Un nouveau bateau d’aide humanitaire de la Flottille pour la liberté transportant des militants propalestiniens et des journalistes a quitté Gallipoli, en Italie, dimanche 20 juillet, à destination de Gaza.
Chargé de matériel médical, de nourriture, d’équipements pour les enfants et de médicaments, le Handala tentera de rejoindre l’enclave palestinienne en proie à une situation humanitaire désastreuse après plus de vingt mois de guerre. Cet ancien chalutier norvégien naviguera sur près de 1 800 kilomètres en mer Méditerranée. Le voyage devrait durer une semaine.
L’initiative intervient sept semaines après le départ du « Madleen », un autre navire parti d’Italie pour « briser le blocus israélien » à Gaza. Le voilier avait alors à son bord 12 militants dont la militante écologiste Greta Thunberg et l’eurodéputée LFI Rima Hassan, qui avait été détenue trois jours après l’interception du navire, à environ 185 kilomètres à l’ouest de la côte de Gaza.
La libération du Franco-Américain est liée à un échange de prisonniers entre Caracas et Washington a annoncé l’administration Trump ce vendredi 18 juillet.
Lucas Hunter, un Franco-Américain détenu au Venezuela depuis janvier 2025, a été libéré, annonce Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, sur X, ce samedi 19 juillet.
« Je salue les efforts du Département d’État des États-Unis pour parvenir à sa libération », ajoute le ministre.
La libération du Franco-Américain est liée à un échange de migrants vénézuéliens détenus dans une prison salvadorienne. L’administration Trump a indiqué vendredi dans la journée que les migrants vénézuéliens avaient été libérés en échange de dix Américains détenus au Venezuela et d’un nombre inconnu de « prisonniers politiques » vénézuéliens.
Lucas Hunter, âgé de 37 ans, figure donc parmi ces personnes libérées. Ce Franco-Américain avait été arrêté en janvier par les gardes-frontières vénézuéliens pendant des vacances en Colombie.
Auprès de l’AFP, sa soeur, Sophie, avait qualifié « d’injuste » cette détention. « Il n’a rien fait de mal, il n’est pas militant politique, n’a aucune affiliation militaire… Il était juste au mauvais endroit au mauvais moment », avait-elle dit en mars dernier à propos de son frère, dont le cas est lié à un nœud diplomatique complexe.
La famille était sans nouvelle
Selon son récit, le 7 janvier, Lucas Hunter avait été arrêté à la frontière entre la Colombie et le Venezuela par des agents vénézuéliens, alors qu’il voyageait seul pour faire du kitesurf.
Lucas Hunter n’avait pas conscience de s’approcher de la frontière et, quand il l’a remarqué, « il a fait demi-tour pour partir mais a été pris par des agents frontaliers du Venezuela qui sont passés en Colombie pour l’attraper », racontait sa famille sur le site internet monté pour plaider sa cause.
Le lendemain de son arrestation, il avait envoyé un message pour dire qu’il espérait être bientôt libéré. « Et depuis, nous n’avons aucune nouvelle », expliquait encore sa soeur Sophie qui s’était rendue à Washington en mars dernier.
Lucas Hunter, qui travaille dans la finance à Londres, « a été visé en raison de son passeport américain », estimait sa soeur Sophie, pour qui cette arrestation était « politique ».
Fleur Breteau, dans le jardin de l’institut Gustave-Roussy à Villejuif (Val-de-Marne), le 17 juillet 2025. JULIEN DANIEL/MYOP POUR « LE MONDE »
Crâne nu, rouge à lèvres pétant, regard noir. Fleur Breteau est le nouveau visage de la lutte contre le cancer et les pesticides. Les Français l’ont découvert le 8 juillet. « Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! », hurle-t-elle d’un balcon de l’Assemblée nationale surplombant les groupes parlementaires de droite et d’extrême droite. Malgré une mobilisation sans précédent des communautés scientifiques et des défenseurs de l’environnement, les députés viennent de voter la loi Duplomb. Très controversé, le texte réautorise notamment l’acétamipride, un pesticide tueur d’abeille, suspecté d’être toxique pour le développement du cerveau et dont l’usage était interdit en France depuis 2020.
