L’opération « Fureur Épique » lancée conjointement par Israël et les États-Unis contre l’Iran samedi 28 février s’est poursuivie pour une quatrième journée. L’Iran ainsi que l’alliance israélo-américaine ont poursuivi et intensifié leurs bombardements entre les réactions de la communauté internationale.
La guerre en cours au Moyen-Orient déclenchée par l’opération militaire menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran samedi 28 février en est à son quatrième jour et continue à s’étendre sur plusieurs fronts.
• Poursuite de frappes israélo-américaines et riposte iranienne
Le Commandement militaire central américain (Centcom) a affirmé sur X ce mardi 3 mars tôt dans la matinée avoir détruit des sites de lancement de missiles et de drones et des défenses anti-aériennes en Iran ainsi que des postes de commandement des Gardiens de la Révolution.
Ces derniers ont annoncé riposter avec une « attaque à grande échelle » contre une base aérienne américaine à Bahreïn. Ils ont affirmé dans un communiqué, cité par l’agence de presse officielle Irna, avoir « détruit le principal poste de commandement de la base », sans fournir de preuve.
L’armée israélienne (Tsahal) a de son côté annoncé ce matin mener « des frappes ciblées et simultanées » sur les capitales iranienne et libanaise, Téhéran et Beyrouth.
La présidence iranienne et le Conseil suprême de sécurité nationale à Téhéran ont été frappés par Israël, selon la porte-parole de Tsahal. Les médias iraniens ont fait état de frappes sur l’aéroport de la capitale, le palais du Golestan à Téhéran, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi que sur le bâtiment abritant l’institution chargée d’élire un nouveau guide suprême.
« Nous continuons à frapper l’Iran avec force » a assuré Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien.
Le Croissant-Rouge a annoncé que plus de 780 Iraniens avaient été tués à travers le pays depuis le début des frappes américano-israéliennes samedi. L’AFP et BFMTV ne sont pas en mesure de vérifier ce bilan. L’organisation a précisé que, depuis samedi, 153 villes et plus de 500 sites ont été touchés à travers l’Iran, pour un total de plus de 1.000 attaques.
L’armée iranienne a de son côté riposté en lançant des attaques sur l’État hébreu. Sept personnes ont été blessées dans le centre d’Israël après des tirs de missiles iraniens, selon la Magen David Adom, équivalent de la Croix-Rouge. Le régime des Mollahs a aussi frappé le Qatar, et plus particulièrement la base militaire américaine d’Al-Udeid.
• Emmanuel Macron ordonne au Charles de Gaulle de se diriger vers la Méditerrannée
Lors d’une allocution, Emmanuel Macron a demandé au porte-avions Charles de Gaulle de faire route vers la Méditerranée. Selon la ministre des Armées Catherine Vautrin, invitée de nos confrères de LCI, « on peut imaginer qu’en une dizaine de jours le Charles-de-Gaulle sera en Méditerranée, peut-être même huit jours ».
Le chef de l’État a aussi annoncé l’envoi à Chypre de moyens de défense anti-aérienne « supplémentaires » et de la frégate Languedoc qui arrivera au large de l’île « dès ce (mardi) soir ».
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait réaffirmé ce matin sur BFMTV-RMC que la France était « prête à défendre ses partenaires de manière proportionnée » si ces derniers le demandaient. Il a confirmé que des Rafale français avaient conduit des « opérations de sécurisation du ciel au-dessus de nos bases » durant le week-end.
• Deux vols évacuant des Français du Moyen-Orient arrivent cette nuit
Deux « premiers vols » rapatriant des Français du Moyen-Orient en guerre arriveront « dès » ce soir à Paris, a annoncé Emmanuel Macron. D’après le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, près de 400.000 ressortissants français se trouvent actuellement au Moyen-Orient. Parmi eux, 25.000 se sont inscrits sur les listes de rapatriement.
• Donal Trump a affirmé que les États-Unis ont « à peu près tout détruit » en Iran
« L’opération se déroule bien, ils n’ont plus de marine, de force aérienne, de radars, de capacité de détection », a dit Donald Trump lors d’une entrevue avec le chancelier allemand, Friedrich Merz qu’il reçoit dans le bureau ovale.
« On a à peu près tout détruit », a assuré le président américain, qui affirme avoir remporté la guerre « sur le plan militaire. »
Le président américain a affirmé que la plupart des responsables iraniens auxquels il pensait pour « l’après-guerre », étaient morts. Il a également assuré que le « pire scénario » serait l’arrivée d’un dirigeant « aussi mauvais » qu’Ali Khamenei.
