Archives vintage et effets spéciaux: comment « L’Inconnu de la Grande Arche » recrée le Paris des années 80

Le cinéaste Stéphane Demoustier livre un film sur le chantier titanesque de la Grande Arche, en salles ce mercredi. Récit d’un tournage ambitieux qui mêle vintage et effets spéciaux.

Des automobiles du temps d’avant balaient continûment l’avenue pavée des Champs-Élysées, encadrée par une rangée d’arbres altiers. Au milieu, deux hommes, l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen (joué par Claes Bang, déjà vu dans The Square de Ruben Östlund) et le président de la République de l’époque, François Mitterrand (Michel Fau), sont posés là, de part et d’autre de la ligne blanche. Le premier pointe l’horizon, le second l’observe. Au loin, l’autoritaire Arc de Triomphe et, peut-être, encore plus en arrière-plan, l’ombre de la Grande Arche.

Cette scène-carte postale des années 80 de L’Inconnu de la Grande Arche, cinquième long-métrage de Stéphane Demoustier, projeté à Cannes cette année, qui retrace l’histoire tragique et oubliée de l’architecte danois, catapulté chef de l’énorme chantier mitterrandien de la Grande Arche, est peut-être le cœur du film. Ou résume au moins à elle seule le degré de précision de son cinéaste, qui a reconstruit, patiemment, comme rarement dans le cinéma français, le Paris d’antan.

Trois heures sur les Champs

« Je voulais absolument qu’on tourne sur les Champs pour que le spectateur puisse comprendre et visualiser cet axe royal allant du Louvre à l’Arc de Triomphe, cette perspective dont les personnages parlent sans cesse. Il fallait que le film rende les choses tangibles, perceptibles, confie Stéphane Demoustier à BFMTV.com. D’autant que cette scène s’est réellement produite. »

Pour cela, le cinéaste a longuement féraillé avec les autorités pour obtenir un accès total, trois heures durant, à l’avenue, un dimanche matin ensoleillé (« un miracle », dit-il). Il a ensuite fallu faire venir une flopée de collectionneurs de voitures des années 70 et 80, leur demander de s’habiller comme à l’époque, « car ce sont eux qui les conduisent à l’écran », précise-t-il, et organiser méticuleusement leur ronde sur les Champs et ce, avec des « talkies-walkies ».

Coût total de l’opération: 300.000 euros – sur un budget total de 6,5 millions d’euros, bien loin donc des 2,7 milliards de francs consacrés à la construction de la Grande Arche.

Drame politique

Stéphane Demoustier, qui s’est librement inspiré de l’ouvrage de la romancière Laurence Cossé, La Grande Arche, publié en 2016, a aussi « eu la chance », dit-il, de pouvoir tourner dans l’antre de l’Élysée, à La Défense, à la préfecture des Hauts-de-Seine et des Yvelines, au Louvre (où se situait à l’époque le ministère du Budget) ainsi qu’au Danemark et dans les mines de marbre de Carrare. « On a eu accès à des lieux patrimoniaux qui donnent toute son assise à l’histoire et qui, petite aubaine, n’ont pas beaucoup changé depuis les années 80 », insiste l’intéressé.

Car, L’Inconnu de la Grande Arche est certes un mélodrame architectural et intime, mais aussi un grand film politique, sur les coulisses du pouvoir, le basculement dans le néolibéralisme, la fin de l’ère romantique, les contraintes économiques et administratives, les décisions contradictoires au sommet de l’État, les blocages entêtants de la Ve République, qui « font grandement écho » à la situation parlementaire actuelle, soutient Demoustier.

Johan Otto von Spreckelsen, cet inconnu qui a remporté en 1983 à la surprise générale, à 53 ans passés, le concours d’architecture pour bâtir la Grande Arche de La Défense, a vu ses grandes ambitions freinées par la première cohabitation, de 1986 à 1988, et le retour au pouvoir de la droite. Esseulé, peu aidé par ses pseudo-alliés (joués notamment par Swann Arlaud, architecte pragmatique et jaloux, et Xavier Dolan, qui marque son grand retour au cinéma en tant qu’acteur depuis 2021), incapable de mener à bien son projet, le Danois y laissera sa santé et son idéalisme, démissionnera et mourra d’un cancer peu avant l’inauguration du cube vitré.