« Avec ma tronche de cancer, j’étais la seule à pouvoir l’ouvrir dans l’hémicycle », dit Fleur Breteau. La Parisienne a fondé le collectif Cancer Colère au lendemain de l’adoption de la proposition de la loi Duplomb par les sénateurs, le 27 janvier. Avec un objectif : « Politiser le cancer en le rendant visible. » Pari gagné. Son coup d’éclat a contribué au succès de la pétition citoyenne demandant l’abrogation de la loi, qui a franchi le million de signatures dimanche 20 juillet, peu avant 18 heures. « C’est un renvoi d’ascenseur de la société civile face au mépris du gouvernement et des 316 parlementaires qui ont soutenu Duplomb contre la santé publique, la science et l’avenir des agriculteurs, réagit la néoactiviste. Ils ont cru pouvoir censurer le processus démocratique. Ils voulaient nous détruire, mais ils nous unissent. »
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Le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, devant les résultats des sénatoriales à Tokyo, le 20 juillet 2025. FRANCK ROBICHON / VIA REUTERS
Le nouveau revers de la coalition au pouvoir au Japon fragilise un peu plus le premier ministre, Shigeru Ishiba, qui a exclu lundi 21 juillet de démissionner, arguant de « l’importance d’éviter toute perturbation dans la politique nationale ».Au terme du scrutin organisé le 20 juillet pour renouveler la moitié des 248 sièges du Sénat, le Parti libéral démocrate (PLD de M. Ishiba) et son allié, le Komei, ont perdu la majorité absolue dans cette Assemblée. L’opposition progresse. Véritable trublion populiste du vote, le tout jeune parti d’extrême droite Sanseito établit un score historique en misant sur un programme xénophobe.
Selon les résultats officiels rapportés lundi par les médias, la coalition au pouvoir obtient 47 sièges sur les 125 à pourvoir lors du scrutin, en deçà des50 sièges nécessaires pour conserver la majorité à l’issue de ce scrutin partiel – le parti dispose toujours des 75 sièges qui n’étaient pas renouvelés lors de cette élection.
Soulignant le fait que le PLD reste le premier parti au Parlement et promettant des discussions avec l’opposition, le premier ministre a refusé de quitter son poste. Lors d’uneconférence de presse depuis le siège du PLD, lundi, il a souligné l’urgence de s’attaquer aux « à la hausse des prix et aux taxes douanières américaines » qui pourraient être imposées au Japon le 1er août. Il veut aussi rester mobilisé face à « à un environnement sécuritaire qui n’a jamais été autant dégradé depuis la guerre ».
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Le ministre français des Affaires européennes, Benjamin Haddad a promis d’être « particulièrement vigilant » face au projet de réforme de la politique agricole commune porté par la Commission européenne.
Il faudra aller plus loin dans la négociation pour préserver les spécificités de la politique agricole commune (PAC) et donner de la visibilité aux agriculteurs, a prévenu le ministre français des Affaires européennes, Benjamin Haddad, contestant le projet en l’état de part flexible de financement proposé par la Commission européenne.
« Nous nous battrons pour chaque euro de la politique agricole commune: le maintien du revenu des agriculteurs – c’est-à-dire ce qu’on appelle l’actuel pilier 1 – , mais aussi toutes les aides à l’investissement – comme l’accompagnement à l’installation des jeunes agriculteurs – afin qu’elles ne soient pas diluées au sein d’autres revenus », a déclaré le ministre.
« Nous serons particulièrement vigilants » sur les aides directes européennes aux agricultures, au cours des deux années de négociations qui s’ouvrent pour définir la politique agricole commune sur la période 2028-2034, a promis Benjamin Haddad au journal Ouest France.
« La proposition de la Commission préserve les paiements directs mais il faudra aller plus loin pour maintenir la spécificité de la politique agricole commune », a-t-il ajouté.
« Nos agriculteurs ont besoin de visibilité »
La France, et plusieurs Etats membres, selon Benjamin Haddad, contestent la place faite à l’agriculture dans le projet qui prévoit qu’une partie des financements européens soient versés dans un fonds spécifiques où les Etats-membres pourront décider eux mêmes de flécher l’argent vers l’agriculture ou vers d’autre destinations.
