Affaire Epstein: sous pression, le Premier ministre britannique s’excuse auprès des victimes, mais assure vouloir « continuer » à diriger le gouvernement

S’adressant aux victimes de Jeffrey Epstein, le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est dit « désolé » ce jeudi 5 février « d’avoir cru aux mensonges » de Peter Mandelson et de l’avoir nommé ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le pédocriminel. Il a toutefois écarté une démission du gouvernement.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer voit son avenir politique menacé par les répercussions de l’affaire Epstein. Le chef du gouvernement s’est excusé ce jeudi 5 février pour avoir nommé Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le criminel sexuel.

S’adressant aux victimes, le dirigeant travailliste – qui fait face à une crise de confiance et d’autorité inédite – s’est dit « désolé d’avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson et de l’avoir nommé », lors d’un discours prononcé à Hastings, dans l’est de l’Angleterre. L’ancien ambassadeur a été nommé par Keir Starmer, puis limogé en septembre dernier après sept mois à Washington.

Le Premier ministre a toutefois déclaré qu’il entendait « continuer » à diriger le gouvernement, malgré les appels à la démission. « J’ai l’intention de continuer à faire ce travail essentiel pour notre pays », a-t-il souligné avant d’ajouter: « nous devons rester concentrés sur la raison pour laquelle ce gouvernement a été élu, changer ce pays en mieux ».

Alors que depuis des semaines les rumeurs de manœuvres pour le remplacer se multiplient, des députés travaillistes, cités anonymement dans la presse britannique, n’écartent plus désormais l’éventualité d’un départ de Keir Starmer.

Jeudi, les journaux s’interrogeaient sur son futur à Downing Street, évoquant un Premier ministre qui « se bat pour son avenir » (The Times), en « grave danger » (Daily Mail) ou encore « isolé » (the i) dans sa propre majorité.

« Aucun d’entre nous ne connaissait l’étendue et la noirceur de cette relation »

La veille, Keir Starmer avait déjà reconnu devant le Parlement qu’il était au courant de liens entre le criminel sexuel américain et Peter Mandelson, mais a accusé son ex-ambassadeur d’avoir « menti de façon répétée » sur l’étendue de ces liens. « On savait depuis un certain temps que Mandelson connaissait Epstein, mais aucun d’entre nous ne connaissait l’étendue et la noirceur de cette relation », a-t-il affirmé jeudi.

Arrivé à Downing Street en juillet 2024, Keir Starmer avait promis d’en finir avec les scandales à répétition qui ont marqué les dernières années des gouvernements conservateurs. Mais en 18 mois, il a été contraint à de nombreuses volte-face sur son programme économique et social et a dû se séparer de plusieurs ministres mis en cause dans diverses affaires, autant de déboires qui ont largement entamé son crédit politique et sa popularité.

Après les dernières révélations issues des documents publiés par le ministère américain de la Justice, Peter Mandelson est désormais sous le coup d’une enquête de police, soupçonné d’avoir transmis des informations financières sensibles à Epstein alors qu’il était membre du gouvernement de Gordon Brown entre 2008 et 2010.

Pour les Britanniques, « ce gouvernement est tout aussi chaotique que le précédent », et « l’affaire Mandelson semble encore accentuer ce phénomène », souligne auprès de l’AFP Luke Tryl, directeur pour le Royaume-Uni du think tank More in Common. La crise a même fait tanguer la livre sterling jeudi, et grimper le taux d’emprunts des bons du Trésor britannique, réveillant le souvenir de l’ex-Première ministre Liz Truss, contrainte de démissionner en 2022 après avoir alarmé les marchés.

L’opposition conservatrice demande aussi la tête du directeur de cabinet et plus proche conseiller du Premier ministre, Morgan McSweeney, accusé d’avoir poussé la candidature de Peter Mandelson.