Effets spéciaux

Autre prouesse du tournage, si ce n’est la plus grande, la plus épique, reconstituer le chantier titanesque de la Grande Arche. « Je voulais absolument qu’on sente qu’il était immense parce que c’est l’histoire d’un type écrasé par sa propre œuvre, accablé par ce gigantisme », explicite le cinéaste.

La reconstitution, avec des effets spéciaux et des images d’archives, du chantier de « L’Inconnu de la Grande Arche » © Agat Films, Le Pacte

Faute de budget suffisant, Stéphane Demoustier et ses équipes choisissent non pas de tourner à La Défense puis de retirer en post-production tout ce qui n’existait pas à l’époque, mais de recréer des morceaux de chantier dans un studio gadouilleux en plein air, à Coulommiers pour les plans serrés. Et de compléter ces images par des plans plus larges du site, fabriqués à partir d’images d’archives et d’effets spéciaux numériques. Ces derniers ont notamment permis de replacer la tour Fiat ou le Cnit, premier bâtiment construit à La Défense en 1958, dans le film.

« C’était plus simple et moins onéreux d’ajouter le décor de La Défense d’antan que d’enlever La Grande Arche d’aujourd’hui du décor », résume le réalisateur, qui précise que cette technique de reconstitution est, à sa connaissance, inédite en France. Les effets spéciaux et la reconstitution des décors en studio ont coûté chacun un peu plus de 500.000 euros. Un exploit apparemment technique, visuel mais aussi budgétaire donc.

Source

Ariane-6 : décollage réussi du satellite Sentinel-1D pour la surveillance de l’environnement, dans le cadre du programme Copernicus

La fusée Ariane-6, transportant le satellite d’observation terrestre Sentinel 1-D de l’Agence spatiale européenne, lors de son décollage, à Kourou, en Guyane, le 4 novembre 2025. RONAN LIETAR/AFP

Le lanceur lourd européen Ariane-6 a décollé, mardi 4 novembre dans la soirée, du centre spatial de Kourou, en Guyane française, avec à son bord un nouveau satellite destiné à la surveillance de l’environnement, a constaté sur place un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP).

Le décollage a eu lieu à 18 h 02 locales (22 h 02 heure de Paris), suivi de la séparation du lanceur et du satellite, 33 minutes et 51 secondes après l’envol.

Il s’agit de la première étape de la mise en orbite héliosynchrone de ce satellite qui pèse plus de deux tonnes, laquelle interviendra à 693 km d’altitude. Ce type d’orbite permet à l’engin de passer près des pôles et de survoler chaque point de la Terre à la même heure solaire, ce qui facilite la comparaison des images dans le temps.

Lire aussi (2024) | Article réservé à nos abonnés Agence spatiale européenne : Avec le succès du lancement d’Ariane-6, l’Europe retrouve l’accès à l’espace

Cette mission est le troisième vol commercial d’Ariane-6 depuis sa mise en service l’an passé. Le nouveau lanceur lourd européen avait réalisé un vol inaugural en juillet 2024, marquant le retour d’un accès autonome à l’espace pour l’Europe, malgré l’échec de la rentrée atmosphérique de l’étage supérieur en fin de mission. Ensuite la fusée européenne a effectué deux vols commerciaux cette année : le 6 mars avec un satellite militaire et le 13 août avec un engin météorologique.

Acquisition d’images y compris au travers des nuages

Cette fois, la fusée emporte à son bord le satellite Sentinel-1D, fabriqué par Thales Alenia Space, dans le cadre du programme Copernicus, composante d’observation de la Terre du programme spatial de l’Union européenne.

Lire aussi l’éditorial (2024) | Ariane-6, un petit pas pour l’Europe spatiale

Il comprend un instrument radar avancé qui lui permet d’acquérir des images de la surface terrestre quelles que soient les conditions météorologiques, y compris au travers des nuages. Il pourra ainsi envoyer des données d’observation de la Terre à toute heure du jour et de la nuit.

