Le Douanier Rousseau s’expose à Paris grâce à des tableaux venus d’Amérique

Le travail du peintre français Henri Rousseau sera présenté au musée de l’Orangerie jusqu’au 20 juillet. 29 toiles seront ainsi exposées.

Souvent tourné en dérision de son vivant, l’inclassable peintre Henri Rousseau, dit « le douanier Rousseau », est célébré par le musée de l’Orangerie à Paris jusqu’au 20 juillet grâce à une coopération inédite avec la Fondation Barnes de Philadelphie, désormais autorisée à prêter ses tableaux.

« On a une très grande chance, une opportunité incroyable », s’enthousiasme Claire Bernardi, directrice du musée de l’Orangerie.

L’exposition Henri Rousseau, l’ambition de la peinture, qui ouvre ses portes mercredi, a été montée par les deux musées possédant les deux plus grandes collections du peintre: la Fondation Barnes, qui en possède 18, et l’Orangerie, qui en a 11.

« Grâce à cette coopération internationale, nous avons eu des prêts fabuleux de tableaux », ce qui permet de « montrer des oeuvres qui n’ont pas été vues ensemble depuis des années, voire jamais », se félicite Claire Bernardi.

L’exposition, montrée à Philadelphie cet hiver, rassemble une cinquantaine d’oeuvres, dont une partie vient d’autres musées des États-Unis, comme La bohémienne endormie, l’un des tableaux les plus mystérieux de Rousseau, prêté par le Moma de New York.

La coopération avec la Fondation Barnes a été rendue possible par un changement du statut de l’institution fondée il y a un siècle par Albert C. Barnes, un collectionneur visionnaire féru d’impressionnisme et d’art moderne.

En 2023, un tribunal américain a statué qu’elle pouvait désormais mettre des oeuvres à disposition d’autres institutions tandis que, jusqu’alors, ses statuts stipulaient que la collection ne pouvait être ni modifiée ni prêtée.

Ces changements sont cependant soumis à des contraintes: le nombre de tableaux prêtés est limité à 20 et à deux par salle, pour une durée de 12 mois maximum.

Jungles luxuriantes

Albert C. Barnes a été l’un des premiers collectionneurs à apprécier Henri Rousseau, dont les tableaux ont commencé à séduire quelques années après sa mort en 1910 à 66 ans.

Ses peintures « ont le charme d’un conte de fée pour enfants, mais il n’y a rien d’enfantin ou d’inculte dans l’habileté avec laquelle ils sont exécutés », a salué le collectionneur, qui a acheté la plupart de ses tableaux par l’intermédiaire du marchand d’art Paul Guillaume, l’un des plus influents de Paris de l’époque.

Henri Rousseau est considéré comme un peintre atypique pour son époque, étiqueté « naïf ». « Il était surtout un autodidacte, sans formation artistique, qui n’a commencé à peindre qu’à la quarantaine », après avoir quitté son poste à l’octroi de Paris, ce qui lui a valu son surnom de « Douanier », explique Juliette Degennes, co-commissaire de l’exposition.

Pour le Britannique Christopher Green, autre commissaire, « Henri Rousseau nourrissait de réelles ambitions et a voulu vivre de son art. Il n’y est pas vraiment parvenu car il a toujours connu des problèmes d’argent, mais il a créé une oeuvre passionnante en essayant ».

Le musée de l’Orangerie consacre une grande salle à ses célèbres scènes de jungles luxuriantes peuplées d’animaux sauvages, à l’image de la toile Le lion ayant faim, se jette sur l’antilope, de trois mètres sur deux.

Henri Rousseau « n’a jamais quitté la France. Il a trouvé l’inspiration dans des albums d’illustration d’animaux sauvages et par des visites au Jardin des plantes », raconte Juliette Degennes.

Avec ses inventions fantastiques et exotiques, Henri Rousseau cherchait à faire sensation dans les salons parisiens et à se démarquer d’autres peintres plus reconnus que lui. Il était « le plus exotique des peintres exotiques », selon Apollinaire.

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« Environ 250 personnes devront partir de manière contrainte »: le repreneur du verrier Arc annonce plus d’un tiers de licenciements secs sur les 700 suppressions de postes prévues

Le repreneur de l’entreprise, Timothée Durand, assure que ce redimensionnement du site d’Arc est nécessaire pour que l’entreprise redevienne « profitable très rapidement ».