À moins de deux mois d’élections locales à haut risque

Ces difficultés tombent mal pour Keir Starmer, à moins d’un mois d’une élection législative partielle dans le nord-ouest de l’Angleterre et à deux mois d’élections locales à haut risque avec la montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage. Ce dernier a qualifié l’affaire de « plus gros scandale de la politique britannique depuis plus d’un siècle ».

Pour sa défense, le gouvernement assure avoir respecté les règles de vérification pour la nomination de l’ex-ambassadeur. « Le responsable, ici, n’est ni le Premier ministre ni son équipe. C’est Peter Mandelson qui a menti, manipulé et trompé tout le monde », a affirmé sur Sky News le ministre du Logement Steve Reed, fidèle du Premier ministre, dépêché dans les médias jeudi matin pour défendre la position du gouvernement.

Donald Trump, Bill Gates, Jack Lang: comment les révélations sur l’affaire Epstein nourrissent les théories du complot

Mercredi, la tension était montée d’un cran lors d’un débat électrique à la chambre des Communes, autour d’une motion déposée par les conservateurs pour réclamer la publication des documents sur le processus de nomination et de révocation de Peter Mandelson.

Après avoir d’abord tenté de restreindre cette publication en invoquant un préjudice potentiel pour la sécurité nationale, le gouvernement a dû se résoudre – sous la pression de ses propres députés – à accepter de transmettre tous les documents à une commission parlementaire. Des députés travaillistes furieux ont critiqué « l’erreur de jugement » du Premier ministre et exprimé leur « colère », et même leur « honte » face à la manière dont le gouvernement a géré cette affaire.

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Donald Trump met en garde le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, avant d’éventuelles négociations entre les Etats-Unis et l’Iran

Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, avant des négociations avec les Etats-Unis, à Mascate (Oman), le 25 avril 2025. MINISTÈRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES VIA REUTERS

Donald Trump a mis en garde le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un extrait d’interview diffusé, mercredi 4 février, par la chaîne NBC. « Je pense qu’il devrait se faire beaucoup de soucis en ce moment. Comme vous savez, ils négocient avec nous », a déclaré le président américain.

Ce dernier a aussi assuré à NBC que les autorités iraniennes envisageaient d’ouvrir un nouveau site nucléaire, après les frappes menées par les Américains en juin dernier contre leurs installations. « Ils réfléchissaient à ouvrir un nouveau site ailleurs dans le pays », a-t-il dit, ajoutant : « Nous l’avons découvert et j’ai dit, si vous faites ça, nous allons vous faire subir des choses très dures. » Le locataire de la Maison Blanche a déployé près de l’Iran une considérable force de frappe aérienne et navale, qu’il n’exclut pas d’employer si Téhéran n’accepte pas une série de revendications américaines.

Ces déclarations interviennent alors que la confusion régnait mercredi sur la tenue ou non d’une rencontre entre les deux pays vendredi à Oman. Evoquée dans un premier temps par des médias iraniens, elle a été confirmée en fin de journée par le chef de la diplomatie iranienne. « Les pourparlers sur le nucléaire avec les Etats-Unis sont prévus vendredi à Mascate vers 10 heures, a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Je suis reconnaissant à nos frères omanais d’avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

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« En cours de discussion »

Selon une source citée par l’agence Associated Press, la Maison Blanche aurait finalement accepté de déplacer les discussions de la Turquie à Oman après que les dirigeants arabes ont exhorté les Etats-Unis à écouter Téhéran. Mais aucune annonce n’a été faite officiellement.

Un peu plus tôt, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, avait déclaré que Washington était ouvert à de prochaines négociations avec l’Iran et qu’un lieu était « en cours de discussion », tout en soulignant qu’elles ne pouvaient se limiter aux questions nucléaires comme le souhaite Téhéran.