Il livrera des données essentielles et précieuses aux scientifiques, autorités et institutions à travers le monde pour suivre l’évolution de la glace de mer, des icebergs et des glaciers, et pour détecter les déversements d’hydrocarbures, les déforestations et les effets du changement climatique tels que les inondations, les glissements de terrain, etc.

La durée de vie prévue de Sentinel-1D est de sept ans et demi. Il doit rejoindre Sentinel-1 C, lancé en décembre 2024, et remplacer Sentinel-1 A, lancé en 2014 et qui approche de sa fin de vie opérationnelle.

Lire aussi le récit : Article réservé à nos abonnés Programme spatial Ariane : du succès d’Ariane-5 aux incertitudes d’Ariane-6

Au moins un quatrième vol commercial d’Ariane-6 est prévu d’ici la fin de l’année. A la mi-septembre, Arianespace avait révisé en baisse, à quatre contre cinq auparavant, le nombre de lancements commerciaux d’Ariane-6 en 2025, mais promis d’à peu près doubler ce chiffre en 2026. Avec ces lancements, l’Europe a retrouvé son autonomie d’accès à l’espace, crucial dans le contexte géopolitique actuel.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

« Des sévices graves »: des adolescents avouent s’être filmés en Corse en train d’égorger une vache et d’abattre un veau

Âgés de 15 à 16 ans, ces adolescents ont avoué avoir égorgé une vache et abattu son veau en Corse cet été lors de leur garde à vue cette semaine.

Quatre adolescents ont été placés en garde à vue cette semaine, puis relâchés ce vendredi 31 octobre, pour avoir égorgé une vache et abattu son veau en Corse cet été, avant de diffuser les vidéos de ces sévices sur les réseaux sociaux, a appris l’AFP auprès de la gendarmerie, confirmant une information de Corse Matin.

Une enquête a été ouverte pour « actes de cruauté et sévices graves ayant entraîné la mort », a indiqué vendredi le parquet d’Ajaccio.

Trois mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue mercredi, tandis qu’un quatrième, soupçonné d’avoir transporté ses amis en voiturette, a été appréhendé jeudi. Tous ont été relâchés vendredi.

Les jeunes, âgés de 15 et 16 ans, ont reconnu les faits, a affirmé Sophie Shushi, commandante de la compagnie de gendarmerie de Sartène (Corse-du-Sud).

« On a tué ta mère »

Des vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux en juillet, montrent des adolescents « éclaboussés de sang » et une « vache au sol avec une mare de sang, en train d’être décapitée », a rapporté la commandante Shushi.

Alors que le « petit veau tourne autour », les jeunes « crient: ‘on a tué ta mère' », avant de l’abattre avec une arme à feu, a-t-elle ajouté.

Les vidéos ont été rapidement supprimées des réseaux sociaux.

Le propriétaire des animaux n’a pas été identifié, a précisé la gendarmerie, qui indique continuer les investigations « pour identifier les rôles de chacun ».

Source

Un étudiant lyonnais porté disparu en marge d’une soirée d’Halloween, une enquête ouverte

Flynn Ganneval, étudiant de l’EM Lyon âgé de 19 ans, est porté disparu depuis la soirée du 29 octobre, dans le secteur de Confluence. Une enquête pour disparition inquiétante a été ouverte.

Une enquête pour disparition inquiétante a été ouverte jeudi 30 octobre pour tenter de retrouver Flynn Ganneval, un étudiant de l’EM Lyon âgé de 19 ans, a appris BFM Lyon auprès de la police, confirmant des informations d’Actu Lyon.

Le jeune homme n’a plus donné signe de vie depuis le 29 octobre au soir, alors qu’il passait la soirée dans le quartier de Confluence lors d’une fête pour Halloween. Selon nos confrères, ce sont des amis de l’étudiant, d’origine autrichienne, qui ont prévenu les forces de l’ordre.

Toujours selon nos confrères, des plongeurs ont été mobilisés vendredi 31 octobre pour sonder la Saône. « Des investigations sont en cours pour tenter de le retrouver », nous confirme la police.

