Quand il est question de management, la France fait figure de mauvaise élève. Les pratiques managériales y sont plus verticales, moins propices à l’autonomie des salariés, et davantage à l’origine de souffrance au travail que chez nos voisins européens. C’est le portrait peu flatteur dressé, en mars, par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). En septembre, l’organisme enfonce le clou, publiant une note qui pointe les résultats « médiocres » de la France en matière de santé au travail.
Comment expliquer cette déroute managériale ? Une partie de la réponse se trouve dans des facteurs d’ordre culturel, avec une tendance générale à la verticalité dans les rapports sociaux des Français. Mais elle est aussi à chercher à la racine : dans la formation des futurs cadres dirigeants, « trop académique et peu tournée vers la coopération », estime l’IGAS. En tête de gondole, celle dispensée dans les écoles de commerce, dont sortent chaque année près de 30 000 jeunes destinés à vite endosser des postes à responsabilités. Des établissements qui réclament d’ailleurs de plus en plus l’appellation « écoles de management ».
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L’acier irrigue toute l’industrie allemande, de la construction à l’automobile en passant par les machines-outils. Le secteur est actuellement en grande souffrance avec un quart des installations à l’arrêt.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé jeudi 6 novembre son soutien aux plans de la Commission européenne pour réduire les importations d’acier subventionné, à l’issue d’un sommet de crise à Berlin avec les acteurs du secteur. Depuis 200 ans, l’acier a accompagné la prospérité allemande: réseau ferroviaire, la militarisation pendant les deux guerres mondiales ou encore le renouveau économique des années 1950 à l’Ouest. Aujourd’hui, le pays reste le principal producteur européen d’acier et le septième à l’échelle mondiale.
L’acier irrigue tout le secteur manufacturier, de la construction à l’automobile en passant par les machines-outils. Son apport est incontournable dans les exportations. Le secteur n’emploie directement que 80.000 personnes, au sein des hauts-fourneaux historiques du bassin de la Ruhr (ouest) et des aciéries électriques plus modernes. Mais les secteurs à forte intensité d’acier représentent environ 4 millions d’employés, soit deux emplois industriels sur trois, selon la fédération WV Stahl. La mauvaise santé du secteur est donc un risque majeur pour le tissu économique allemand.
Concurrence chinoise, inflation des prix de l’énergie et droits de douane
Depuis des années, la sidérurgie européenne souffre d’une rude concurrence chinoise, qui déverse de l’acier à prix cassés sur les marchés mondiaux. La situation s’est aggravée avec l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 qui a entraîné une hausse durable des prix de l’énergie. Depuis, la production en Allemagne stagne à 10-15% en dessous du niveau de 2022. Selon le think tank Agora Industrie, un quart des installations sidérurgiques étaient à l’arrêt en 2024.
Des géants se mettent donc à vaciller, à l’image de la branche acier du conglomérat Thyssenkrupp qui veut supprimer plus d’un tiers de ses effectifs et réduire sa production d’environ 30% d’ici 2030. L’avalanche de droits de douane américains pèse aussi, car les surtaxes américaines de 50% sur l’acier de l’Union européenne frappent une vaste gamme de produits composés de ce métal. Autre échéance redoutée par le secteur: la disparition progressive des quotas carbones gratuits dans l’UE à partir du 1er janvier 2026.
Des mesures européennes de protection contre la Chine
Après un sommet de crise de l’automobile, Friedrich Merz a réuni jeudi des dirigeants et syndicalistes du secteur sidérurgiste ainsi que les présidents des régions concernées, pour chercher comment soutenir des entreprises dans une « crise existentielle », selon le chancelier. L’industrie a besoin d’une « protection contre le commerce extérieur », face aux droits de douane américains élevés et à la concurrence chinoise, a-t-il martelé. L’occasion de clarifier la position de Berlin, encore floue, sur le plan d’action de la Commission européenne pour protéger la sidérurgie de l’UE.
Début octobre, elle a proposé de réduire de 47% les quotas annuels d’acier étranger qui peuvent être importés dans l’UE sans droits de douane, notamment de Chine. Autre mesure, les importations dépassant les quotas pourraient subir des droits doublés, de 25 à 50%. Des propositions « qui vont dans la bonne direction », et que Friedrich Merz s’est engagé jeudi à soutenir. Le gouvernement travaille également à un prix de l’électricité réduit pour l’industrie de 2026 à 2029, un « élément clé pour la compétitivité de l’acier », selon la ministre de l’Économie Katherina Reiche.