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Selon lui, « pour que les pourparlers aboutissent réellement à quelque chose de significatif, ils doivent inclure certains éléments ». Parmi ces derniers, il a mentionné le programme de missiles balistiques de Téhéran, le soutien apporté aux groupes militants régionaux et le traitement réservé à sa population.

Mardi, la Maison Blanche avait déclaré qu’elle prévoyait que les négociations auraient bien lieu même après que les Etats-Unis ont abattu un drone iranien qui s’était approché « de manière agressive » d’un porte-avions américain dans la mer d’Arabie un peu plus tôt dans la journée.

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Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s’efforcent de réduire les tensions.

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Le Monde avec AFP

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« Je l’ai rencontré deux fois »: Michel Hazanavicius, épinglé pour ses relations avec Jeffrey Epstein, contredit par les documents de la justice américaine

Entre 2012 et 2014, le réalisateur français Michel Hazanavicius a entretenu une correspondance avec le pédocriminel Jeffrey Epstein et assure n’avoir eu aucune idée de « son comportement de prédateur. »

Au milieu de l’immense masse de documents publiés par la justice américaine sur le criminel sexuel Jeffrey Epstein, plusieurs noms de Français ressortent. C’est notamment le cas de Jack Lang, ancien ministre de la Culture et actuel président de l’Institut du monde arabe, mais aussi de sa fille Caroline Lang, de l’homme d’affaires Olivier Colom, de l’ancien ministre de l’Économie Bruno le Maire, de la banquière d’affaires Ariane de Rothschild, du chef d’orchestre Frédéréic Chaslin, du mathématicien Cédric Villani, mais aussi du réalisateur Michel Hazanavicius.

Ce dernier rencontre pour la première fois Jeffrey Epstein un mois après le sacre de son film The Artist aux Oscars, lors d’un dîner à l’initiative du financier le 24 mars 2012 à Paris en présence notamment de Woody Allen, selon les échanges déclassifiés par l’administation américaine.

Les documents attestent d’une correspondance directe par courriel entre les deux hommes jusqu’en janvier 2014. Jeffrey Epstein sollicite régulièrement des rencontres, à New-York ou lors de ses fréquents séjours à Paris.

Interrogé par l’AFP, Michel Hazanavicius a confirmé avoir « rencontré ce type, deux fois », qui lui a été présenté « comme un ami de Woody Allen ». « Je l’ai rencontré deux fois personnellement, et une fois à un dîner avec une vingtaine de personnes, dont Woody Allen », confirme-t-il dans les colonnes de l’Humanité.

Et d’ajouter: « Je ne connaissais évidemment pas son comportement de prédateur. Ces rencontres se sont passées à Paris au moment de la folie de The Artist, qui venait d’obtenir des Oscars. Nous étions alors les coqueluches d’Hollywood, et avons à cette époque rencontré beaucoup de personnalités. »

« J’espère te voir bientôt »

Une version que différents mails révélés dans les « Epstein files » contredisent. Au total, le nom Hazanavicius apparaît 306 fois dans les documents publiés sur le site de la justice américaine. Des échanges de mails, entre 2012 et 2014, qui retracent plusieurs rencontres entre le milliardaire pédocriminel et le réalisateur.

Au lendemain d’un dîner qui s’est tenu avec Woody Allen et des financiers de Wall Street le 24 mars 2012 à l’hôtel de luxe Park Hyatt Paris-Vendôme, Jeffrey Esptein envoie un mail au réalisateur et à son épouse: « J’espère que vous vous êtes autant amusés que moi. » Ce à quoi Michel Hazanavicius répond: « Oh oui. Nous avons passé un moment formidable. Très amusant, très intéressant, et bien plus encore. Nous avons adoré! Merci. À bientôt, nous l’espérons. »

Dans un autre mail, daté du 27 mars 2012, Jeffrey Esptein remercie son interlocuteur pour « une très longue marche » dans les rues de Paris. « J’espère te voir bientôt », lui répond Michel Hazanavicius. Deux mois plus tard, nouveau mail: « j’espère que tu t’amuses autant que moi », écrit Jeffrey Epstein. Et une réponse: « Je m’amuse bien, mais pourquoi es-tu SI heureux? »