Dans une interview réalisée un peu plus tôt sur Fox News, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l’offensive israélo-américaine ne serait qu’une « action rapide et décisive » et ne se transformerait pas en « guerre sans fin ».
Il a également justifié la temporalité de cette entrée en guerre en arguant que les programmes nucléaire et de missiles balistiques du pays auraient été « intouchables » d’ici quelques mois.
Guerre en Iran: la France et ses alliés européens peuvent-ils basculer malgré eux dans le conflit?
• Une « incursion terrestre » de Tsahal au Liban
L’armée israélienne a annoncé créer « une zone tampon » au Liban, peu après que le ministre de la Défense Israël Katz a autorisé les soldats à se déployer sur de nouvelles positions dans le sud du pays, frontalier du nord d’Israël.
En parallèle, une source militaire a confirmé à l’AFP le déclenchement d’une incursion terrestre « au niveau de Kfar Kila et de la plaine de Khiam », des zones frontalières d’Israël.
Toute la journée, Tsahal a émis des ordres d’évacuation concernant des localités de la banlieue de Beyrouth et du sud du Liban en raison d’opérations contre le Hezbollah. Après des « frappes [israéliennes] ciblées et simultanées » sur Beyrouth et Téhéran, le Hezbollah a affirmé avoir ciblé trois bases militaires en Israël en représailles.
• L’ONU « profondément choqué » par l’impact du conflit sur les civils
Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme s’est dit « profondément choqué » par l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les civils et les infrastructures civiles. En parallèle, l’ONU a décompté au moins 30.000 personnes déplacées au Liban.
L’Iran a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à agir pour arrêter la guerre opposant la République islamique aux États-Unis et à Israël.
Donald Trump a de son côté dit à l’Iran qu’il était « trop tard » pour négocier.
« Ils veulent parler. J’ai dit : ‘trop tard!' », a-t-il écrit sur son réseau social Truth.
• Les Bourses européennes et asiatiques poursuivent leur chute
Le CAC 40 a abandonné encore 3,46% à 8.103,84 points aujourd’hui, au lendemain d’un repli de près de 2,2%, soit sa pire séance depuis près d’un an. Toujours en Europe, la Bourse de Francfort a lâché 3,44% et Milan de 3,92%. Sur le continent asiatique, l’indice vedette Kospi de la Bourse de Séoul a ce matin lâché 5,09% à 5.926 points.
La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, se remettant toutefois en partie des fortes pertes du début de séance, crispée par les craintes d’une guerre prolongée au Moyen-Orient et des répercussions sur l’économie américaine. Le Dow Jones a reculé de 0,83%, l’indice Nasdaq a perdu 1,02% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,94%.
Le prix du gaz européen s’envole à nouveau, poussé par la fermeture du détroit d’Ormuz et l’arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy.
Le cours du baril de pétrole Brent a gagné plus de 4% à 81 dollars lors des échanges en Asie. Vers 9 heures, heure française, le prix du baril de Brent de la mer du Nord progressait de 4,41% à 81,17 dollars, tandis que le West Texas Intermediate était en hausse de 3,99% à 74,07 dollars le baril.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a expliqué qu’une cellule de crise est mise en place tous les jours à Bercy. Il n’y a « aucun risque d’approvisionnement à court terme » en France sur le gaz et sur l’essence, a-t-il rassuré.
• Le sport aussi rattrapé par le conflit
Le Challenger de Fujairah (nord-est des Emirats arabes unis), tournoi du deuxième échelon du circuit professionnel masculin de tennis, a été définitivement annulé mardi en raison des risques liés aux combats en cours dans la région.
La perturbation du trafic aérien a entrainé de nombreuses difficultés pour acheminer le personnel de la Formule 1 pour le premier Grand Prix de la saison à Melbourne ce week-end. La course n’est pas pour autant menacée d’après son organisateur. À moins d’1h30 de route de Dubaï, le Challenger de Fujaïrah aux Émirats arabes unis a dû être interrompu ce mardi matin. Il avait été maintenu lundi malgré les frappes iraniennes.
Plus généralement, de nombreux athlètes sont bloqués à l’étranger, à l’image de plusieurs pongistes à Singapour: quatre rencontres de Pro A française ont par exemple dû être annulées pour cette raison.
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