Quid de l’acier vert?
Le secteur de l’acier représente à lui seul 7% des émissions de CO2 en Allemagne. Pour se désintoxiquer du charbon et atteindre les objectifs climatiques européens, le secteur mise sur l’acier vert, produit à partir d’hydrogène issu d’énergies renouvelables. Friedrich Merz a souligné qu’un prix d’électricité réduit « facilitera la transition » vers une production d’acier décarbonnée. Contactés, les groupes Thyssenkrupp et Salzgitter n’ont pas souhaité s’exprimer sur l’avancement de leur décarbonation. Chez Thyssenkrupp, la production d’acier vert sur le site historique de Duisbourg, prévue pour 2027 et subventionnée à hauteur de deux milliards d’euros, reste sur la sellette.
La Data Room : 4,3% : l’Allemagne a connu en août le plus fort repli mensuel de sa production industrielle depuis mars 2022 – 08/10
Les discussions avec le groupe indien Jindal Steel, qui a soumis une offre de reprise et promis de mener à bien la transformation verte, sont une « chance » à saisir, d’après IG Metall. En janvier, avant d’être élu, Friedrich Merz avait provoqué un tollé dans le secteur en disant « ne pas croire » à une transition rapide vers l’acier vert.
« L’Allemagne a été un pionnier de cette nouvelle technologie », rétorque Julia Metz, directrice d’Agora Industrie, « avec par exemple la création d’un label vert national pour l’acier », suivi par la Chine et l’Inde, et actuellement discuté à Bruxelles. Elle recommande donc au gouvernement « d’envoyer des signaux politiques clairs ».
Capture d’écran d’une vidéo du ministère de la défense chinois montrant le porte-avions « Fujian », lors d’essais en mer en mai 2024. HANDOUT / AFP
Dans une nouvelle démonstration de la rapide modernisation de son armée et de ses ambitions de superpuissance, la Chine a mis en service son troisième porte-avions, le plus avancé, doté de technologies que seuls les Etats-Unis maîtrisaient jusqu’alors. Le chef de l’Etat et des armées, Xi Jinping, a présidé à une cérémonie sur le pont duFujian, baptisé du nom de la province qui fait face à Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté. L’événement a eu lieu sur une base de l’île de Hainan, en mer de Chine méridionale, mercredi 5 novembre, mais n’a été révélé par la presse officielle que deux jours plus tard.
Le journal du soir de la télévision publique CCTV a consacré un sujet de neuf minutes et trente secondes à l’entrée du navire en service actif, après trois ans de tests et d’entraînements depuis sa mise à l’eau en 2022, pour confirmer au peuple chinois et au monde les jalons franchis par l’Armée populaire de libération. Accueilli par plus de 2000 hommes et femmes d’équipage, le président chinois s’est enquis des différentes fonctions des opérateurs de pont et pilotes, a inspecté les couchettes et la cantine pour s’assurer du bien-être des troupes, et pris place sur le siège du capitaine dans la tour de commandement.
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Les autorités talibanes ont regretté ne pas avoir été invitées à la COP30 au Brésil après avoir envoyé une délégation l’année dernière.
Les autorités talibanes ont regretté dimanche 9 novembre de ne pas avoir été invitées à la COP30 au Brésil après avoir envoyé une délégation l’année dernière, soulignant que l’Afghanistan était pourtant l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique. La 30e conférence de l’ONU sur le climat, qui s’ouvre lundi et se tiendra jusqu’au 21 novembre à Belem, doit réunir des représentants de dizaines de pays.
À Kaboul, l’Agence nationale de protection de l’environnement (Nepa) a exprimé, « au nom du gouvernement et du peuple afghan, sa profonde préoccupation face au fait que, bien que l’Afghanistan soit l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique, il n’a malheureusement pas reçu d’invitation officielle ».
En 2024, le gouvernement taliban, qui n’est à ce jour reconnu que par la Russie, avait pu envoyer pour la première fois une délégation à Bakou pour la COP29. Elle s’y était toutefois rendue en tant qu' »invitée » de l’Azerbaïdjan et non en tant que partie directement impliquée dans les négociations.