« Une fille très belle »

Cette même année, en juin, Jeffrey Esptein, qui assiste à la première du film To Rome With Love, de Woody Allen, demande au réalisateur dans un énième mail s’il a « des idées pour trouver une fille très belle et intelligente qui m’accompagnerait à la première parisienne de Woody? »

« Il y a un moment donné où il m’a demandé si je ne connaissais pas une fille sympa, smart, et c’est là où Bérénice (Béjo, sa compagne, NDLR.) m’a dit ‘plus jamais, il faut fuir ce type' », se défend Michel Hazanavicius, interrogé par l’AFP, ajoutant que « la décision avait été fermement prise de ne pas voir ce type » sans avoir, à l’époque, « aucune idée de qui il était ».

Donald Trump, Bill Gates, Jack Lang: comment les révélations sur l’affaire Epstein nourrissent les théories du complot

Mais selon les documents déclassifiés par la justice américaine, le réalisateur et le criminel sexuel auraient poursuivi les échanges au-delà de cette date. Le 25 juin 2012, Michel Hazanavicius demande au milliardaire s’il a trouvé « la charmante jeune fille intelligente (qu’il) recherch (ait)? ». « Ouais », répond Jeffrey Epstein.

En octobre 2012, pour la sortie de The Artist, Michel Hazanavicius invite son correspondant à une projection à l’Olympia. Les échanges continuent jusqu’en janvier 2014, date à laquelle le Français décline une invitation à dîner pour des raisons d’agenda. Pour rappel, Jeffrey Esptein a été condamné pour la première fois en 2008. Il avait notamment plaidé coupable de prostitution impliquant une mineure dans l’État de Floride.

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Au procès des assistants parlementaires européens du FN, la défense entre en scène difficilement

Plaidoirie de Louis Balling, avocat de Bruno Gollnisch, au palais de justice de Paris, le 4 février 2026. SERGIO AQUINDO POUR « LE MONDE »

La parole est à la défense, dans la dernière ligne droite du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN) qui se tient depuis le 13 janvier devant la cour d’appel de Paris. Avec des succès divers. La difficulté, pour les douze avocats, qui cèdent souvent à la tentation de plaider une heure de trop, est bien de ne pas répéter les mêmes arguments pour les douze prévenus accusés d’un même délit, le détournement de fonds publics du Parlement européen.

Mᵉ Robert Apéry a eu l’honneur, mercredi 4 février, de défricher le premier de ce qui lui paraît les incohérences du dossier. Et d’abord « la campagne politique » contre les juges, évoquée par la partie civile et le parquet général, en laquelle il voit (en dehors des insultes et des menaces de mort), « un message subliminal à l’attention de la cour d’appel : ne serait-ce pas perçu comme une circonstance aggravante ? ».

Mᵉ Patrick Maisonneuve, l’avocat du Parlement européen, partie civile, s’était en effet inquiété la veille des attaques contre l’Etat de droit de Marine Le Pen, Jordan Bardella ou de Nicolas Sarkozy. Et de François Bayrou, « troublé » par les peines d’inéligibilité, tout comme Jean-Luc Mélenchon. « Je ne sais pas pourquoi ils sont préoccupés par le Parlement européen », a plaisanté l’avocat, alors que les chefs de file du MoDem et de La France insoumise sont eux aussi poursuivis pour des faits comparables.

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Un appel à témoins lancé par la police pour retrouver Elyot, 20 ans, disparu dans le Bas-Rhin

Elyot, un jeune homme de 20 ans en situation de vulnérabilité, n’a plus été aperçu depuis ce mardi 3 février à Hagenau. La police nationale du Bas-Rhin a lancé un appel à témoins pour disparition inquiétante.