« Nos agriculteurs ont besoin de visibilité sur leurs revenus, et de stabilité sur la façon dont va être déboursé l’argent de la PAC », a lancé le ministre.
« Évidemment que les États membres feront toujours de la question de l’agriculture une priorité. Mais je crois qu’il faut que notre vision pour l’agriculture soit vraiment inscrite très clairement dans ce budget européen. Nous avons été plusieurs États membres à le rappeler aujourd’hui au Conseil au commissaire au budget », a-t-il dit.
L’Union européenne a détaillé jeudi sa proposition de réforme de la future politique agricole commune de 2028 à 2034, qui suscite l’ire de la profession.
Elle prévoit un socle de 300 milliards d’euros sur la période, contre 387 milliards sur la précédente de 2021 à 2027. Mais la Commission réfute l’idée d’une baisse car elle propose un changement d’architecture budgétaire avec la mise sur pied de ce vaste fonds dans lequel pourraient piocher les Etats pour compléter.
Près d’un camp de personnes déplacées à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 19 juillet 2025. ABDEL KAREEM HANA / AP
La défense civile de Gaza a déclaré que les forces israéliennes avaient tiré, dimanche 20 juillet, sur des Palestiniens qui tentaient de récupérer de l’aide humanitaire dans le petit territoire, tuant au total 93 personnes.
L’ONU et des ONG font régulièrement état d’un risque de famine dans la bande de Gaza assiégé par Israël après plus de vingt et un mois de conflit, déclenché par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
Le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’au moins 93 personnes avaient été tuées et des dizaines blessées à la suite de « tirs de l’occupation [Israël] sur des personnes attendant de l’aide au nord-ouest de la ville de Gaza », en différents points du territoire. Selon lui, 80 personnes ont notamment péri dans la zone de Zikim, au nord-ouest de la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré qu’un de ses convois de 25 camions transportant de l’aide alimentaire était entré dimanche matin dans le nord de la bande de Gaza et avait « rencontré d’immenses foules de civils affamés qui [avaie]nt essuyé des tirs ». Le PAM a jugé « totalement inacceptable » toute violence contre des civils cherchant à obtenir de l’aide humanitaire.
Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a évoqué des « tirs de sommation pour écarter une menace immédiate qui pesait sur elle », face à un regroupement de « milliers » de personnes. Elle a démenti le bilan de la défense civile.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël, qui assiège Gaza, et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et les affirmations des différentes parties.
« Des milliers de personnes désespérées étaient rassemblées pour obtenir de la farine », raconte Qassem Abou Khater, qui s’était rendu à une distribution d’aide. « Les chars [israéliens] tiraient de manière aléatoire sur nous », dit cet homme de 36 ans, qui affirme avoir vu « des dizaines de personnes » mourir devant lui. « La question était : est-ce que j’emporte un blessé pour le sauver, ou un sac de farine pour sauver ma famille ? Mon Dieu, à quoi nous en sommes réduits ! », se lamente-t-il.
La défense civile a en outre dit avoir constaté une augmentation du nombre de décès de nourrissons causés par « la faim et la malnutrition sévère », signalant au moins trois décès d’enfants au cours de la semaine dernière. « Nos enfants pleurent et crient pour avoir à manger. Ils s’endorment affamés », confie Ziad Mousleh, un père de famille de 45 ans qui explique ne plus trouver de quoi nourrir ses enfants.
Le visa d’un dirigeant d’une agence de l’ONU ne sera pas prolongé
Dans ce contexte, l’armée israélienne a annoncé étendre ses opérations à la région de Deir Al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, où elle a sommé la population d’évacuer. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a exhorté les civils à « se diriger vers le sud ». « Ils nous ont lancé des tracts, et nous ne savons pas où nous allons », a déclaré à l’AFP un homme, Adi Abou Qinnas.
« L’ordre de déplacement massif émis par l’armée israélienne a porté un nouveau coup terrible aux lignes de vie déjà fragiles qui maintiennent les gens en vie dans la bande de Gaza », a déploré dans un communiqué le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). En près de vingt-deux mois de guerre, la majorité des plus de 2 millions de Palestiniens de la bande de Gaza ont été déplacés au moins une fois.
