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« Un message politique »: comment interpréter la frappe russe sur un bâtiment de l’UE à Kiev?

Au cours d’une des plus importantes attaques aériennes russes contre l’Ukraine, Moscou a touché le bâtiment de la délégation de l’Union européenne à Kiev. Un dommage collatéral ou une provocation délibérée? Des experts nous livrent leur analyse.

La capitale ukrainienne a été ciblée dans la nuit de mercredi à ce jeudi 28 août par une attaque aérienne russe parmi les plus importantes depuis le début de la guerre. Au total, 598 drones et 31 missiles ont été tirés sur le pays faisant au moins 17 morts, dont quatre enfants. Des immeubles d’habitations ont été éventrés en plein coeur de Kiev et les locaux de la délégation de l’Union européenne ont été touchés.

De quoi déclencher une pluie de réactions de la part des dirigeants européens. Ils dénoncent selon les mots d’Emmanuel Macron la « terreur » et « barbarie » de la Russie qui tuent des civils mais également la symbolique d’une telle attaque sur un bâtiment diplomatique.

« L’UE ne se laissera pas intimider. L’agression russe ne fait que renforcer notre détermination à soutenir l’Ukraine et son peuple », a réagi le président du Conseil européen, Antonio Costa se disant « horrifié par une nouvelle nuit d’attaques meurtrières de missiles russes sur l’Ukraine ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, s’est quant à elle dit « indignée » par l’attaque « qui a tué des hommes, des femmes et des enfants » et qui « porte atteinte à (la) mission diplomatique européenne ».

« Aucune mission diplomatique ne devrait être prise pour cible », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas. Quand le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que la représentation de l’UE « prise pour cible témoigne du fait que le régime russe a de moins en moins de scrupules ». La Russie a « de nouveau montré son vrai visage », a-t-il déploré.

« Un message politique »

L’armée russe présente ces frappes contre les bâtiments civils et les locaux de la délégation de l’UE comme des dommages collatéraux. Elle affirme avoir seulement ciblé les « entreprises du complexe militaro-industriel ».

Pour l’ancien ambassadeur de France en Russie, Claude Blanchemaison, contacté par BFMTV.com, cette affirmation est « probablement fausse ». « De toute façon, en matraquant les villes ukrainiennes de drones et de missiles, en bombardant des quartiers entiers, la Russie sait qu’elle risque de frapper des bâtiments de représentations diplomatiques », abonde-t-il.

Le British council, qui promeut une meilleure connaissance du Royaume-Uni et de la langue anglaise et qui est situé à proximité des bureaux de la délégation de l’UE, a également été touché. « Cela laisse à penser que ce n’est pas complétement au hasard », avance Ulrich Bounat, analyste géopolitique et chercheur associé au think thank Euro Créativ.

Ces frappes surviennent alors que les démarches diplomatiques en quête d’une paix se sont accélérées, sans succès, ces dernières semaines sous la houlette de Donald Trump. Les dirigeants européens se sont aussi particulièrement mobilisés. Quelques jours après le sommet historique entre le président américain et Vladimir Poutine en Alaska, une dizaine d’entre eux, dont Emmanuel Macron, se sont tenus aux côtés de Volodymyr Zelensky à Washington.

Une rencontre entre Poutine et Zelensky peut-elle aboutir à un accord de paix?

D’intenses tractations sont également en cours parmi les alliés de Kiev pour déterminer quel type de garanties de sécurité lui offrir afin de prévenir toute nouvelle attaque russe en cas d’accord de paix.

Enfin, le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont effectué une démonstration de force symbolique ce mercredi 27 août en Moldavie. Ils ont apporté leur soutien à Chișinău en vue de son adhésion à l’Union européenne face aux « mensonges » et aux « ingérences » de Moscou, à la veille d’une campagne électorale cruciale.

Pour le spécialiste Ulrich Bounat, Moscou a ainsi probablement voulu « envoyer un message politique », montrer que « l’Europe ne compte pas ». « Le fait que les Européens essayent de peser sur les discussions, et qu’ils veuillent accorder des garanties de sécurité à l’Ukraine, pour la Russie, c’est non », analyse-t-il. « La Russie a de toute façon fait son deuil de sa relation actuelle avec l’Union européenne ».

« On connaît le sentiment d’hostilité du Kremlin pour l’UE », renchérit Claude Blanchemaison, ambassadeur à Moscou de 2000 à 2003.

« Quoique la Russie fasse, il n’y aura pas de conséquences »

Plus largement, ces frappes montrent l’inflexibilité du Kremlin. Depuis que les négociations se sont accelérées, l’armée russe a intensifié ses bombardements. La Russie « choisit de continuer à tuer et non de mettre fin à la guerre » et « n’a toujours pas peur de conséquences » de ses actes, a lancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, parlant de « massacre de civils horrible et délibéré ».

Après un appel avec Donald Trump, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen a exhorté Vladimir Poutine à « venir à la table des négociations ».

Si le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a assuré ce jeudi que la Russie restait « intéressée » par ces négociations de paix, il a indiqué que l’armée continuerait de frapper l’Ukraine.

« Ces frappes sur Kiev mettent Donald Trump face à son échec. Elles sont le reflet que quoique la Russie fasse, il n’y aura pas de conséquences », juge Ulrich Bounat. Tout en condamnant les « terribles » frappes russes sur Kiev, l’émissaire spécial de Donald Trump pour l’Ukraine, Keith Kellogg, a relevé qu’elles « menacent la paix que le président des États-Unis cherche à obtenir ».

Après la frappe sur le bâtiment diplomatique, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont respectivement convoqué les ambassadeurs russes à Bruxelles et à Londres. « Ils ont la volonté de montrer que ce n’est pas acceptable, mais ça va être compliqué d’aller au-delà », nous explique l’analyste géopolitique. « Un 19e paquet de sanctions – déjà dans les cartons – pourrait être adopté, mais cela aura un impact seulement s’ils arrivent à arrimer les Américains, et avec Donald Trump, ça va être compliqué ».

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