La police nationale du Bas-Rhin a lancé un appel à témoins, ce jeudi 5 février, afin de retrouver la trace d’Elyot, âgé de 20 ans et porté disparu depuis le mardi 3 février.

Le jeune homme, qui est en « situation de particulière vulnérabilité », a été aperçu pour la dernière fois à Haguenau mardi. Elyot est âgé de 20 ans, a les cheveux châtains et les yeux bleus.

Un numéro communiqué

Aucune information n’a été communiquée concernant la tenue qu’il portait lors de sa disparition. Le jeune homme est de type européen, mesure 1m70 et il est de corpulence mince.

Les personnes disposant d’informations qui pourraient permettre de retrouver Elyot sont invités à appeler les enquêteurs de la police nationale du Bas-Rhin au 03.90.23.13.05.

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Etats-Unis : la Cour suprême valide le redécoupage électoral de la Californie, enjeu-clé pour les élections de mi-mandat 2026

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, à San Diego (Californie), le 2 février 2026. MIKE BLAKE/REUTERS

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé, mercredi 4 février, la Californie à utiliser sa nouvelle carte électorale, adoptée avec le but avoué de favoriser les démocrates lors des élections de mi-mandat 2026.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Californie, Gavin Newsom remporte son pari et obtient des électeurs un redécoupage électoral favorable aux démocrates

Non motivée par les juges, cette décision rendue en urgence a pour effet de valider un redécoupage électoral pensé pour apporter cinq sièges supplémentaires à la gauche américaine à la Chambre des représentants lors du scrutin de novembre.

Voulue par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, cette nouvelle carte a été adoptée par référendum en novembre dernier. Elle a été conçue comme une contre-attaque à un autre redécoupage électoral similaire lancé par les républicains au Texas, pour permettre à Donald Trump de conserver son étroite majorité conservatrice au Congrès.

« Gerrymandering »

« Donald Trump a déclaré qu’il avait “droit” à cinq sièges supplémentaires au Congrès au Texas. C’est lui qui a déclenché cette guerre sur le redécoupage électoral », a rappelé sur X M. Newsom, à qui la presse américaine prête des ambitions présidentielles. Malgré la contestation de la carte californienne en justice, le président américain « a perdu, et il perdra à nouveau en novembre », a-t-il ajouté.

Contacté par l’Agence France-Presse, le Parti républicain de Californie n’a pas immédiatement réagi.

Le redécoupage électoral intervient habituellement tous les dix ans aux Etats-Unis, après le recensement. Mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les deux partis se sont lancés dans un charcutage électoral qui vire à la guerre administrative. Outre le Texas et la Californie, plusieurs Etats républicains et démocrates sont en train de redessiner leurs circonscriptions électorales. Cette pratique, connue sous le nom de « gerrymandering », est légale aux Etats-Unis. Mais elle ne doit pas se faire sur des bases raciales.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Entre le Texas et la Californie, la guerre du « gerrymandering », le redécoupage électoral, a commencé

Au Texas comme en Californie, les nouvelles cartes ont été accusées de surpondérer le vote des minorités ethniques dans certaines circonscriptions, théoriquement plus favorables à la gauche, ou de le diluer en les rattachant à des endroits plus conservateurs. La carte du Texas a été validée en décembre par la Cour suprême, qui a rejeté ces arguments. A la suite de cette décision, l’approbation de celle de la Californie était largement attendue.

Le Monde avec AFP

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« Une IA m’a payé pour tenir ce panneau »: c’est quoi RentAHuman.ai, la plateforme qui propose de louer votre corps à un agent IA

La plateforme RentAHuman propose de mettre des humains à la disposition d’agents d’IA pour accomplir des tâches dans la vie réelle. Les missions rémunérées vont de la récupération de colis à des humiliations publiques. Un projet déroutant qui soulève déjà de nombreuses questions sur l’avenir du travail à l’ère de l’IA.

