whisk.

Vous bénéficiez également de NotebookLM: un carnet de notes boosté à l’intelligence artificielle qui permet de téléverser vos données, comme des enregistrements de cours par exemple, et de générer des podcasts pour réviser ou organiser des notes.

Dans cette offre, vous aurez également près de 2 To de stockage pour Google Drive, Photos, Gmail etc. À noter que le stockage peut être partagé en famille: les parents peuvent même être remboursés de leur abonnement en cours.

Enfin, vous avez aussi accès à Google Home Premium pour gérer votre intérieur, en connexion avec Gemini.

Comment s’abonner?

L’offre est accessible sur la page de Google One. « Elle est disponible pour les étudiants dont le statut est validé et qui ont 18 ans ou plus », est-il précisé.

Pour s’abonner à l’offre, il faut cliquer sur l’onglet « Vérifier mon éligibilité ». Google dispose d’un formulaire déjà utilisé ailleurs, notamment pour obtenir une remise sur YouTube Premium.

Il faut insérer votre nom, prénom, votre mail, votre date de naissance, le nom de votre université et renseigner votre numéro CVEC si vous en possédez un, pour accélérer la vérification. Vous pouvez aussi joindre un document de scolarité. Autrement, il faudra attendre que Google vérifie la véracité de vos informations.

Une fois le formulaire rempli, vous allez arriver à la page de paiement. Même si l’offre est gratuite pendant un an, il faut tout de même vous abonner. Une carte bancaire est obligatoire, avec un paiement de 21,99 euros à partir du treizième mois.

Pas de panique, l’abonnement est sans engagement et « résiliable à tout moment ». Faites attention, en revanche, à l’utilisation du stockage. Si vous utilisez une bonne partie des 2 To et que vous souhaitez résilier, il faudra tout supprimer de votre compte. Mettez-vous un rappel et anticipez en faisant une copie de vos données.

Avec cette promotion inédite, la volonté de Google est claire: essayer de rivaliser avec Chat GPT et ses 800 millions d’utilisateurs, notamment auprès des jeunes.

Si vous êtes intéressés par l’offre, vous avez jusqu’au 9 décembre pour vous abonner. Et si vous ne souhaitez pas utiliser de plateforme américaine, il existe une alternative française à Gemini et ChatGPT: Le Chat, par Mistral.

Source

Interpellé en Grèce, un ancien membre du « gang de Roubaix » réclamé par la Bosnie

Lionel Dumont, au palais de justice de Douai (Nord), le 5 décembre 2005. DENIS CHARLET/AFP

Lionel Dumont n’en a pas fini avec la justice. L’un des principaux membres du « gang de Roubaix », un groupe de jeunes musulmans radicalisés qui ont enchaîné braquages sanglants et tentative d’attentat dans la métropole lilloise en 1996, saura le 20 octobre si la justice grecque autorise son extradition vers la Bosnie-Herzégovine, où il est toujours recherché par les autorités. L’avocate de Lionel Dumont, Me Alexandra Spanaki, a assuré auprès de l’AFP que la peine à laquelle il a été condamné il y a vingt-neuf ans « a été prescrite ». Selon elle, Lionel Dumont « a été arrêté en vertu d’un vieux mandat d’arrêt d’Interpol ». Pour autant, « il ne veut pas être extradé en Bosnie, il veut être extradé en France ».

Cet ancien étudiant en histoire né à Roubaix (Nord) avait été interpellé en mai dernier en Crête, où il était en vacances. Une « notice rouge » d’Interpol, toujours active, lui a brutalement rappelé que la justice bosniaque le recherchait toujours. En 1997, elle l’avait condamné à vingt ans de prison pour des braquages commis là-bas et au cours desquels un policier et un pompiste avaient été abattus. Il s’était évadé deux ans plus tard de sa prison de Sarajevo.

Il vous reste 74.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Adèle Haenel remet en cause l’hétérosexualité au Théâtre parisien des Bouffes du Nord

La comédienne poursuit ses engagements en lisant les textes de la philosophe et militante féministe lesbienne Monique Wittig sur scène au Théâtre parisien des Bouffes du Nord. Après sa mission sur une flotille humanitaire, elle revient sur son engagement auprès des Palestiniens.