Source

EN DIRECT, Gaza : l’armée israélienne annonce avoir identifié l’otage dont la dépouille a été rendue mardi

Les Etats-Unis veulent une force internationale de stabilisation à Gaza au moins jusqu’en 2027, selon la presse américaine et israélienne

Washington a envoyé, lundi, à plusieurs membres du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à établir une force internationale de sécurisation à Gaza pour une durée d’au moins deux ans, a fait savoir le site américain Axios, qui a obtenu une copie du document. Le journal israélien The Jerusalem Post a également pu le consulter.

En vertu du plan du président américain, Donald Trump, sur lequel est fondé l’accord de cessez-le-feu, cette force de stabilisation, formée principalement de troupes de pays arabes et musulmans, doit se déployer à Gaza à mesure que l’armée israélienne s’en retirera. Le projet de résolution, qui devrait servir de base à la discussion, donnerait aux Etats-Unis et aux autres pays participants un large mandat pour gouverner Gaza et y assurer la sécurité jusqu’à la fin de 2027, avec possibilité de prolongation après cette date.

La force aurait pour mission de sécuriser les frontières de Gaza avec Israël et l’Égypte, de protéger les civils et les couloirs humanitaires, et de former une nouvelle force de police palestinienne. Sa mise en place et ses opérations se feraient « en étroite consultation et coopération avec l’Égypte et Israël ». Le document prévoit, ajoute Axios, qu’elle soit déployée dans l’enclave palestinienne « sous un commandement unifié acceptable pour le Conseil de la paix » – que Donald Trump entend présider.

Le projet de résolution appelle aussi, note le site en ligne, à donner à ce Conseil de la paix les moyens d’agir en tant qu’« administration transitoire » afin de définir les priorités et de lever des fonds pour la reconstruction de Gaza, jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne « ait mené à bien son programme de réforme » et après approbation du Conseil de paix.

Selon les deux médias, la force internationale serait également chargée de superviser la démilitarisation du Hamas si ce dernier ou certains de ses membres refusaient de le faire volontairement. Il s’agirait, selon le projet de résolution cité par Axios, de « stabiliser l’environnement sécuritaire à Gaza en garantissant le processus de démilitarisation de la bande de Gaza, y compris la destruction et la prévention de la reconstruction des infrastructures militaires, terroristes et offensives, ainsi que le démantèlement définitif des armes des groupes armés non étatiques ».

Source

Sur ce marché parisien, les Français lassés par les discussions parlementaires sur le budget


Sur ce marché parisien, les Français lassés par les discussions parlementaires sur le budget{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>

Sur le même sujet

1:14

« Je suis convaincue que c’est la société civile, les associations, les syndicats qui nous sortiront de tout ça », assure Clara, étudiante

0:49

FORUM BFMTV – Est-ce que le nombre d’élus en France dépasse celui des autres pays?

2:43

Crise politique: « Proposez-vous des idées et faites avancer notre pays », exige Benoît, chef d’entreprise

3:48

« Avec vos réflexions, vous nous saoulez »: Florian, agriculteur, interpelle Jonas Haddad, porte-parole des LR, après avoir fait une réflexion sur Sébastien Delogu

1:13

FORUM BFMTV – « On est toujours dans l’opposition des classes », déplore Maxime, boulanger

2:12

« La France, aujourd’hui, est dans la précarité vis-à-vis du reste du monde », assure Marc Touati, économiste

3:34

FORUM BFMTV – Impôts, élus: la grande défiance ?

2:19

« Moi je n’ai plus le pouvoir de consommer, je n’ai que le pouvoir de survivre », déclare Clara, étudiante

2:23

« Arrêtez de faire de la caricature M. Haddad! »: l’échange tendu entre Dieynaba Diop (PS) et Jonas Haddad (LR)

4:55

FORUM BFMTV – Impôts, élus: la grande défiance ?

2:22

FORUM BFMTV – Impôts, élus: la grande défiance ?

3:30

Défiance à l’égard des élus: « Vous n’avez pas le courage de faire les choses », lance Maud, auto-entrepreneuse

1:55

FORUM BFMTV – Impôts, élus: la grande défiance ?