Louer son corps à une IA. L’idée semble tout droit sortie d’un épisode Black Mirror et pourtant, en attendant de pouvoir un jour (lointain, on espère) héberger une IA dans nos corps d’humains augmentés, un ingénieur en a fait son futur business.

Selon Futurism, Alexander Liteplo, un ingénieur logiciel a fondé RentAHuman.ai, une plateforme permettant à des agents IA de « rechercher, réserver et rémunérer des humains pour des tâches dans le monde physique ».

Présenté lundi 2 février 2026 par son fondateur, RentAHuman part d’un postulat simple: « les robots ont besoin de vous ». En effet, avec la multiplication des agents IA, Alexander Liteplo parie sur l’émergence d’un nouvel écosystème de micro-travail piloté par l’intelligence artificielle. Le site a d’ailleurs été pensé pour être directement exploitable par des bots, via une intégration au protocole MCP (Model Context Protocol), une interface conçue pour faciliter l’interaction entre agents IA et services web.

RentAHuman, le site qui propose de mettre votre corps au service d’une IA pour quelques dollars… © BFM Tech

De 1 à 100 dollars la mission

La plateforme se définit donc comme un intermédiaire entre des agents IA autonomes et des travailleurs humains disponibles à la demande. Il suffit que les humains créent un profil, indiquent leurs compétences, leur localisation et fixent un tarif horaire, et le tour est joué. En face, des agents IA, censés être déployés par des entreprises ou des particuliers, proposent des missions en fonction de leurs besoins.

Les humains peuvent ainsi récupérer un colis pour le compte d’une IA (et donc a priori d’un humain derrière), faire des courses, tester un produit ou participer à un événement. Une fois la tâche réalisée, l’humain fournit une preuve d’exécution et est rémunéré, principalement en cryptomonnaie, via des stablecoins ou d’autres moyens de paiement. Bref, une façon de louer son corps pour des IA.

Concrètement, des agents comme Claude ou MoltBot peuvent soit recruter directement une personne, soit publier une « prime à la tâche », accessible aux humains inscrits sur la plateforme. Les rémunérations annoncées vont de 1 dollar pour des actions triviales, comme s’abonner à un compte sur X (ex-Twitter), à plusieurs centaines de dollars pour des missions beaucoup plus controversées. Une mission propose ainsi 100 dollars en échange de la publication sur les réseaux d’une photo de soi en train de tenir une pancarte proclamant: « Une IA m’a payé pour tenir ce panneau ».

L’idée paraît farfelue, et pourtant. Selon Alexander Liteplo, plus de 130 personnes se seraient inscrites dès le lancement. Une mannequin OnlyFans et le PDG d’une start-up spécialisée dans l’IA s’y seraient inscrits. Deux jours plus tard, la plateforme affichait déjà plus de 73.000 profils « disponibles à la location ». Seuls 83 étaient réellement consultables, dont celui du fondateur lui-même.

Un modèle dystopique

Reste que l’efficacité réelle du système interroge. Une mission assez simple qui consistait à récupérer un colis dans un bureau de poste de San Francisco pour 40 dollars est restée sans suite après deux jours. Une trentaine de candidatures avaient été déposées. De quoi douter de la capacité actuelle des agents IA à orchestrer efficacement du travail humain.

Alexander Liteplo, lui, ne semble pas douter de son projet. Selon l’ingénieur, toute personne suffisamment fortunée pour faire fonctionner un agent d’IA pour 25 dollars par jour pourra externaliser ses tâches répétitives à des travailleurs indépendants sans jamais avoir à échanger un mot. A se demander où est passé l’éthique.

