Meilleur ambassadeur de Porto Rico, Bad Bunny a donné, avec sa prestation à la mi-temps du Super Bowl le 8 février dernier, des envies de voyage et d’apprendre l’espagnol.
La performance de Bad Bunny au Super Bowl n’a pas seulement eu pour effet d’agacer Donald Trump et son camp. Elle a aussi boosté les écoutes du chanteur sur Spotify, qui a enregistré 210% d’augmentation des streams dès le 9 février, lendemain du match suivi par plus de 128 millions de téléspectateurs, ce qui est un phénomène assez classique pour un artiste. L’année dernière, les écoutes de Not like us, de Kendrick Lamar, avaient explosé au lendemain de sa performance au Super Bowl.
S’il n’a pas battu de record d’audience – faisant moins bien que Kendrick Lamar, justement, ou encore Michael Jackson en 1993 – le spectacle de Bad Bunny a eu bien des répercussions.
Et puis ce show éminemment politique, le premier du genre entièrement en espagnol, a également eu pour effet de donner envie à pas mal de monde de se mettre à l’espagnol, histoire de comprendre les paroles de son album Debi Tirar Mas Fotos (J’aurais dû prendre plus de photos) et ses grands tubes. Inspirés par le défi qu’avait lancé le chanteur lors de son passage dans l’émission américaine Saturday Night Live en octobre 2025, « vous avez quatre mois pour apprendre l’espagnol », les fans se lancent.
Pour la plateforme d’apprentissage des langues Babbel, il s’agit là d’une tendance depuis une dizaine d’années, lancée par le tube Despacito, et portée non seulement par Bad Bunny, mais aussi les séries La Casa de papel, Elite, ou la chanteuse Rosalia.
Bad Bunny mania
« Quand 120 millions de personnes s’apprêtent à regarder un show entièrement en espagnol, on ne parle plus d’une simple tendance culturelle, mais d’un mouvement global », note ainsi dans un communiqué Sophie Vignoles, linguiste et cheffe de la production de contenu d’apprentissage chez Babbel, qui enregistre 27% de nouveaux amateurs de la langue de Pedro Pascal. De son côté, la plateforme Duolingo a enregistré une hausse de 19 % de nouveaux élèves en espagnol dès le lendemain du Super Bowl, indique Le Parisien.
Pourquoi le sacre de Bad Bunny aux Grammy Awards est un camouflet pour Donald Trump?
Non seulement Benito Antonio Martinez Ocasio, le vrai nom de Bad Bunny, est un excellent ambassadeur de la langue espagnole, mais il l’est aussi pour son île natale, Porto Rico.
En témoignent les données du comparateur de vols Skyscanner, qui a enregistré, comme l’a repéré le Figaro, un bond dans les recherches de vols vers Porto Rico. Les Français ont été particulièrement sensibles à l’appel des Caraïbes. Au lendemain du concert de Bad Bunny, les recherches émanant de France ont ainsi augmenté de 255%. Plus que les autres pays européens, la France a été sensible à la Bad Bunny mania.
Coup de pouce pour Aznavour
Et puis, plus inattendu, le chanteur portoricain a aussi boosté les écoutes de notre Charles Aznavour national, dont il reprend quelques mesures dans sa chanson Monaco, extraite de l’album Nadie Sabe Lo Que Va a Pasar Mañana (Personne ne sait ce qui va se passer demain). Les violons de Hier encore, de Charles Aznavour ont ainsi résonné dans le Levi’s Stadium de San Francisco, emballant les auditeurs du monde entier.
Le titre a ainsi connu un bond de 37% du nombre d’écoutes à l’échelle mondiale et une hausse de 84% aux États-Unis, indique Spotify. L’ensemble du catalogue de Charles Aznavour a d’ailleurs enregistré une augmentation de 9% du nombre d’écoutes après la mi-temps du Super Bowl.