3:37

FORUM BFMTV – Impôts, élus: la grande défiance ?

appendScript(« /assets/v13/js/videoPlayer.891ee547d07abbb206ad.js »));]]>s());]]>{window.tagCoScriptLoaded=true};]]> appendScript(‘https://synchrobox.adswizz.com/register2.php’));]]> appendScript(‘https://delivery-cdn-cf.adswizz.com/adswizz/js/SynchroClient2.js’));]]>

Source

Une balade à L’Isle-Adam, d’une plage fluviale à une forêt domaniale

Une plage, un port, des îles et une forêt, accessibles en train par la gare de L’Isle-Adam – Parmain, sur la ligne H du Transilien. A 35 kilomètres au nord de Paris, la ville du Val-d’Oise, lovée entre une rivière et un massif forestier, fut connue pour son faste princier, puis en tant que villégiature bourgeoise et, aujourd’hui, comme destination de promenade ou de baignade, avec la plus grande plage fluviale de France.

Platanes centenaires et palmipèdes

Construit à la fin du XVIIIᵉ siècle, le pavillon chinois, dans le parc de Cassan, est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. GIL GIUGLIO

Est-ce l’omniprésence des espaces verts – 95 hectares, soit 80 mètres carrés par habitant – qui apaise immédiatement ? Dès la sortie de la gare, après avoir traversé l’Oise et ses deux îles, le rythme semble ralentir, les badauds marcher plus tranquillement. Et, partout à L’Isle-Adam, les nombreux bancs invitent à la pause. En ligne de mire, l’élégant clocher d’inspiration gothique et Renaissance de l’église Saint-Martin, du XVe siècle, attire vers le centre, par la très commerçante Grande-Rue.

Il vous reste 88.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

La colère noire de De Zerbi, la « corruption » de Longoria… comment les défaites contre Auxerre ont profondément marqué l’OM

Troisième de Ligue 1 avant la 11e journée, l’OM retrouve ce samedi l’AJ Auxerre (21h05), à l’Abbé Deschamps, une équipe qui lui avait infligé deux claques la saison dernière. Des épisodes marquants dans la construction de ce Marseille cuvée 2025-2026.

Faut-il croire à une malédiction auxerroise ? Au moment d’aller dans l’Yonne défier l’AJA ce samedi (21h05), à l’occasion de la 11e journée de Ligue 1, Marseille et Roberto De Zerbi auront forcément en tête les deux affrontements de la saison dernière, conclus par deux défaites cuisantes mais qui ont aussi contribué à construire l’OM actuel.

Acte 1 : le naufrage au Vélodrome et le choc De Zerbi

Le 8 novembre 2024, il y a presque un an jour pour jour, l’OM reçoit Auxerre dans la chaleur du Vélodrome. Les Marseillais sont deuxièmes au classement mais ils sont en souffrance à domicile, où ils ont été corrigés deux semaines plus tôt par le PSG (3-0). Problème, la réaction attendue tourne au fiasco. A la pause, l’AJA mène sans forcer 3-0 et s’impose finalement 3-1 devant un public dépité. De Zerbi l’est tout autant et sa conférence de presse sera le premier moment très chaud d’une saison qui n’en manquera pas. « Je viens de la rue, je suis direct, je ne parle pas pour parler. Je l’ai dit à Medhi Benatia (directeur du football, ndlr) et à Pablo Longoria (président de l’OM) : si je suis le problème, je suis prêt à partir. Je laisse l’argent et je rends mon contrat », lâche l’Italien, tout en frustration et en colère rentrée.

Les journalistes se regardent, médusés, alors qu’au fond de la salle, les membres du service de presse de l’OM fixent leurs téléphones pour les uns et le bout de leurs chaussures pour les autres. Rapidement, l’état-major de l’OM éteint l’incendie par SMS: la direction a « zéro doute » et De Zerbi, exaspéré de ne pas réussir au Vélodrome, reste « le bon coach pour l’OM » et l’homme de la situation. Spectaculaire, la colère de l’ancien coach de Brighton a peut-être finalement été salutaire. Deux semaines plus tard, après la trêve internationale et un succès à Lens, les Marseillais sont en effet partis pour cinq jours de stage à Mallemort, dans le nord des Bouches-du-Rhône, une initiative considérée comme le tournant de la saison à tous les étages du club. Et les retrouvailles avec le Vélodrome ont été positives, avec trois points pris face à Monaco.