Le fondateur ne semble pas être inquiété par ces critiques. Quand un internaute a qualifié RentAHuman de « bonne idée mais dystopique à souhait », il s’est simplement fendu d’un… « MDR ouais. »

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Pas de surprise à Francfort: la Banque centrale européenne laisse ses taux directeurs inchangés pour la cinquième fois consécutive depuis juillet

La Banque centrale européenne a maintenu son taux de référence à 2%, malgré le ralentissement de l’inflation et la dégringolade du dollar.

C’était attendu. La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas modifié ses taux directeurs, ce jeudi 5 février. Le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, demeure donc à 2%, pour la cinquième réunion d’affilée depuis juillet. En fait, les observateurs attendaient surtout que Christine Lagarde, la présidente de la BCE, s’exprime à propos de la vigueur de l’euro et du ralentissement de l’inflation, qui soulèvent des questions quant à l’adéquation de la politique monétaire.

Un euro plus fort « pourrait faire baisser l’inflation au-delà des attentes », a averti la présidente de la BCE Christine Lagarde.

Certains observateurs plaident pour une baisse des taux directeurs, qui se reflèterait ensuite dans les taux pratiqués par les banques commerciales, pour redonner de l’air à l’économie et rapprocher l’euro du dollar. Le risque est de laisser les prix repartir à la hausse.

Toutefois, l’inflation en zone euro a ralenti plus que prévu en janvier, à 1,7%, soit moins que la cible de la BCE, selon les données d’Eurostat. La hausse des prix est particulièrement faible en France (+0,3% sur un an en janvier, après +0,9% en décembre, selon l’Insee), en raison notamment de la décrue des prix de l’énergie. Si cela peut favoriser le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité, une faible inflation alourdit la charge de la dette et complique sérieusement le rétablissement des comptes publics.

L’euro fort inquiète

Les pressions désinflationnistes sont accentuées par les importations chinoises et la nette appréciation de l’euro par rapport au dollar. Le taux de change actuel soulève des inquiètudes. Un euro fort rend les importations libellées en dollars – et notamment de pétrole et de gaz – moins chères, mais cela pénalise les exportateurs déjà freinés par les tensions commerciales et les droits de douane américains.

La vigueur de l’euro risque d’être durable, voire de s’intensifier, même si l’on reste loin du record atteint en 2008 (1,60 dollar pour un euro). La semaine dernière, l’euro a brièvement dépassé 1,20 dollar, un plus haut en quatre ans et demi, avant de redescendre légèrement à 1,18 dollar.

L’annonce de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la banque centrale américaine (Fed) a plutôt rassuré les marchés. Mais Donald Trump devrait continuer à pousser pour que la Fed abaisse ses taux directeurs, et donc maintenir une pression à la baisse sur le dollar.

L’éco du monde : La BCE réagira-t-elle à la chute du dollar ? – 28/01

Avant la réunion de jeudi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait souligné sur LinkedIn que la BCE « suit de près cette appréciation de l’euro et ses conséquences possibles en termes de baisse de l’inflation ». Son homologue autrichien, Martin Kocher, a estimé que l’appréciation de l’euro, si elle se poursuivait, pourrait contraindre la BCE à « réagir en termes de politique monétaire ».

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Le « Washington Post », mythique quotidien américain, ébranlé par un plan de licenciements massif

Devant la rédaction du « Washington Post », à Washington, le 4 février 2026. PABLO MARTINEZ MONSIVAIS/AP

Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d’une réunion en ligne, le directeur exécutif, Matt Murray, a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L’entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d’environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s’accumulent depuis 2023.

Selon le syndicat Washington Post Guild, les effectifs avaient déjà été réduits de 400 membres au cours des trois dernières années. « On ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir », a dénoncé l’organisation. Cette fois, ce sont des pans entiers du journal qui seront décimés : l’information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. « Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient et nos éditeurs, confirmait sur X la correspondante au Caire, Claire Parker. Difficile de comprendre la logique. » Un euphémisme.