La mise en scène de textes féministes, après une mission sur une flottille humanitaire en soutien aux Palestiniens: la comédienne Adèle Haenel poursuit ses combats militants, à travers des engagements « cohérents » qu’elle raconte dans une interview à l’AFP.

« J’ai souhaité participer à cette mission, puisque je ne pouvais plus rester silencieuse et complice du silence des gouvernements, face au génocide en Palestine », déclare l’actrice française, rencontrée à l’occasion de la première du spectacle qu’elle met en scène et interprète au Théâtre parisien des Bouffes du Nord.

En septembre, elle a embarqué, avec des militants de plus de 40 pays, trois semaines à bord de l’un des bateaux de la flotille Global Sumud, qui entendait rompre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.

« La complicité des institutions »

Mercredi soir, à l’issue de la représentation, la comédienne a demandé au public d’observer une minute de silence et a lu une tribune de soutien à Gaza, devant un parterre de personnalités artistiques telle que les réalisatrices Alice Diop et Céline Sciamma ou le directeur de Chaillot-Théâtre de la danse Rachid Ouramdane.

« C’est une façon de prendre la mesure de la gravité de la situation, de réfléchir à chacune des vies qui a été massacrée en Palestine », a-t-elle expliqué à l’AFP, quelques heures avant l’annonce, jeudi, d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, une étape majeure visant à mettre fin à deux ans de guerre à Gaza.

Adèle Haenel pointe du doigt « la complicité des institutions », « la collaboration de l’État français au génocide en Palestine ». Ce dernier « a le devoir de mettre un embargo sur les armes, de cesser la collaboration politique et économique » avec Israël, estime-t-elle.

Elle dénonce aussi les « actes de torture infligés » aux militants après l’arraisonnement de leurs embarcations ces derniers jours.

« Le gouvernement israélien piétine le droit international, en attaquant des bateaux chargés de civils et d’aide humanitaire ». Ce sont des « actes de piraterie », s’agace-t-elle, disant défendre « une cause juste ».

La remise en cause de l’hétérosexualité comme modèle de société

Sur la scène, elle porte un autre engagement: « Réfléchir » à la pensée de Monique Wittig, militante féministe lesbienne (1935-2003), qui prônait la remise en cause de l’hétérosexualité comme modèle de société.

Assise dans ce qui pourrait être une clairière de forêt jonchée de feuilles aux couleurs de l’automne, autour d’un feu de bois factice, l’actrice expose, de manière didactique, les concepts développés par la militante. Elle explique combien hétérosexualité est à ses yeux « une construction sociale », « un système politique qui maintient la binarité de genre » et perpétue « la domination de l’homme sur la femme ».

Elle est accompagnée de sa complice du collectif Dame Chevaliers Caro Geryl pour le « design sonore », qui ponctue son propos de bruitages de cris d’animaux de la forêt et de musique. Des moments qu’elle veut suspendus ou haletants: « L’émotion est au centre. Car la compréhension, c’est quelque chose qui transforme, qui bouleverse hyper profondément », dit-elle.

Un livre en préparation

L’actrice avait dénoncé en 2019 les agressions sexuelles, commises quand elle avait 12 à 14 ans par le réalisateur Christophe Ruggia (pour lesquelles il a été condamné à quatre ans de prison, une peine dont il a fait appel), ouvrant la voie au #Metoo français dans le cinéma. Elle s’était ensuite mise en retrait de cet art.

Définitivement ? « Tant que vous produisez ces images sexistes, racistes, validistes, et tant que vous reposez sur un système de création des images qui repose sur l’exploitation et la violence, c’est sûr que je ne vais pas participer », lance-t-elle.

« Mais ça ne veut pas dire que le médium cinéma en lui-même ne m’intéresse pas. Il est magnifique, comme l’écriture est magnifique, comme les médiums artistiques ».

L’artiste travaille actuellement à une nouvelle création avec la chorégraphe et plasticienne Gisèle Vienne, figure de la scène contemporaine.