Il y aura environ 250 licenciements secs chez le verrier Arc, sur 700 suppressions de postes, a annoncé ce mardi son repreneur Timothée Durand lors d’un déplacement du ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin dans sa principale usine à Arques (Pas-de-Calais). « Environ 250 personnes devront partir de manière contrainte », a déclaré Timothée Durand, dont le projet de reprise a été validé vendredi par le tribunal de commerce Tourcoing (Nord) et qui deviendra en avril le nouveau propriétaire et PDG du groupe.

« C’est malheureux, et j’ai une vraie pensée pour ces personnes aujourd’hui », a ajouté Timothée Durand lors d’un bref point presse aux côtés du ministre.

Le reste des suppressions de postes se fera via des départs volontaires. Au total, les effectifs à Arques passeront de 3.500 à 2.700 salariés. Ce redimensionnement du site est nécessaire pour que l’entreprise redevienne « profitable très rapidement », a de nouveau justifié Timothée Durand. Après cette phase de « stabilisation », la deuxième étape de son plan passera par « beaucoup d’innovation pour monter en gamme progressivement et être plus compétitifs sur les marchés que nous visons », a-t-il souligné.

Une offre « courageuse et audacieuse »

Sébastien Martin s’est félicité mardi que ce « fleuron industriel » ait trouvé un repreneur, qui plus est issu d’une famille de dirigeants emblématiques de ce groupe bicentenaire, prochainement rebaptisé « Verrerie Arc 1825 ». Il a qualifié l’offre de Timothée Durand de « courageuse et audacieuse ». L’État est « aux côtés de tous les salariés » d’Arc non repris, a assuré le ministre, citant « une mission spéciale » mise en place par France Travail et un dispositif de « rebond industriel » pour aider les entreprises locales à accélérer leur développement, afin de créer des emplois.

« Il y a déjà un peu plus de 110 emplois liés à des investissements industriels » qui ont été identifiés au niveau du bassin d’emploi local, a souligné Sébastien Martin.

Arc, un des principaux producteurs mondiaux de verres pour les arts de la table, a été fragilisé par la flambée des coûts de l’énergie et de l’inflation, mais aussi l’intensification de la concurrence asiatique. Interrogé lundi, Frédéric Specque, délégué CGT chez Arc, estime cependant que tout n’a pas été fait pour maximiser le nombre de départs volontaires. Dans certaines catégories professionnelles dans l’usine, les demandes de départs volontaires excèdent le nombre de suppressions de postes prévues: « ça veut dire qu’on va faire rester des gens qui veulent partir » et à l’inverse, « on va faire partir des gens qui auraient voulu rester », a déploré le syndicaliste.

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Augmenter la production des raffineries peut-il vraiment faire baisser le prix du carburant?

En pleine hausse des prix du carburant, le gouvernement a demandé ce lundi aux raffineurs d’augmenter leur production afin de « réduire les tensions sur les marchés ». Mais une telle mesure ne peut pas avoir de véritable impact puisque la plupart des raffineries tournent déjà à plein régime.

Voilà bientôt un mois que la guerre au Moyen-Orient a débuté et entraîné une flambée des prix de l’énergie, en particulier du pétrole dont le cours a bondi de plus de 40%. Les effets se font ressentir à la pompe puisque les carburants atteignent en moyenne en France 2,147 euros le litre pour le diesel, et 1,989 euro le litre pour l’essence, d’après Carbu.com.

Pour affronter cette crise, tous les pays européens ont pris des mesures plus ou moins radicales. En Espagne, le gouvernement a abaissé la TVA sur les carburants de 21% à 10%; en Grèce, les achats de carburant sont subventionnés par l’État; en Croatie, les prix ont été plafonnés… Et en France?

Le gouvernement se refuse encore à toucher à la fiscalité des carburants (qui représente 50 à 55% du prix à la pompe). En revanche, il a annoncé ce lundi 23 mars avoir demandé aux raffineries actives sur le territoire d’examiner leur capacité à « augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés ». Et cela afin de « réduire les tensions sur les marchés de carburant européens » et « renforcer la résilience de la France ».