« Sécheresses répétées »
Les talibans, de retour au pouvoir depuis 2021, estiment que leur isolement sur la scène diplomatique ne doit pas les empêcher de participer aux négociations internationales sur le climat.
« La violation du droit du peuple afghan à participer à cette conférence contredit les principes de justice climatique, de coopération internationale et de solidarité humaine », a critiqué Nepa dans un communiqué.
Sous les talibans, la lutte invisible des femmes
Responsable de seulement 0,06% des émissions de gaz à effets de serre, l’Afghanistan est le sixième pays le plus vulnérable au changement climatique, selon des scientifiques. Dans ce pays ravagé par quatre décennies de guerre et qui est l’un des plus pauvres au monde, environ 89% des plus de 48 millions d’habitants dépendent de l’agriculture pour leur survie, selon l’ONU.
« Entre 2020 et 2025, l’Afghanistan a connu des sécheresses répétées, affectant sérieusement les capacités à s’adapter et réduisant drastiquement les niveaux des nappes phréatiques, parfois jusqu’à 30 mètres », alertait-elle en avril.
En prélude à la COP30, l’ONU a confirmé que l’année 2025 serait la 2e ou 3e année la plus chaude jamais enregistrée.
Rillieux-la-Pape: Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, affirme « que les tirs de mortier ont embrasé la façade » de l’immeuble{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>
Demande de mise en liberté de Nicolas Sarkozy: « Ce serait un soulagement » que l’ancien président soit libéré, assure Erwan Saoudi, secrétaire interrégional FO Justice
Demande de mise en liberté de Nicolas Sarkozy: « On peut penser (qu’il) ne remplit plus les conditions de la détention provisoire », estime la vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme
Nicolas Battini, président de Mossa Palatina, à Bastia, le 13 janvier 2024. PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP
Lorsque l’identitaire corse Nicolas Battini a déjeuné pour la première fois avec Marine Le Pen, au mois d’octobre, la députée d’origine bretonne a fendu l’armure jacobine : l’héritière du clan de La Trinité-sur-Mer (Morbihan) n’est pas, a-t-elle assuré droit dans les yeux, insensible à la fibre régionaliste de son interlocuteur. Ainsi fut scellée une alliance électorale des plus inattendues entre le Rassemblement national (RN), historiquement hostile à l’expression des particularismes régionaux, et un mouvement autonomiste aussi inquiet de l’immigration extra-européenne que du statut de la Corse.
Ce faisant, le parti d’extrême droite opère une « inflexion », selon le terme de Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, dans sa vision jacobine de la nation. Le RN refuse toutefois d’évoquer l’autonomie, pourtant ardemment souhaitée par son nouveau partenaire, et s’en tient pour l’heure à de vagues promesses d’un « statut particulier » de l’île et d’un investissement soutenu pour la défense de la langue. Une même inflexion de Marine Le Pen avait déjà été observée dans le dossier néo-calédonien, où le RN a assoupli ses positions historiquement hostiles aux séparatistes.
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La victime, qui était « un coureur régulier » et s’était préparé durant un an, a succombé à 100 mètres de la fin de sa course. Le maire de Cannes a pris la parole sur les réseaux sociaux.
Un homme a trouvé la mort ce dimanche 9 novembre lors du marathon reliant Nice et Cannes, indique le Service départemental de secours et d’incendie à France 3 Côte d’Azur. Il a succombé après un arrêt cardio-respiratoire « peu avant la ligne d’arrivée ».
Sur Facebook, le maire de Cannes David Lisnard s’est exprimé sur le drame. « Triste d’annoncer que cette édition est endeuillée par le décès d’un coureur », a-t-il écrit.
Un « coureur régulier »
D’après les organisateurs de la course, la victime était un coureur aguerri. « C’était un homme bien préparé. Il s’est écroulé 100 mètres avant la ligne d’arrivée et a été pris en charge immédiatement », expliquent-t-ils.
Pascal Thiriot, responsable de la course pour Azur Sport Organisation, indique à Nice-Matin qu’il s’agissait d’un « coureur régulier » qui se préparait à cette épreuve « depuis un an ».