« J’ai écrit un livre sur le jeu d’acteur qui devrait sortir dans les prochains mois », indique-t-elle également.

Source

La tombe de Robert Badinter profanée à Bagneux, à quelques heures de la panthéonisation du grand homme

Près de la tombe de Robert Badinter, qui a été vandalisée quelques heures avant son transfert au Panthéon, au cimetière de Bagneux, le 9 octobre 2025. THOMAS SAMSON / AFP

La tombe de l’ancien ministre de la justice Robert Badinter, lequel doit entrer jeudi 9 octobre, au Panthéon, a été dégradée au cimetière parisien de Bagneux, a fait savoir la mairie de cette ville des Hauts-de-Seine à l’Agence France-Presse (AFP).

Lire aussi la nécrologie | Article réservé à nos abonnés Robert Badinter, l’ancien ministre et avocat qui a fait abolir la peine capitale en France, est mort

Selon un communiqué du tribunal de Nanterre, les mots « Eternelle est leur reconnaissance. Les assassins, les pédos, les violeurs, la République le sanctifient » ont été tagués à la peinture bleue sur la pierre tombale de l’ancien avocat, mort en février 2024.

La dégradation de la tombe de l’artisan de l’abolition de la peine de mort en France survient quelques heures avant son entrée au Panthéon, jeudi soir, lors d’une cérémonie solennelle présidée par Emmanuel Macron.

« Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire »

« Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire », a dénoncé le président de la République, Emmanuel Macron, dans un message publié sur le réseau social X. « La République est toujours plus forte que la haine », a-t-il écrit.

La maire communiste de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, a condamné un « acte lâche ». « Les inscriptions retrouvées par la police mettent en accusation ses engagements contre la peine de mort et pour la dépénalisation de l’homosexualité », a dénoncé l’édile. « Elles sont indignes de cet ancien ministre et sénateur, porteur des avancées historiques qui ont permis d’abolir la peine de mort en France, en 1981 et de dépénaliser l’homosexualité en 1982 », a-t-elle continué dans son communiqué.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a également condamné un « acte de lâcheté et d’indignité ». « La Ville de Paris a adressé ce matin un signalement auprès du parquet afin que le ou les auteurs puissent être interpellés et condamnés », a-t-elle déclaré à la presse.

« On peut profaner une tombe, pas une conscience », a réagi Juliette Méadel, ministre de la ville démissionnaire et élue à Montrouge, commune voisine de Bagneux. « Robert Badinter est la conscience et le visage de la République et ça : personne ne nous l’enlèvera », écrit-elle sur X.

Une enquête a été confiée à la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les notes inédites de la plaidoirie de Robert Badinter qui a évité à Patrick Henry une condamnation à mort

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Ursula von der Leyen échappe à la motion de censure de l’extrême droite et à celle de la gauche radicale

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a échappé ce jeudi 9 octobre à deux motions de censure, l’une portée par l’extrême droite, l’autre par la gauche radicale. La première a recueilli 179 voix favorables, la seconde 133, bien en deçà de la majorité requise au sein du Parlement européen.

Ursula von der Leyen a de nouveau échappé largement à la censure ce jeudi 9 octobre, se félicitant du « fort soutien » du Parlement européen, même si les critiques persistent contre la présidente de la Commission.

Les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg ont nettement rejeté deux motions de censure, l’une venant de l’extrême droite, l’autre de la gauche radicale. La première, présentée par Les Patriotes pour l’Europe (Pfe), groupe présidé par le Français Jordan Bardella, a récolté 179 voix en sa faveur, 378 voix contre et 37 abstentions.

Fracture au sein de la droite, la gauche divisée

Changeant de cap, quatre eurodéputés français de droite dont le vice-président des Républicains François-Xavier Bellamy ont allié leurs voix à l’extrême droite, seuls parlementaires de la droite européenne (PPE) à faire ce choix.

Interrogé par l’AFP, François-Xavier Bellamy a expliqué avoir voulu marquer son opposition à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, pour ne pas « être en contradiction avec les engagements pris pendant notre campagne, et le combat que nous menons sans relâche en particulier pour protéger nos agriculteurs ».