Acte 2 : le coup de sang puis le mea culpa de Longoria

Au match retour, le 23 février à l’Abbé-Deschamps, c’est la colère de Pablo Longoria qui accompagne la fin du match et l’après-rencontre, conclue par une nouvelle gifle (3-0). Au coeur d’une saison tendue, lors de laquelle l’OM s’est souvent senti traité injustement par les arbitres, le dirigeant espagnol ne supporte pas une série de décisions de Jérémy Stinat. Descendu dans les couloirs du stade avant même la fin du match, Longoria, que des images du diffuseur DAZN montrent manifestement fou de rage, critique « un championnat de merde ». « Dites-le bien que Pablo Longoria le dit: c’est de la vraie corruption ! », lâche même le président de l’OM.

Sa sortie sera dénoncée par le président de la FFF Philippe Diallo comme par le directeur de l’arbitrage Antony Gautier, qui parlera de « propos inacceptables ». Il sera également rappelé à son devoir d’exemplarité par la ministre des Sports d’alors, Marie Barsacq. Au surlendemain du match, Longoria, qui sera plus tard suspendu 15 matchs pour ses propos, avait présenté des excuses dans un entretien avec l’AFP. « La forme n’était pas appropriée et ce mot (corruption, ndlr), je le regrette », avait-il dit. « Un président de club ne peut pas se comporter comme ça. Rien ne justifie la forme et je ne suis pas content de moi-même », avait-il ajouté.

Depuis, Longoria a plusieurs fois répété, en public comme en privé, s’être senti honteux à Auxerre et ne pas avoir aimé l’image qu’il a pu renvoyer, celle d’un président hors de contrôle et dans un état second. L’Espagnol a accumulé la saison passée un profond sentiment de frustration et d’injustice face à des décisions arbitrales jugées contraires. À ses côtés, Medhi Benatia était aussi révolté et même très touché par sa suspension suite à son comportement à la fin du match Marseille-Lille en Coupe de France.

La cocotte-minute a explosé à Auxerre. Depuis, Longoria s’est promis de moins réagir à chaud, de savoir prendre plus de recul, d’éviter le sujet de l’arbitrage sauf cas de force majeure. La saison passée l’OM adoptait une une position constante et assumée : dénoncer la moindre « erreur » arbitrale. Cette saison, Longoria veut montrer l’exemple et afficher plus de sérénité. La leçon d’Auxerre a probablement été retenue.

Acte 3 : à quoi s’attendre ce samedi ?

Même si l’OM traverse une période difficile avec trois matchs sans victoire (défaites à Lisbonne et Lens, nul contre Angers), l’atmosphère autour du club semble apaisée depuis la fin du mois d’août et l’affaire Rabiot. Il n’y a donc pas de raison de penser qu’un nouveau psychodrame viendra secouer l’OM ce samedi. Mais De Zerbi, qui attend surtout une réaction de ses joueurs, a bien gardé les deux premiers actes en tête.

« Ça n’a pas été de très beaux moments, mais ils ont fait partie de notre saison. Ils ont même été aussi importants que certaines victoires. Ça a été des défaites dures à digérer, mais qui nous ont servi », a-t-il dit vendredi. « L’esprit de revanche m’alimente et me motive. Réagir, désobéir, me rebeller, tout cela me motive. Donc on garde ces défaites en tête, mais de manière sportive », a-t-il étayé. Il lui faudra composer avec de nombreuses absences (Leonardo Balerdi, Facundo Medina, Bilal Nadir, Timothy Weah, Geoffrey Kondogbia, Amine Gouiri, Hamed Traoré…) et ne pas sous-estimer une formation auxerrois obligée de réagir après cinq matchs sans succès.