L’annonce israélienne a inquiété des familles d’otages retenus depuis le 7 octobre 2023, qui craignent que l’offensive israélienne ne mette en danger leurs proches.
De son côté, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a annoncé avoir ordonné dimanche de ne pas prolonger le visa du directeur de l’OCHA, Jonathan Whittall. Ce dernier, qui réside à Jérusalem et se rend très fréquemment dans la bande de Gaza, a plusieurs fois dénoncé les conditions humanitaires dans le territoire palestinien assiégé. Il avait ainsi notamment estimé en avril que les habitants de Gaza y « meurent à petit feu ».
Gideon Saar a dénoncé sur X ce qu’il a qualifié de « comportement partial et hostile à l’égard d’Israël qui a déformé la réalité, présenté des rapports falsifiés, calomnié Israël, et même violé les propres règles de neutralité de l’ONU ».
Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, Israël a rendu plus difficile l’obtention de visas pour les responsables d’agences des Nations unies y travaillant, notamment ceux de l’OCHA, de l’agence des droits de l’homme OHCHR et de l’agence d’aide aux Palestiniens de Gaza, l’Unrwa.
Le pape appelle à mettre fin à la « Barbarie »
Au Vatican, le pape Léon XIV a appelé à mettre fin immédiatement à la « barbarie » de la guerre à Gaza, quelques jours après une frappe israélienne meurtrière contre une église catholique dans le territoire palestinien.
« J’en appelle à la communauté internationale pour respecter le droit humanitaire et l’obligation de protéger les civils, ainsi que l’interdiction des punitions collectives, de l’usage de la force sans distinction et du déplacement forcé des populations », a-t-il ajouté. Le pape avait appelé, vendredi, à « redynamiser les négociations » indirectes en vue d’un cessez-le-feu, qui sont dans l’impasse.
L’attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Sur les 251 personnes également enlevées ce jour-là, 49 sont toujours otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.
Israël a juré de détruire le Hamas et a lancé en représailles une offensive destructrice dans laquelle au moins 58 895 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon des données du ministère de la santé à Gaza, jugées fiables par l’ONU.
A la tête de l’entreprise la plus valorisée au monde, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, livre une réflexion inédite sur son propre parcours. S’il avait 20 ans aujourd’hui, il ne se tournerait pas vers l’informatique mais vers la physique. Un choix éclairant sa vision du futur de l’intelligence artificielle.
Cofondateur de Nvidia en 1993, Jensen Huang est devenu l’un des visages les plus emblématiques de la tech mondiale. Sous sa direction, l’entreprise américaine s’est hissée au sommet, dépassant Microsoft et Apple pour devenir en juillet, la première capitalisation mondiale en franchissant les 4.000 milliards de dollars.
L’homme d’affaires qui détient 3,5% des parts de l’entreprises est désormais la 9ème fortune du monde avec un patrimoine estimé par le Bloomberg Billionaires Index à 151 milliards de dollars.
Et pourtant, malgré ce succès, le PDG n’hésite pas à remettre en question les fondements mêmes de sa formation initiale. Invité à s’exprimer sur les choix qu’il referait étant plus jeune, Jensen Huang en visite à Pékin cette semaine a déclaré à un journaliste de CNBC:
« Le jeune Jensen de 20 ans qui viendrait d’obtenir son diplôme aurait probablement choisi… davantage les sciences physiques que les sciences logicielles. »
Une prise de recul étonnante de la part d’un ingénieur en génie électrique diplômé de l’université d’Etat de l’Oregon, puis de Stanford: deux piliers de la formation informatique aux États-Unis.
Des sciences physiques au cœur de la prochaine révolution industrielle
Pourquoi un tel revirement de pensée ? Jensen Huang voit dans les sciences physiques (quantique, chimie, astronomie ou sciences de la Terre), la clé pour comprendre et construire le futur de l’IA qu’il nomme la « prochaine vague ».
Le fondateur de l’entreprise technologique parle alors d’ »IA physique », qui ne se contentera plus de comprendre des images ou des textes, mais qui devra manipuler le monde réel.
Cela exige ainsi une compréhension profonde des lois physiques :
« La prochaine vague exige que nous comprenions des choses telles que les lois de la physique, la friction, l’inertie, la cause et l’effet », insiste-t-il.