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Plan contre l’infertilité: un message sera adressé à tous les Français lors de leurs 29 ans, à partir de la fin de l’été

Envoyer un message aux Français à leurs 29 ans, augmenter les possibilités de congeler les ovocytes ou encore meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)… Le plan contre l’infertilité, promis par Emmanuel Macron il y a deux ans, a été présenté ce jeudi 5 février.

Promis par Emmanuel Macron mais longtemps resté lettre morte, un plan contre l’infertilité émerge enfin. Présenté ce jeudi 5 février par le gouvernement, il prévoit notamment de mieux sensibiliser sur ce sujet qui touche plus de trois millions de Français.

« Les enjeux de l’infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects » pour permettre le « lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues », a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors de la présentation de ce plan. Cela fait en effet déjà deux ans que le chef de l’État, Emmanuel Macron avait promis un tel plan, dont les racines remontent même à 2022 lorsque le gouvernement de l’époque avait commandé un rapport sur le sujet.

Depuis, quasiment rien n’était venu, alors que l’infertilité touche, selon ce rapport, 3,3 millions de Français. Seul un volet lié à la recherche s’était concrétisé avec le lancement de plusieurs programmes, par exemple pour améliorer l’efficacité des procréations médicalement assistées (PMA), malgré des financements peinant à se concrétiser.

Le sort même du plan était sujet à des doutes. À la tête du ministère de la Santé pendant l’essentiel de 2024 et 2025, Catherine Vautrin avait marqué sa préférence pour un plan plus large, autour des thématiques de vieillissement et de natalité, faisant craindre un mélange des genres chez les spécialistes. Le recentrage sur l’infertilité est désormais assumé par sa successeure, Stéphanie Rist.

« Il faut éviter c’est continuer à entendre ‘si j’avais su' »

Mesure phare du plan, un message doit, à partir de la fin de l’été, être envoyé à tous les Français lors de leurs 29 ans. Mais, promet la ministre de la Santé, sans pression aucune: « le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ou encore à quel âge: ce qu’il faut éviter c’est continuer à entendre ‘si j’avais su' ».

Cette précision s’inscrit dans un contexte où Emmanuel Macron avait été critiqué par plusieurs associations féministes pour avoir lié l’infertilité à une problématique de « réarmement démographique », une rhétorique guerrière jugée inadéquate. Une campagne de communication sur les enjeux de reproduction doit être lancée fin 2026 et, très prochainement, un site d’information sera disponible sur le sujet.

Infertilité: quand devenir parent devient un parcours du combattant

Le plan, dont le budget total n’est pas précisé, ne se limite pas à la communication. Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d’attente. D’ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire. Il envisage clairement d’ouvrir ce terrain au privé, assurant néanmoins que la procédure restera gratuite et exempte d’une « logique marchande ».

Une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l’infertilité. C’est aussi le cas de l’endométriose mais, alors que celle-ci fait déjà l’objet d’un plan gouvernemental, le SOPK restait jusqu’alors largement absent des discours publics.

Chez les patients, l’annonce de ce plan a été saluée par le collectif BAMP, qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de PMA. « On passe dans une nouvelle ère, on n’a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d’infertilité », a déclaré sa présidente, Virginie Rio, à l’AFP, prévenant toutefois qu’il s’agissait là d’un point de départ et qu’il restait « beaucoup de travail ».

L’organisation milite notamment pour l’autorisation en France du DPI-A, une méthode de diagnostic permettant de repérer les anomalies des embryons avant de les implanter. L’objectif est d’éviter de nombreuses PMA vouées à l’échec, mais cette technique fait l’objet de débats éthiques quant à une potentielle dérive eugéniste.

Aux côtés du plan contre l’infertilité, qui sera piloté par les auteurs du rapport de 2022 – le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux – le ministère a, par ailleurs, annoncé travailler sur les enjeux de santé liés à la naissance, alors que la France présente des taux de mortalité infantile et maternelle nettement supérieurs à nombre de voisins européens.

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