« J’attends une revanche sur les attitudes. Il faut avoir du cœur, de la détermination et de la croyance », a martelé vendredi le coach Christophe Pélissier. « Il faut qu’on avance. Je veux qu’on fasse un match qui ressemble à l’AJA, avec de la personnalité. » Avant cette 11e journée, son équipe pointe à la 17e et avant-dernière place de la Ligue 1. Troisième au classement, l’OM aura suivi plus tôt dans la journée les résultats du PSG (contre Nice) et Monaco (face au Paris FC).

Source

Avant le cambriolage du Louvre, la sécurité des musées européens était déjà une préoccupation

Devant la Grünes Gewölbe, la « voûte verte », le palais-musée de Dresde, en Allemagne, après le cambriolage du 25 novembre 2019. SEBASTIAN KAHNERT/DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Après le spectaculaire cambriolage au Louvre, dimanche 19 octobre, et le vol de bijoux estimés à 88 millions d’euros, la France s’est retrouvée sous le feu des critiques dans la presse étrangère. Mais, dans plusieurs pays européens, des musées ont également subi des vols retentissants et la question de la sécurité des œuvres fait régulièrement débat.

Belgique

Dans un pays où la culture se prépare à payer un nouveau tribut à l’austérité budgétaire, les grands musées affirment en chœur que la sécurité reste prioritaire pour eux. La ministre responsable des musées fédéraux, Vanessa Matz, a publié, dès le lendemain du casse du Louvre, un communiqué pour indiquer qu’elle réclamait un « état des lieux » en matière de sécurisation. La dernière enquête du genre avait été diligentée après un vol d’une tête de momie survenu en 2015 aux Musées royaux d’art et d’histoire. Il s’agit de « tirer les éventuelles leçons des événements récents », expliquait Mme Matz. C’est ensuite qu’elle verra, avec les directions des musées et les services de sécurité, si « les conditions de conservation du patrimoine restent optimales ».

Il vous reste 87.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

« On ne se sert pas du Cercle pour rattraper des potentielles erreurs »: Comment Monaco a fait évoluer son modèle de multi-propriété

L’AS Monaco accueille le Paris FC ce samedi à 19 heures. Propriétaire du Cercle Bruges depuis 2017, le club de la Principauté s’est inspiré de la galaxie Red Bull pour faire fonctionner sa multipropriété. Un virage à 180 degrés a été opéré, l’époque où 10 Monégasques étaient prêtés à Bruges est révolue. 

Ils ne sont que deux Monégasques cette saison dans l’effectif du Cercle Bruges : Valy Konaté (19 ans, arrivé à l’ASM en janvier 2025 de Côte d’Ivoire) et Edan Diop (21 ans, freiné par les blessures après une éclosion précoce sur le Rocher). “Je n’étais pas dans les petits papiers à Monaco, se souvient le petit frère de Sofiane. Thiago (Scuro, le directeur général) m’a parlé du Cercle. J’ai discuté avec le coach, il m’a expliqué son plan de jeu et je n’ai pas hésité du tout à venir.” Avec déjà 13 apparitions au compteur cette saison, le milieu lancé par Philippe Clément, face à Leverkusen en février 2023 en Ligue Europa, se refait la cerise chez les “Groen-Zwart” (vert et noir). 

 “Peu de joueurs avec ce talent peuvent rejoindre notre équipe”

“Ça me permet de montrer mon talent et de rester proche de Monaco, admet Edan Diop. Je reste en contact avec le club, les analystes vidéos notamment, et quand j’y retournerai à Monaco, ce sera peut-être pour m’imposer.” Klaas Reynaert, CEO du Cercle voit cette multipropriété comme une opportunité de renforcer son effectif : “Peu de joueurs avec ce talent peuvent rejoindre notre équipe, c’est une valeur ajoutée. De l’autre côté on sait aussi ce qu’on peut lui apporter. Luciano Murchio, notre Directeur Technique, lui a présenté le projet avec l’entraîneur. Son plan pour lui et ça s’est fait pendant notre stage estival de préparation à Monaco.” Un rendez-vous annuel inamovible ponctué par une rencontre amicale entre les professionnels. Les équipes réservent s’affrontent aussi généralement plusieurs fois par saison.  