C’est la deuxième fois que le marathon Nice-Cannes est marqué par la mort de l’un de ses participants. En 2015, un homme de 35 ans avait succombé à une crise cardiaque lors d’un relais organisé dans le cadre de cette course.
Pour l’édition 2025, près de 22.000 coureurs se sont élancés pour parcourir les 42,195 km symboliques du parcours.
L’affaire suscite deux réactions opposées. Celle qui consiste à s’indigner d’une rémunération aussi mirobolante, comme l’a fait le sénateur progressiste du Vermont Bernie Sanders, ou encore le pape Léon XIV, ancien évêque de Chicago, en déplorant le culte de l’argent. Et la réaction de ceux qui ont refait leurs comptes, tels les actionnaires qui ne voient pas malice à ce qu’Elon Musk prenne une partie substantielle de leur capital s’il réussit à quintupler la valeur de leur entreprise : c’est ce qui se passe dans la finance non cotée en Bourse.
Morale contre opportunisme pragmatique, ces deux visions méritent d’être nuancées. D’abord, la fortune des milliardaires ne semble guère troubler l’ordre social américain, en tout cas beaucoup moins qu’en Europe et en France. Il n’y a pas eu de puissante campagne contre la fortune d’Elon Musk, à la différence de ses incursions dans la politique, alors que le coût de la vie a pourtant été l’une des raisons de la défaite de Joe Biden, en 2024, puis de la victoire des démocrates aux élections partielles du 4 novembre.
Rapport de force
D’un autre côté, les actionnaires ont fait des concessions qui peuvent sembler vaines. Le chinois BYD réussit magistralement dans la voiture électrique sans avoir à rémunérer de la sorte ses dirigeants ; rien ne garantit qu’Elon Musk va réellement se concentrer sur Tesla, son obsession actuelle étant de rattraper son retard dans l’intelligence artificielle et de développer son entreprise xAI, laquelle a fusionné avec l’ex-Twitter, X. Au fond, les actionnaires ont eu surtout peur qu’Elon Musk claque la porte s’il n’avait pas les mains libres, faisant fondre la valeur déjà mirifique de Tesla dont il est l’homme-orchestre. Tout cela relève du rapport de force, diront les uns, du chantage, penseront les autres.
Elon Musk, à Carcovie (Pologne), en 2024. SERGEI GAPON / AFP
Plus fondamentalement, l’affaire ressemble à de la magie ou de la science-fiction. Ce pactole implique notamment de quintupler la valeur de Tesla et de transformer ce dernier en fabricant de robots-taxis et de robots humanoïdes. Peut-être l’hypermilliardaire y arrivera-t-il, comme il a réussi à révolutionner l’automobile et l’industrie de l’espace avec SpaceX. Nul ne pensait qu’il parviendrait à remplir les conditions de ces précédents paquets de rémunération – dont l’un a été annulé par la justice.
Le dernier en date n’a qu’un but, camper Elon Musk en surhomme. Cette rémunération n’a pas une fonction d’usage, elle ne vise qu’à signifier que l’entrepreneur est d’un genre nouveau, qu’aucune des règles élémentaires de vivre-ensemble ne s’applique à lui, que tout lui est permis. Il est en passe de s’affranchir de la communauté des hommes avec ses rêves de coloniser Mars, de former des millions de robots humanoïdes et de transhumanisme. Cette dérive, qui concerne d’ailleurs une part grandissante de la tech américaine, est le miroir dans les affaires du comportement de Donald Trump en politique, qui ne se reconnaît, lui non plus, aucune limite. L’un comme l’autre sont au point de rencontre d’une hubris et d’une indécence avec lesquelles il serait grand temps de rompre.
Budget: « Ce qui est en train de se passer aujourd’hui, c’est potentiellement un 49.3 déguisé », déclare Damien Maudet, député LFI{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>
Lettre de Bruno Le Maire à Emmanuel Macron: pour Jean-Christophe Cambadélis, ex-premier secrétaire du PS, « si Bruno Le Maire estimait que c’était si grave, il aurait dû démissionner »
Lettre de Bruno Le Maire à Emmanuel Macron: « Ils nous laissent le pays dans une situation [économique] catastrophique », déplore Gilles Raveaud, maître de conférence en économie
Le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, où est incarcéré Salah Abdeslam, le 14 mai 2025. MICHEL EULER / AFP
Moins d’une semaine avant la commémoration des attentats du 13-Novembre, la justice enquête sur des soupçons de projet terroriste liés à Salah Abdeslam, avec désormais trois personnes en garde à vue, dont la compagne du dernier membre vivant des commandos de Paris et de Saint-Denis.
Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible et incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) pour sa participation aux attentats, avait été placé en garde à vue mardi dans cette enquête ouverte en janvier 2025 et portant sur la détention illicite d’un objet en détention, une clé USB.
Samedi, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé que l’enquête avait été « étendue » à l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un crime contre les personnes. Après sa garde à vue de mardi, Salah Abdeslam a de nouveau été retenu puis relâché vendredi, d’après le ministère public. Le visent des soupçons de recel d’objets illicites à détenu. L’une de ses avocats, Me Olivia Ronen, a décliné tout commentaire, invoquant le secret de l’enquête.
Un article du code de procédure pénale utilisé
« Une deuxième personne a été placée en garde à vue mardi. Sa garde à vue est toujours en cours et a été prolongée au-delà des quatre-vingt-seize heures initiales, d’une nouvelle durée de vingt-quatre heures », a rapporté le parquet.
D’après cette source, la justice a utilisé un article du code de procédure pénale prévoyant une prolongation exceptionnelle de garde à vue au-delà des quatre-vingt-seize heures, en cas de « risque sérieux de l’imminence d’une action terroriste en France ou à l’étranger » ou si « les nécessités de la coopération internationale le requièrent impérativement ». Cette mesure, qui se fait sur autorisation d’un juge des libertés et de la détention, est très rarement utilisée par la justice antiterroriste.
RTL a fait savoir jeudi que cette personne est la compagne de Salah Abdeslam, présentée par Le Parisien comme Maëva B., âgée de 27 ans, qui aurait entretenu une relation épistolaire de longue date avec le détenu avant d’être autorisée à le rencontrer.
Selon le PNAT, elle est en garde à vue pour recel d’objets illicites à détenu et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. « Deux autres personnes ont été placées en garde à vue, du chef d’association de malfaiteurs terroriste criminelle, vendredi. Leurs gardes à vue sont en cours », a encore précisé le parquet.
Des « changements de cellules réguliers »
Le PNAT a confié l’enquête à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Une source syndicale pénitentiaire avait rapporté, jeudi, à l’Agence France-Presse (AFP) « qu’il a[vait] été retrouvé des connexions de clé USB » sur l’ordinateur de Salah Abdeslam, clé USB qu’il a légalement eu le droit de s’acheter pour « suivre des cours ».
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Cette clé USB, qui selon Le Parisien aurait permis de transférer de la propagande djihadiste sur l’ordinateur de Salah Abdeslam, « a été cherchée mais n’a pas été retrouvée », selon la source syndicale. Toujours selon cette source, son régime de détention DPS (« détenu particulièrement signalé ») fait qu’il est soumis à des « changements de cellules réguliers » à l’occasion desquels des contrôles systématiques sont opérés sur ses affaires.
Dans un message sur X, samedi, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a assuré que, « malgré les très nombreuses attaques dont [Gérald Darmanin a] fait l’objet (…), le drame d’Incarville [la mort de deux agents pénitentiaires en mai 2024 lors de l’évasion de Mohamed Amra] comme la nouvelle affaire Salah Abdeslam démontrent que cette politique de fermeté est la bonne ».
« Sous mon autorité, l’administration pénitentiaire a signalé les abus de nombreux détenus dont, dès le début du mois de janvier, l’utilisation d’une clé USB par Salah Abdeslam. Une enquête a été ouverte par le Parquet [national] antiterroriste quelques jours après », a encore déclaré le ministre.
La France va commémorer le 13 novembre, au cours d’une journée d’hommage aux victimes, les dix ans des attentats qui avaient fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis. Dans un entretien à l’Agence France-Presse (AFP) diffusé samedi, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, affirme que la menace djihadiste est « la plus importante à la fois dans son volume et dans le niveau de préparation des passages à l’acte » et « s’accroît » depuis trois ans.