La seconde motion, venant du groupe de La Gauche, co-présidé par la Française Manon Aubry, a recueilli seulement 133 voix pour, avec un nombre plus élevé de parlementaires s’y opposant (383 voix contre) et 78 abstentions. Cette faible mobilisation en faveur de la motion de gauche a suscité l’ire de Manon Aubry sur le réseau social X.

« Seulement 3% des socialistes européens, dont aucun Français, ont voté pour notre motion de censure contre Ursula von der Leyen », a déploré Manon Aubry.

En comparaison, 30% des Verts et seulement 10 % des élus du groupe Patriotes pour l’Europe l’ont appuyée.

Von der Leyen salue le « fort soutien » du Parlement

Après ces résultats, meilleurs que ce que l’exécutif redoutait, Ursula von der Leyen s’est réjouie du « fort soutien » du Parlement dans un message publié sur le réseau social X.

Elle conforte ainsi sa coalition entre sociaux-démocrates, centre (Renew) et la droite (PPE), même si le camp dit pro-européen exprime lui aussi ses critiques.

« La majorité fonctionne mal »

Les votes de ce jeudi avaient un air de déjà-vu pour Ursula von der Leyen, après une motion de censure en juillet initiée par un eurodéputé roumain d’extrême droite, Gheorghe Piperea (ECR). Cette motion avait été soutenue par 175 eurodéputés, surtout d’extrême droite, avec une douzaine de parlementaires de la gauche radicale. Elle avait été rejetée par 360 voix.

Marschall Truchot : Von Der Leyen, son avion attaqué par les Russes ? – 01/09

Depuis juillet, « on ne peut pas dire qu’on ait réellement fait de progrès dans ce Parlement. La majorité pro-européenne qui vous a élue fonctionne mal, toujours aussi mal », a déploré la cheffe des centristes Valérie Hayer lors d’un débat lundi dans l’hémicycle.

La gauche et le centre reprochent à Ursula von der Leyen, et plus largement à la droite dont elle est issue, de cultiver l’ambiguïté avec l’extrême droite et de détricoter les lois environnementales.

« Vous devez choisir entre vos alliés et ceux qui ne sont pas nos amis », lui a lancé lundi la présidente des sociaux-démocrates Iratxe Garcia.

Malgré des critiques, députés de droite, sociaux-démocrates et centristes continuent de soutenir largement Ursula von der Leyen. Les Français Jordan Bardella (Patriotes pour l’Europe) et Manon Aubry (La Gauche) l’avaient eux appelée à partir.

Tirs croisés de Bardella et Aubry, von der Leyen tempère

Lundi, Manon Aubry l’a accusée d' »inaction » face au « génocide » à Gaza, tandis que Jordan Bardella a dénoncé une « fuite en avant migratoire » de l’UE et une « reddition commerciale » dans l’accord avec Donald Trump. Dans un message publié jeudi, il a élargi ses accusations à une « fuite bureaucratique et financière ».

« L’Europe n’est pas une machine administrative, c’est une civilisation. Et une civilisation ne se gouverne pas par des normes, mais avec le consentement des peuples libres et des Nations qui la composent », a-t-il affirmé.

Ursula von der Leyen a répondu à ces attaques avec un ton plus conciliant qu’en juillet, lorsqu’elle avait taxé les initiateurs de la motion de censure « d’extrémistes », « antivaccins » et admirateurs « de Poutine ». Elle a appelé à l’unité et averti que toute division serait « exploitée » par les adversaires de l’Union européenne, mentionnant la Russie.

Une motion de censure peut être présentée par un dixième des eurodéputés, soit 72 parlementaires. Pour être adoptée, elle doit recueillir la majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des eurodéputés. Le Parlement européen n’a jamais renversé une Commission. 

Avec un cas particulier en 1999: avant un vote perdu d’avance, la Commission européenne de l’époque, présidée par le Luxembourgeois Jacques Santer, avait démissionné à la suite d’un rapport accablant sur sa « lourde responsabilité » dans des affaires de fraude.

Source