Le Cercle n’est plus la réserve de l’AS Monaco

Trop peu satisfaisante, la stratégie de prêter 10 jeunes monégasques à Bruges, comme ce fut le cas en 2018-2019, a cessé. “On ne se sert pas du Cercle pour rattraper des potentielles erreurs faites à Monaco ou régler nos problèmes, explique Thiago Scuro le DG de l’ASM. On utilise cette connexion pour qu’il y ait un impact positif dans les deux clubs.” Son homologue belge Klaas Reynaert poursuit : “C’est quand les pièces du puzzle sont adaptées au nôtre que nous pouvons apporter au joueur. Ce n’est pas simplement les joueurs que Monaco ne peut pas utiliser qui doivent venir et après on s’adapte. Nous investissons aussi dans nos propres talents. Ces dernières années, nous avons vendu des joueurs à Toulouse (Yann Gboho et Abu Francis pour environ 2,5 millions chacun) mais aussi en MLS notre vente record avec Kevin Denkey (au FC Cincinnati pour 15 millions).” Une stratégie impulsée en 2020 par son directeur sportif, Carlos Avina, devenu depuis directeur technique de l’ASM.

Dmitri Rybolovlev et l’ASM ont acquis le Cercle en 2017 quand il était en deuxième division. “Près de la banqueroute, concède Reynaert. Et nous étions en huitième de finale de Conférence League la saison passée.” Une réussite sportive au-delà des belles ventes, mais rares sont les joueurs passés par la Pro League à s’être imposé à Monaco : “Félix Lemaréchal (vendu 8 millions à Strasbourg après un prêt fructueux) y a trouvé une opportunité pour se développer en jouant régulièrement en professionnel, rappelle Scuro. On peut citer également Paris Brunner ou Radek Majecki qui y sont passés avant de jouer chez nous.” Strahinja Pavlovic, barré à Monaco, s’était lui relancé en Belgique avant d’être cédé pour 9 millions au RB Salzbourg… un club symbole de la multipropriété.  

Comme au PFC, on s’appuie sur le savoir-faire de Red Bull 

Comme Paul Mitchell avant lui, le dirigeant monégasque Thiago Scuro est passé par l’univers Red Bull et s’en inspire : “Avoir l’expérience de travailler dans cette structure de plusieurs clubs qui est, sans aucun doute jusqu’ici, celle qui réussit le mieux est un avantage. C’était aussi l’une des principales motivations pour moi d’avoir l’opportunité d’être dans un club comme Monaco, pour appliquer des idées similaires avec le Cercle en utilisant cette synergie potentielle.” Son homologue Klaas Reynaert définit leur collaboration : “Nous décidons ensemble de la vision et de la stratégie, mais la gestion quotidienne appartient au Cercle. Nous sommes libres de gérer ce club mais il y a des connexions fortes. Chaque semaine par exemple, j’ai un meeting avec Thiago Scuro, pour s’assurer qu’on soit alignés. Parfois, c’est une demi-heure, parfois, ça prend seulement 5 minutes quand tout va bien.”

L’indépendance des clubs est primordiale reconnaît Scuro : “Nous ne voulons pas trop contrôler excessivement le Cercle. Nous respectons beaucoup la tradition du club, l’histoire, les gens en place. Le but est de créer des conditions pour qu’ils soient forts et en réussite.” En ce sens, un centre d’entraînement dernier cri à 10 millions d’euros va sortir de terre à Bruges. Le Cercle veut y installer ses bureaux dès 2026 et les terrains devraient être prêts pour la saison 2027-2028. “Nous avons une bonne connexion entre les départements de la performance, du médical, du recrutement… Les entraîneurs échangent également parfois au sujet d’idées et de méthodologie, conclut Thiago Scuro. On veut appliquer les mêmes principes de jeu pour qu’il y ait une adaptation naturelle. Ainsi, le Cercle peut être le chemin pour que des joueurs se développent et performant ensuite à Monaco.”

Maxime Tilliette à Bruges et Monaco

Source