Plusieurs raffineries « déjà au maximum » de leurs capacités

Une manière de répondre à la crise complètement différente de celle de nos voisins européens. Son impact sur le prix final des carburants est de fait bien plus compliqué à évaluer qu’une mesure fiscale. Malgré tout, on peut tout de même en avoir une idée: cet impact sera très marginal. Et pour cause, les raffineries tournent déjà quasiment à plein régime.

Pour comprendre, il faut d’abord regarder comment est structurée l’industrie du raffinage de pétrole dans le pays. Il y a sept raffineries en activité en France (six en métropole, et une en Martinique). En tout leur capacité de raffinage s’élève à près de 58 millions de tonnes de pétrole brut par an, rapporte Conaissances des énergies.

C’est beaucoup moins qu’en 2009, où cette capacité atteignait 98 millions de tonnes. Une baisse cependant liée à la fermeture de six raffineries depuis, dont notamment celle de Grandpuits en 2021, et non à une baisse de la production de ces usines.

En effet, TotalEnergies qui possède trois des raffineries françaises, a indiqué à l’AFP que son appareil de production était « déjà au maximum » de sa capacité. Et donc que la demande du gouvernement n’entraînerait « pas une augmentation de production ».

On peut alors se dire que la mesure du gouvernement ne sert pas à grand chose. Qu’il ne s’agit que d’un coup d’épée dans l’eau, une annonce faite dans une logique de pure communication pour détourner l’attention de l’opinion qui demande une réduction de la fiscalité…

La raffinerie de Gravenchon répond à l’appel, mais quels effets?

Malgré tout, une raffinerie a tout de même répondu à l’appel du gouvernement, et non des moindres. Celle de Gravenchon en Normandie, deuxième plus importante du pays puisqu’elle pèse à elle seule 21% de la capacité totale de raffinage de France métropolitaine.

North Atlantic, le groupe pétrolier canadien propriétaire de cette raffinerie, a expliqué à l’AFP: « Avec l’outil technique que l’on a actuellement, on peut aller au maximum jusqu’à 10% d’augmentation de la capacité ». Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cet « outil technique » est lui-même réduit.

En effet, plusieurs unités de la raffinerie de Gravenchon ont fermé le 3 mars dernier, soit juste après la crise, au pire moment donc. Mais cette mesure avait été annoncée avant, dans un communiqué le 16 février dernier. Et était inévitable: North Atlantic expliquait devoir procéder à cet arrêt dans le cadre d’opérations de maintenance.

En clair, c’est un site de raffinage déjà limité qui va tout de même œuvrer pour augmenter sa production. Autant dire que l’augmentation de sa capacité sera limitée. North Atlantic a estimé à 12.000 tonnes supplémentaires par mois de kérosène et 15.000 de gazole, le surplus que Gravenchon pourrait fournir. Autant dire rien du tout, quand on rapporte ce chiffre aux 58 millions de tonnes de produits raffinés en France chaque année.

Une stabilisation des prix, dont on ne se rendra même pas compte

Vous l’aurez donc compris. L’impact sur les prix du carburant sera très limité, pour ne pas dire inexistant. Autant le dire clairement: il ne faut pas s’attendre à voir les prix à la pompe baisser, ne serait-ce que de quelques centimes. Le Figaro rapporte que l’administration elle-même l’a reconnu ce lundi soir: « pas de quoi influencer sensiblement les prix ».

Mais alors que cherche donc à faire le gouvernement avec cette mesure? La raffinerie de Gravenchon a bien indiqué qu’elle allait focaliser ses efforts de production sur le diesel et le kérosène. Or, ces deux carburants sont les deux qui sont véritablement en tension en ce moment.

Comme RMC Conso vous l’expliquait dans cet article, les raffineries françaises sont historiquement configurées pour produire plus d’essence que de diesel ou de kérosène. C’est donc sur ces deux carburants, que l’on importe beaucoup, que les efforts doivent se focaliser.

Une augmentation de leur production sur le sol national, quand bien même elle ne serait que de 15.000 tonnes par mois, réduirait la pression. Et calmerait la spéculation sur leurs prix. Cette légère surproduction permettrait donc de stabiliser un peu et très temporairement les prix. Il n’est pas garanti que le consommateur s’en rende compte…

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