Autrement dit, la robotique intelligente, alimentée par des systèmes d’IA avancés sera la prochaine étape pour la tech.
A travers ce témoignage personnel, Jensen Huang envoie un signal clair aux jeunes générations: l’ingénierie logicielle ne suffit plus.
Son ambition est claire: remplacer la pénurie mondiale de main d’œuvre par une nouvelle main d’œuvre numérique, faite de robots autonomes, capables de construire, manipuler et produire.
Vers la construction d’usines
« Il faut donc espérer que dans les dix prochaines années, lorsque nous construirons cette nouvelle génération d’usines, elles seront hautement robotisées et nous aideront à faire face à la grave pénurie de main d’œuvre que nous connaissons dans le monde entier », a-t-il déclaré.
Dans cette logique, Nvidia n’est plus seulement un concepteur de cartes graphiques, mais un acteur central dans la construction d’une industrie robotisée, automatisée et intelligente.
Pour comprendre cette transition, Jenseng Huang remonte au début des années 2010 quand une nouvelle architecture de réseau neuronal a été imaginée.
« L’intelligence artificielle moderne est vraiment apparue il y a 12 à 14 ans, lorsque AlexNet a vu le jour et que la vision par ordinateur a fait sa grande percée », rappelle-t-il.
Ce modèle d’apprentissage a révolutionné la vision par ordinateur et ouvert la voie à l’essor de l’IA générative.
« Nous sommes maintenant dans cette ère appelée “Reasoning AI”… où l’IA peut comprendre, générer, [et] résoudre des problèmes et reconnaître des conditions que nous n’avons jamais vues auparavant », estime-t-il. Une intelligence capable de résoudre des problèmes inédits et de raisonner dans des environnements complexes.
Une conviction forte forgée par l’expérience. C’est en 1993 que Jensen Huang cofondait Nvidia avec deux autres ingénieurs. Plus de 30 ans plus tard, le monde a beaucoup évolué et pour lui, la prochaine génération d’ingénieurs ne devra pas seulement savoir programmer, mais comprendre le monde réel pour en construire un nouveau.
Le protocole, supervisé par Donald Trump, a choisi tout exprès de les placer à cet endroit, juste sous un tableau représentant une capitulation historique : celle du général britannique John Burgoyne, en 1777, devant George Washington, le futur premier président des Etats-Unis auquel le président élu se compare parfois. Mais l’ont-ils seulement remarqué ? Pour l’heure, les grands patrons de la tech se soucient avant tout des caméras qui les filment, bien alignés, attendant le début de la cérémonie d’investiture, ce 20 janvier.
Le monde entier a vu la scène, sans en connaître les coulisses. Tous nos personnages y sont, cependant. Là, au cœur du Capitole, ce symbole de la démocratie américaine que les partisans de Trump avaient pris d’assaut le 6 janvier 2021, ou cachés dans les salons secondaires du pouvoir. Et c’est par là qu’il faut commencer pour mieux comprendre cette nouvelle nomenklatura devenue riche en moins d’un quart de siècle en pénétrant nos vies.
Avant même d’entrer sous la coupole, où le gratin des invités doit assister à la cérémonie, les premiers convives ont entendu cette cascade tonitruante qui permet souvent de repérer Jeff Bezos lorsqu’il arrive quelque part, encadré de ses assistants, maquilleur et gardes du corps.Au sein de l’empire qu’est devenue son entreprise Amazon, il est un dirigeant implacable et sec. Avec une « faible tolérance à la stupidité », disent ses cadres comme pour l’excuser.
A l’extérieur, il est tout le contraire : avenant, jovial, attentif aux autres, d’une grande souplesse politique. Une bonne nature, donc. Il y a peu,le milliardaire qui a révolutionné le commerce en ligne – et souvent le marché du travail – avec ses livraisons tous azimuts, passait encore pour un partisan convaincu des démocrates. Le Washington Post, prestigieux journal qu’il a racheté en 2013, avait d’ailleurs appelé à voter Hillary Clinton en 2016, puis pour Joe Biden en 2020. Mais les affaires sont les affaires.
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